mercredi, novembre 17, 2010

Le projet d'agglo primé

surchat vial.jpegprojet d'agglo.jpgA quoi servent les concours de beauté? A se faire connaître, à remplir les gazettes de photos et désormais les sites internet du ramdam et pour la miss élue à pavaner quelque temps en faisant un maximum de thunes.

Nicole Surchat-Vial ne tirera sans doute pas grand chose du 8e grand prix européen de l'urbanisme lui ont décerné mardi un jury bruxellois d'architectes et d'urbanistes, sinon une reconnaissance méritée pour la direction du projet qu'elle conduit depuis plus de cinq ans avec une certaine rigueur. Elle a bénéficié de l'appui total de Robert Cramer qui a donné l'élan politique nécessaire et indispensable à l'avancement du projet.

Savoir si le produit vaut réellement les louages du jury revient à se demander si un pinot noir primé au grand concours du pinot par un jury d'oenologues européens est vraiment exceptionnel. Ce n'est pas toujours le cas. Car ce que prime les experts c'est la qualité technique, la qualité formelle d'un produit, pas sa pertinence politique s'agissant du projet d'agglomération, pas sa qualité sensorielle et émotionnelle s'agissant d'un pinot.


Car le projet d'agglo a un gros défaut que les étudiants du professeur Gugger de l'institut d'urbanisme LAPA de l'EPFL a démontré en creux ce printemps en présentant son concept d'une Genève compact qui verrait la construction des logements nécessaires à l'hébergement des quelque 100'000 nouveaux habitants et 50'000 nouveaux emplois attendus d'ici 2030 dans un périmètre de 4 kilomètres autour du centre de Genève, tout simplement en bâtissant la ville en villa, dans les zones de développement 3 désignée pour cela depuis plus de 75 ans par les urbanistes genevois des années 30.

Le projet d'agglo au contraire nous offre l'image d'une amibe qui étant ses bras le long des axes traditionnels de communication, qui crée des banlieues sans places publiques, sans âmes, tel Cressy, à perte de vue, connectée par des trams, selon un schéma concentrique, sans relation aucune ou presque entre les branches. Un shéma ancien qui consiste à créer ce vieux fantasme de la ville à la campagne, le quartier des Cherpines en étant le dernier avatar.

Le projet d'agglo n'innove pas non plus dans la relations transfrontalières. Les Milleret, Haegi, Grobet, Joye et quelques autres avaient déjà "pensé" le Grand Genève multipolaire et transfrontalier bien avant les primés du jour.

On a primé hier des plans sur papier glacé pour reprendre l'expression d'Antoine Vielliard sur son blog Porte-voix. Les questions financières qui surgissent enfin - les questions fonciaires et de raccordement aux réseaux de communication qui retardent l'urbanisation des communaux d'Ambilly ou celle du PAV - montrent à l'évidence qu'un plan ne fait pas la ville, malgré la meilleure volonté du monde.

A lire sur le sujet l'article du Temps "Genève veut construire"

Commentaires

Raté. Parce que planifiant une pieuvre banlieusarde sans âme.

Raté puisque simple engagement politique n'engageant ni la Suisse ni Genève mais seulement des politiciens. Ce qui pour un projet devant s'étendre sur plus de 20 ans est une tare rédhibitoire.

Raté, vu de Suisse, parce qu'ignorant les exigences démocratiques. Quintessence du Machin technocratique qui méprise la démocratie et qui finira par se casser les dents.

Raté du point de vue financier parce que trop cher pour le Genevois français, tondu par Paris.

Écrit par : CEDH | mercredi, novembre 17, 2010

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