mercredi, avril 14, 2010

Pour un flirt avec toi... Veyrier et Etrembières ne font pas n'importe quoi

Veyrier Pas-de-L'Echelle.pngLes communes de Veyrier et d'Etrembières s'embarquent-elles pour une longue histoire d'amour? Leurs autorités ont convié la presse hier matin. Pas tout à fait au septième ciel, mais à la station supérieure du téléphérique toute emmitouflée de brumes hamiltoniennes. "Pour un flirt avec toi, je ferais n'importe quoi"... Les deux communes suisse et française se contentent, elles, de lancer "Veyrier-Etrembières sans frontières". Du 30 avril au 16 mai, les deux municipalités invitent leur population à une fête verte et jaune de l'amitié transfrontalière.

Les deux Mairies disent vouloir faire œuvre de paix, histoire de contrecarrer les propos inamicaux qu'entretiennent certains partis politiques mais aussi, si entente, approfondir durablement leur collaboration et servir d'exemple aux autres communes entre Salève et Jura. Elle partage déjà un travailleur social hors les murs et certains de leurs équipements municipaux accueillent les habitants indifféremment.

Un mariage n'est certes pas encore en vue. Tout dépendra cependant de l'accueil que les populations réserveront au chapelet de manifestations, débats, concerts et expositions, qu'un comité d'organisation peaufine depuis deux ans. "Certains parlent de construire l'Europe, nous la faisons à notre mesure", dit le radical veyrite Daniel Mermod, qui eut le premier l'idée de cette quinzaine.


Pas de grands événements à l'agenda. Pas de sons et lumières dans les carrières du Salève, qui ouvriront néanmoins leurs portes les 4 et 6 mai pour dire tout le soin que les exploitants qui ont un pied de chaque côté de la frontière mettent à préserver l'environnement. Pas d'embouteillage commémoratif non plus de l'eau cristalline qui sourd de la fontaine de César, une curiosité géologique propriété de la commune de Veyrier sur le territoire de la commune d'Etrembières.  Mais un cœur gros comme ça, qui veut rappeler aux bientôt dix mille habitants de Veyrier et aux deux mille âmes d'Etrembières qu'une histoire commune a lié jadis ces deux villages séparés par la frontière.

Veyrier et Le-Pas-de-l'Echelle, un hameau de la commune d'Etrembières, furent une seule et même commune jusqu'en 1816, date du Traité de Turin qui réunit des communes catholiques du Royaume de Piémont-Sardaigne pour former le canton de Genève actuel. Une seule et même paroisse aussi, jusque dans les années 60, date à laquelle les catholiques du pied du Salève construisirent une chapelle sur la route national 206. La chapelle désaffectée depuis peu est en vente et pourrait être rachetée par Etrembières. Elle accueillera encore un culte œcuménique transfrontalier le 2 mai à 10h30.

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La route nationale est devenu route départementale mais son trafic n'a pas diminué. L'autoroute du pied du Salève sert de bretelle d'évitement de l'agglomération genevoise. Veyrier est statistiquement bientôt une ville, mais reste sociologiquement une banlieue résidentielle. Etrembières demeure un boyau coincé le long de la frontière et de l'Arve, à l'ombre du Salève, où se faufilent la route, l'autoroute et le chemin-de-fer. Le maire Giacomini a néanmoins des ambitions. Il espère que la future gare du CEVA - aujourd'hui quai de chargement des déchets de la région française qui sont incinérés à Bellegarde - sera un jour - "dans 30 ans?" - le cœur de la future cité d'Etrembières-Bossey-Veyrier.

Certains des ingénieurs, mandatés par Robert Cramer sur le périmètre d'aménagement concerté d'agglomération Carouge Etrembières, défendent ce modèle d'urbanisme. Aujourd'hui Mark Muller veut en priorité bâtir une cité satellite à Vessy, contre l'avis de la majorité actuelle du Conseil municipal de Veyrier.

Mais rien de tout cela n'a été évoqué lors de la conférence de presse du Salève. L'épais dossier de presse déroule des manifestations modestes, à dimension locale. "Nous avons voulu rester à taille humaine. Et nous ne dépenserons sûrement pas les 50'000 francs suisses que nous avons chacun mis de côté pour l'occasion", soulignent de concert les municipaux Mermod et Giacomini.

Un livret de fête sans publicité mais sponsorisé par la Migros sera tout prochainement diffusé à tous les ménages des deux communes. On retrouvera aussi le programme complet sur leur site internet www.veyrier.ch et www.etrembieres74.com. A noter que lorsque l'on tape "Veyrier-Etrembières sans frontières" dans Google, on tombe sur le blog Skyrock de la commune d'Etrembières. Une branchitude de bon aloi qu'il va falloir sérieusement actionner. Sur Facebook, on ne trouve ni Veyrier, ni Etrembières, mais Annemasse a déjà 614 fans.

En redescendant vers Genève, j'ai pris en stop un jeune près de la chapelle abandonnée. "Une fête transfrontalière du 30 avril au 16 mai? Non je n'en ai pas entendu parler", me dit-il, alors que nous passons sous la banderole l'annonçant à la douane de Veyrier. "Je vais voir des copains à Rive, j'ai raté le 8."

"La vogue de Veyrier?" -  Non, je n'y suis jamais allé. J'étudie au lycée des Glières à Annemasse. Je suis plutôt urbain, je ne fréquente pas trop les jeunes de la vogue.

A propos du bus 8, il ne circulera pas en France à l'occasion de la fête "Veyrier-Etrembières sans frontières". Voilà des lustres pourtant que les co-maires des lieux demandent le franchissement de la limite politique. Conclusion provisoire: même Unireso ne se défait pas si facilement des frontières en ce XXIe siècle mondialisé. Seuls les bus privatisés à plaque 74 traversent cette muraille qu'aucun Fazy local ne paraît aujourd'hui en mesure d'abattre.

JFM

Ce Wikipedia dit d'Etrembières et de Veyrier, du Salève et du petit train du Salève (là aussi). Rien en revanche sur le téléphérique, mais beaucoup sur le CEVA.

Commentaires

Fais gaffe Luc y vont te foutre un maire frontalier!

Écrit par : dominiquedegoumois | mercredi, avril 14, 2010

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