samedi, novembre 28, 2009

Transformer l'autoroute blanche en boulevard urbain?

coeur Genève schéma.jpgTransformer l'autoroute blanche en boulevard urbain, du carrefour d'Etrembières à la douane de Vallard, c'est sans doute la proposition la plus originale de deux des trois bureaux d'études mandatés pour établir le schéma directeur du périmètre d'aménagement coordonné d'agglomération Genève Annemasse. Ils ont rendu leur rapport ce matin au Centre Martin Luther King d'Annemasse devant une cinquantaine de personnes représentant davantage des élus que la société civile. Les Suisses ne devaient pas être plus d'une douzaine.

Le périmètre d'aménagement coordonné d'agglomération Genève Annemasse s'inscrit bien évidemment dans les principes du projet d'agglo franco-valdo-genevois du 5 décembre 2007, lequel renvoie l'idée d'une traversée du lac au-delà de 2030.

On lira ci-dessous, les notes, "brutes de coffrage", de la présentation des trois bureaux.


En l’absence de Christian Dupessey, un maire adjoint d’Annemasse accueille une cinquantaine de courageux de la société civile convié à réfléchir en ce samedi ensoleillé de novembre sur le Grand Genève 2030 et en particulier sur l’axe Genève Annemasse Bonne.

A deux pas du Centre Martin Luther King, la gare est en friche, mais est promise à devenir le nouveau centre moderne d’Annemasse. Un e tour en sera le phare que les habitants de Thônex, de Puplinge d’Annemasse, d’Ambilly et de Gaillard pourront voir de loin.

Dans ce périmètre dit de l’étoile, le siège d’Annemasse agglo sort de terre. De l’autre côté de la ligne unique Eaux-vives Annemasse et Annemasse région, la ville vient d’acquérir le dépôt des Eaux d’Evian. Le vaste hangar de fer a déjà perdu son toit. Le site servira à garer les engins de chantier du CEVA et servira de stockage intermédiaire des matériaux.

La directrice générale du projet d’agglomération franco-valdo genevois, Nicole Surchat-Vial, remercie les fidèles de leur participation à cette seconde messe de la démocratie participative. Mais ne révèle rien du résultat des discussions du collège des maires qui s’est réuni jeudi.

Nous en sommes en effet à la deuxième table ronde après celle de juillet. Des suggestions et critiques émises alors et qui font l’objet d’un rapport qu’on peut lire ici, les trois bureaux d’architectes, urbanistes, paysagistes, ingénieurs de la mobilité ont fait leur beurre et modifier le schéma directeur qu’il propose pour cette con-urbanisation lâche et hétéroclite qui court depuis les Eaux-Vives à Annemasse et s’étend ensuite en zone pavillonnaire, villages et gros bourgs jusqu’au pied des Voirons, dans la vallée de l’Arve et le long des rives du lac.

Expériences faites sur les autres PACA, des réponses resteront ouvertes au terme de cette journée. Elles seront reprises à une échelle plus grande explique la chef du projet d’agglo. Agglo 2 va en efvfet simplifier l’approche. Les neufs périmètres d’aménagement coordonné d’agglomération seront regroupés en trois tranches de camembert. Une étape nécessaire pour conserver l’harmonisation des approches et réclamer de nouveaux crédits de réalisation à Berne. Tous ces PACA et le projet d’agglo lui-même a pour origine la loi fédéral de financement du trafic d’agglomération. Six milliards de francs promis sur huit ans dont Genève a déjà reçu deux grosses tranches, une de 550 millions découpée en urgence pour financer le CEVA, lequel est gourmand et réclame une part supplémentaire, et l’autre pour les trams d’Onex et de Meyrin en construction.

Combien Genève peut encore prétendre obtenir de l’enveloppe des six milliards ? C’est la question à cent sous que personne n’a posée ce samedi à Annemasse.

Le PACA Genève Annemasse Bonne sera donc mis en commun avec le PACA Carouge Veyrier Etrembières. Il y aura une nouvelle table ronde en automne 2010. On obtiendra alors un plan de synthèse pour aller vers agglo 2. NSV n’évoque pas non plus l’ancrage politique et législatif des schémas à l’étude dans le plan directeur cantonal, qui sera le défi majeur de la législature et du ministre qui succédera dès le 7 décembre au soir à Robert Cramer.

Qu’on donc présenté les trois bureaux d’études mandatés pour plancher sur la ville sans frontière Trois-Chêne-Annemasse ? Vous avez chacun 40 minutes annoncent le meneur de jeu. Bruissement dans la salle. Chacun regarde sa montre. Il est 10h… Les rideaux de la salle Martin Luther King tombe en grinçant aveuglant le soleil qui monte sur la plaine de l’Arve.

