lundi, novembre 23, 2009

Pas de taxe poubelle, pas de péage urbain à Genève d'ici 2013

vidéo chappaz.jpgNon ce n'est pas une conférence de partis de droite à laquelle la presse a été conviée ce matin aux Halles de l'ìle. "Pas de taxe poubelle, pas de péage urbain à Genève d'ici 2013, c'est le contenu en creux de l'Appel au nouveau gouvernement genevois de quatre associations de défense de l'environnement et du patrimoine suisse actives à Genève.

Dans le texte de 23 pages qu'ont adressé ce matin aux sept élus genevois Marcellin Barthassat, président de Patrimoine suisse Genève, Françoise Chappaz, secrétaire du WWF, Olivier Norer, président de l'ATE et Ruth Bänziger de Pro Natura, on trouve beaucoup de principes mais peu d'objectifs cadrés dans le temps et peu de moyens pour les atteindre. C'est a expliqué Marcellin Barthassat que nous voulons travailler en bonne intelligence avec le gouvernement et que nous comptons sur les Genevois pour mettre en oeuvre une société dont l'empreinte écologique dimine.

L'Appel est téléchargeable ici.


Les quatre associations restent pragmatiques. Pas question de réclamer la société à 2000 watts à Genève d'ici 2013. Cette prudence est sans doute le début d'un changement d'approche plus réaliste qui intervient - ce n'est sans doute pas un hasard - alors que les Verts sont devenus la première composante de l'opposition au Grand Conseil à égalité de député avec le MCG. Les Verts jouent leur crédibilité dans la mise en oeuvre de leurs slogans.

Cette modestie place la bande des quatres (WWF, Pro Natura, Patrimoine suisse et ATE) dans le camp de la collaboration politique, alors que les ultras de la nature, les partisans de la sobriété ou les adeptes de la décroissance que l'on trouve chez Noé 21 ou ROC réclament une véritable révolution énergétique.

Exemple 1: le recyclage des déchets. Le WWF voudrait que Genève atteigne le taux de 60%, alors que Genève collecte environ 40%. Comment doubler l'effort actuel, êtes-vous pour la taxe poubelle qu'ont adopté de nombreux cantons?

- Non, répond François Chappaz, nous comptons sur des campagnes de sensibilisation. En outre il faut agir à la source et réduire le volume des emballages. Une politique pertinente sans doute mais hors de portée du Conseil d'Etat genevois.

Exemple 2: la construction de toiture solaire. Le prix solaire 2009 a été attribué à une ferme dont le toit est entièrement recouvert de cellules photovoltaïque et à une maison zéro énergie construite à côté d'une église, pourquoi de tels ouvrages ne sont-ils pas construits à Genève?

Marcellin Barthassat évoque le problème des normes, de l'administration. Il espère que la  nouvelle HES Genève sera le creuset de ces bâtiments écologiques puisque l'HEPIA réunit désormais sous un même toit le génie gris de la rue de la Prairie et le génie vert de Lullier (et ). Le président de Patrimoine suisse ne cache pas que le problème est délicat. Il plaide pour la désignation de zone de sauvegarde où l'on ne pourrait pas installer de l'énergie solaire ou des fenêtres (en raison de l'épaisseur des verres) ne serait pas en accord avec le vocabulaire du bâti existant.

En revanche, le président de Patrimoine suisse plaide pour des actions audacieuses et contemporaines. Il cite plusieurs villages du Vorarlberg où des maisons modernes, c'est-à-dire cubiques, cotoyent des maisons anciennes sans que cela ne suscite l'opposition des villageois, comme ce fut le cas du projet Botta qui a été combattu à Dardagny.

Exemple 3: allez-vous réclamer des péages urbains à Genève? Olivier Norer répond qu'il faut investir massivement dans les transports publics, ce qui incitera les habitants de la région à laisser leurs voitures au garage.

A suivre...

JFM

 

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