lundi, avril 19, 2010

«Genève peut construire 50 000 logements sans envahir la campagne»

Jeannerat Gugger Naef Chessex Abensur avril 10.pngGenève n’a pas besoin de s’étaler dans la campagne. Elle peut très bien offrir les logements dont les Genevois ont besoin en grandissant autrement. C’est la thèse décapante qu’une équipe d’architectes de l’EPFL défend. Sa démonstration est à voir jusqu’à mardi dans le parc des Bastions, sous la forme d’une maquette animée.

Que font ces architectes du Poly de Lausanne? Ils ont été mandatés par la Chambre de commerce et d’industrie. Celle-ci s’inquiète de la dégradation des conditions-cadres. La pénurie de logements qui chasse les habitants du centre, le trafic pendulaire qui en découle, la ville qui s’étale. «Genève surfe sur une vague qui se meurt, constate son président, François Naef. Ces problèmes sont aggravés par un manque de vision.»


Cette vision, ce sont les architectes de l’EPFL et son Laboratoire de la production architecturale (Lapa) qui l’ont définie. Avec un principe de base: arrêter l’étalement urbain. Alors que les projets cantonaux prévoient de construire les futurs logements en dehors de la ville, les architectes proposent de les contenir dans la ville. Non pas en surbourrant les quartiers existants, mais en créant de vrais quartiers urbains dans la première couronne. Cette couronne qui est aujourd’hui occupée par de petites barres de trois étages ou des villas.

«Les gens vivent bien dans un quartier dense comme les Eaux-Vives. Il faut recréer de tels quartiers aux abords de la ville, assure Simon Chessex, du Lapa. Le potentiel physique existe.» A Cointrin, à la Praille, à Lancy, derrière Malagnou et avant les Trois-Chêne. Dans un rayon de quatre kilomètres autour de Genève, les architectes estiment que l’on pourrait construire les 50 000 logements en vingt ans dont Genève a besoin pour répondre à sa démographie. Sans oublier d’y créer de grands parcs.

Il s’agit ainsi de construire une ville compacte, en adéquation avec les principes du développement durable, avec de vrais quartiers urbains, mixtes. Tout l’inverse de ces zones à faible densité qui couvrent la périphérie. La vision se veut complémentaire avec le projet d’agglomération, même s’il en prend le contre-pied. «Aujourd’hui, on construit en périphérie car on n’ose pas s’attaquer à la couronne urbaine, commente François Naef, mais en mettant 20 000 habitants à Bernex, on en fait un deuxième Nyon.» Les architectes ne proposent pas de méthode pour urbaniser ces espaces, mais la Chambre de commerce veut avant tout ouvrir le débat.

Christian Bernet

➜ Exposition dans le Kiosque des Bastions, jusqu’à mercredi 21 avril, de 9 à 22 h. Mardi 20, débat sur ce thème au Palais de l’Athénée, à 18 h 30.

Cet article a paru dans la Tribune de Genève du 16 avril. Lire aussi l'éditoria: Un remède à notre esprit de province

Cliquez sur la photo pour l'agrandir de gauche à droite jacques Jeannerat, directeur de la Chambre de commerce, Harri Gugger, professeur à l'EPFL, François Naef, président de la CCIG, et Simon Chessex, assistant du professeur Gugger. (photo Abensur)

 

Commentaires

500.000, 600.000, 700.000, 800.000, 900.000, 1 million... où va-t-on s'arrêter?

Le lobby de la construction n'en aura jamais assez. Bruit, nuisances, pollutions, à votre santé!

Vivement, oui, vivement la fin du pétrole!

Que cette mégalomanie s'arrête.

Écrit par : Johann | lundi, avril 19, 2010

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