Sur l’écran, un urbaniste du bureau Rolinet (Paris, Genève, Zurich) glose sur la lisière de la zone d’études, un jardin qu’il faut conserver. Renforçons cette structure végétale, dressons un mur vert pour contenir la ville. Ces limites, c’est le Foron au nord et l’Arve au sud qui sont les murailles naturelles du PACA Genève Annemasse. L’expert parle de fluidité, de cordon boisé, de maillage et de tissage du paysage. Les images se succèdent. Jamais on ne voit les hommes dans ses vues aériennes. Un peu comme le film Home d’Arthus-Bertrand. Le scientifique éclairé discourt sur le milieu de vie sans y vivre, un peu comme ces architectes qui bâtissent des maisons dans lesquels ils n’habiteront jamais.

A l’est, se dresse la barrière sombre des Voirons. Elle ferme le périmètre. Le maillage de la région est caractérisé par de petites centralités. Voilà qui ne va pas plaire à Isabel Rochat, me dis-je. La Ville de Thônex, dont elle fut maire et dont les autorités sont absentes ce matin, comme celles de Chêne-Bourg et de Chêne-Bougeries, est en effet le milieu du monde de l’agglo franco-valdo-genevoise. Prenez un compas, piquez-le sur Thônex et tracé un cercle de 25 kilomètres et vous circonscrivez le Grand Genève dans sa réalité politique spontanée actuelle.

Pour relier ces petites villes, le bureau propose une boucle de bus qui relierait Annemasse Le Perrier et Chêne-Bourg. Le cercle pénètre en Suisse jusqu’au communaux d’Ambilly, mais MICA n’est pas figuré sur la carte. Les grands stationnements seraient installés sur ce ring. S’agissant des P+R ils seront construits sur le carrefour d’Etrembières et près de St-Cergues. A terme le P+R de Sous-Moulin devrait disparaître.

Sur le plan plus urbanistique, explique un troisième technocrate du même bureau Rolinet, la région se bâtira autour des gares du CEVA. Je saisis au vol ses propos : Bâtir la ville sur la ville en fabriquant des proximités logements-emplois dans un réseau de la mobilité publique. L’idée est bien sûr de limiter les déplacements. Des tâches s’affichent le long des axes de transports sur la carte projetée dans la pénombre de la salle où les élus suisses brillent par leur absence, à l’exception d’Anne Mahrer, présidente du Parti des Verts ( venue en éclaireuse pour Michèle Künzler qui se rêve en ministre du Territoire ?). Des banlieues linéaires : 5000 habitants sur Suisse, 6'000 sur France autant d’emplois de part et d’autre de la frontière sur ce périmètre.

Quelques images montrent le futur en 3 D stylisés. Des tours s’élèvent d’un clic de souris le long de la gare d’Annemasse. Plus au sud, dans l’espace connu sur le nom Le Brouaz, qui, sur la rive droite de l’Arve, fait face à l’échangeur du carrefour d’Etrambières, un petit parc apparaît, une gare RER mais pas de raccourci ferroviaire (shunt) qui permettrait d’accélérer la liaison Annecy les Eaux-Vives. Encore 5000 à 6000 habitants et emplois dans un cercle de 500 mètres autour d’une possible halte ferroviaire.

Sur Gaillard, un boulevard urbain serait créé en lieu et place de la l’autoroute blanche.

Sur Chêne-Bourg, l’image est moins structurée. Mais l’idée est de densifier et d’élever les immeubles. Les tours de Carouge à Chêne-Bourg pourquoi pas, mais pourquoi ne pas les ériger près de la gare CEVA.

Question : Thomas Thullier de l’Association Bourgeons regrette de ne pas voir la voie verte entre Eaux-Vives et Annemasse. Vous semblez avoir oublié l’hôpital de Bonne. Qu’en est-il du fret ferroviaire ? Si vous le supprimer c’est 300 400 camions qui traverseront l’agglomération annemassienne tous les jours. Pourquoi pas de P+R en gare d’Annemasse. Sur Le Brouaz ne faut-il pas faire le shunt d’Ambilly et moderniser la ligne Annemasse La Roche sur Foron.

Réponse : le fret est prévu. La voie verte existe et se prolonge sur l’axe de Bonne. Le pendulaire ne sera pas accueillis à la gare. La liaison vers Bonne on n’aura pas une fréquence inférieure au quart d’heure. Il faudra peut-être privilégier les transports publics

Question : Michel Bouchet adjoint à l’urbanisme d’Annemasse prend la télécommande et commente le schéma du quartier Le Brouaz. La clinique a démarré, le conseil municipal étudie le PLU. Il retient la halte du RER mais l’implantation des immeubles tombent exactement sur une pisciculture que la mairie d’Annemasse souhaite conserver tout comme les serres municipales afin de créer un espace accessible au public en liaison avec l’Arve.

Réponse. On ne peut pas justifier une halte RER sans densifier l’habitat et l’emploi à proximité.

Question : René conseil local du développement. D’ici 2030 vous envisagez 5000 emplois essentiellement du tertiaire et du commerce. En fait, il n’y a aucune industrie. N erisque-t-on pas de créer un superdortoir ?

Question : nous devons construire une ville mixte capable d’accueillir dans le temps des emplois et des logements en fonction de la demande.

Question : Bernard Sagevalier vice –président du syndical mixte de l’hôpital Annemasse Bonneville. Le Conseil général imagine un bus direct de la frontière à l’hôpital. Vous présentez le boulevard urbain sans y intégrer une piste cyclable.

Réponse la liaison avec l’hôpital ne peut pas être structurant compte tenu de sa fréquence.

Question : Jean-Michel Joulot, conseiller municipal. Le boulevard urbain doit pour nous être une avenue beaucoup moins élargi que ce que vous avez présenté.

Il est 10h40, le bureau Talagrand enchaîne sa présentation. On repart pour un tour, avec le même langage les mêmes défis.

Comment s’appuyer sur la géographie sur les quartiers existants assez déstructurés côté français et leur redonner une nouvelle vigueur, une identité une polarité propre et simultanément les mettre en réseau ? Quel contrat nouveau entre la ville et le monde agricole. Comment sécuriser les espaces agricoles, limiter la ville et assurer des porosités entre les deux mondes. Les manifestants agricoles qui défilent à cette même heure de l’autre côté du lac devant l’OMC savent-ils que leur avenir est réfléchi à Annemasse.

Un BHNS et un nouveau tram sur l’autoroute blanche, transformée en boulevard urbain, viendrait cueillir les pendulaires à Sous-Moulin et au fin fond de la zone industriel d’Annemasse et sur la route de Tanninges. C’est l’occasion pour densifier le bâti le long de ces artères irriguées par ces transports en commun. Autour des pôles majeurs une pacification pour favoriser la vie en ville, en d’autres termes la limitation du trafic automobile.

Remailler les quartiers. Maille l’envers les routes requalifiées en boulevards et en rues, maille à l’endroit cordon boisé le long d’une rivière ou serpenterait une piste cyclable.

Pourquoi ne pas créer une centralité dont les contours seraient la gare d’Annemasse et celle dles Eaux Vives Mica et Le Brouaz. Que veut-on faire pour créer au foyer de cette couronne une centralité fonctionnelle et sociale ? Une ville transfrontalière  centrée sur Moillesullaz ? Pour l’heure on pense à les connecter par un bus circulaire

Le Brouaz ne devrait pas être densifié. Sa vocation est de rester un espace vert le plus grand possible. Il y en a peu dans la région. En contrepoint l’image montre les deux parcs du bord du lac plus grands.

Je sors de la salle. Dans le couloir, une discussion passionnée s’engage entre deux élus de Gaillard et un le premier bureau.

« La densification de notre ville c’est non, tranche le maire adjoint chargé de l’urbanisme. Notre population est la plus cosmopolite de France, elle change sans arrêt, nous avons été élus pour stabiliser cette situation nous déclarerons la guerre si nécessaire. »

Un architecte bâlois tente d’expliquer qu’à Bâle la densification a permis d’augmenter le nombre des populations plus aisées dans des quartiers populaires. Face à un promoteur qui propose de construire un immeuble de studios qui rapporte plus, je ne peux rien faire, explique le maire adjoint pour l’obliger à proposer des appartements pour des familles qui ne seraient plus nomades.

Sans doute le projet FVG qui a mobilisé des architectes, des urbanistes, des ingénieurs de la circulation et des paysagistes a oublié d’associer des city managers qui savent ce qu’est la démocratie représentative ou semi direct et peuvent aussi prendre en considération la législation actuelle et sa nécessaire adaptation dans le domaine des droits et des devoirs des propriétaires et des promoteurs. Ce sont eux en définitive les acteurs clés du développement urbain. Aucun n’était présent ce matin à Annemasse.

 

11h39, le dernier bureau KCAP de Zurich et Rotterdam lance sa présentation. A quoi ressemblera la ville EauxVivesAnnemasseBonne  en 2030?

Du cœur de ville au nœud périphérique. Annemasse n’est pas la fin du développement régional. Il n’y a pas un grand centre dans ce territoire. Un territoire très contrasté, un territoire en mutation. Mais un squelette de mobilité déjà très solide. Il faut s’appuyer sur cette structure pour développer la ville future. La carence principale c’est la mobilité publique, Seul

Trois principes

1) Il faut s’appuyer sur les grands paysages, la vallée de l’Arve, le grand territoire agricole au nord et les Voirons à l’est voué à des fins touristiques, mais comment y aller sans prendre la voiture, marcher un quart d’heure de la voie verte jusqu’aux champs. Aller

2) Il faut fortement consolider le transport public mais il est contrait par des voiries de faible gabarit

3) Il y a une multiplicité de projets urbains qu’il faut donc synchroniser

Autour de l’axe central du CEVA il faut donc créer de nouvelles connexion au sud boulevardiser l’autoroute blanche et au nord pour connecter MICA au CEVA. Le bureau s’attarde sur le maillage vert.

D’Altea au nord au Perrier un BHNS va être mis en service il permet d’élargir la zone de chalandisation come le montre des cartes où figure une frontière orange et rouge, celle du temps de déplacement de 25 minutes porte à porte par rapport à un point central.

Le bureau propose un péri-centrique et un périphérique avec un nouveau pont sur l’Arve à l’est permettant de connecter la gare à l’autoroute blanche. Cependant il ne prévoit pas de P+R à la gare d’Annemasse, mais tel ouvrage pourrait être créé au Perrier au terminus du futur tram 12

A propos de l’autoroute blanche il n’y a pas lieu de la transformer en boulevard urbain

IL faut étendre Puplinge sans venir s’agglomérer à Thônex ou à Ville-la-Grand et favoriser l’acccès vert à la gare RER d’Annemasse.

L’enjeu de MICA ce n’est pas seulement la densité mais c’est d’éviter d’y créer une poche urbaine supplémentaire. Un BHNS permettrait une meilleure desserte vers la gare de Chêne-Bourg et vers la gare et le nord d’Annemasse

Il propose d’étendre les quais du CEVA avec une gare secondaire qui améliorerait la connexion entre le tram du Perrier (en quatre ou cinq arrêts et deux cents mètres à pied) et le CEVA qui n’existe pas actuellement.

A propos du bois de Rosses à l’est de la route de Thonon près du carrefour de St Cergue et au nord de l’aéroport qu’aucun bureau de propose de supprimer. Le projet consiste simplement à humaniser le bois et à favoriser son accès pour des loisirs verts autour d’un réseau de chemins doux de clairière, de zones humides en multipliant les portes au sud au nord et à l’est. On ne voit pas en quoi cette étude ponctuelle est structurante pour le PACA Genève Annemasse Bonne.

38700 nouveaux habitants à l’horizon 2030, dont 20'000 d’ici 2020. La potentialité d’emplois est de 12'000 emplois d’ici 2030.

Question : Christine Bürqui annemasse agglo et Lucinges votre projet d’arrêt connecté au tram remet-il en cause le projet Etoile ?

Réponse : notre proposition est une alternative qui n’a pas été calquée sur le projet actuel lequel a manifestement oublié cet avantage majeur qu’est le transfert modal RER tram.

Il est bientôt 13h. Les résistants de la matinée se dégourdissent les jambes, s’approchent du buffet. Le soleil brille. Ils sont invités cet après-midi sous la verrière de la salle Martin Luther King à émettre leurs vœux sur la base de questionnaires préparés.

C’est un peu utopique résume Jean-François Rochat qui suit assidûment les travaux du projet d’agglo pour la CEST. Elu à la constituante dans les rangs de l’AVIVO, il ne sait pas trop par quel chemin il faut passer pour passer des vœux à la mise en œuvre. Je crains que les contraintes extérieures, économiques ou climatiques n’imposent leurs choix à ceux issus des réflexions des experts et de la démocratie participative.

 

Commentaires

Nous étions 3 conseillers municipaux de Chêne-Bougeries. Les autorités cantonales et communales de Genève ont en effet brillées par leur absence.
Pourquoi ?
Ce que j'ai retenu comme positif de cette journée:
- les français affichent tout de même une volonté ferme de tout faire pour que les transports publics soient privilégiés.
- la proposition de la commune DE Gaillard: créer un P+R au au-dessus de l'autoroute blanche en reliant les trois ponts par une dalle pour pouvoir construire, puis un ascenseur vers la ligne du bus 27.

Il aurait été souhaitable de recevoir les exposés un avance, pour pouvoir les étudier à la maison.
Certaines propositions me paraissaient farfelues.... à étudier encore.


Pour le reste, attendons le vote de demain... sur le CEVA.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | samedi, novembre 28, 2009

C'est difficile, mais interessant.

Écrit par : Charisse | prepaid calling card | mardi, mars 16, 2010

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