jeudi, novembre 12, 2009

Un seul patron pour la région: Cramer l'applique déjà


grand projet cramer signe.jpg Qui succédera à Robert Cramer, le tout puissant chef du Territoire, un département que le magistrat vert a tailler à sa dimension il y a quatre ans et qu'il n'a pas maîtrisé complètement. A entendre Mark Müller en effet - le libéral a dû céder l'aménagement autrefois rattaché aux constructions - la faible quantité de logements mis en chantier tient pour partie au fait que nombre de plans localisés de quartier n'ont pas été conduits avec toute l'ardeur nécessaire. On ne peut pas être au four à Berne et au moulin sur le projet d'agglo.

Le projet d'agglo, c'est l'oeuvre de Robert Cramer. Il en est très fier et ne manque pas une occasion pour dire qu'avant lui c'était le désert. Un péché d'orgueil typiquement vert que de faire croire aux crédules que nous sommes que sans les Verts le canton s'arrêterait de fonctionner. Michèle Künzler qui promet de mettre Genève en chantier grâce à la démocratie participative est dans le même registre.


Il faut tout de même rendre à César ce qui lui appartient. En l'occurrence sans le gros coup de pouce de Berne, ni le projet d'agglo ni les chantiers des trams ne rouleraient aussi vite. Car c'est bien la loi fédérale de financement des infrastructures d'agglomération qui a mis tous ces projets en branle, y compris la démocratie participative qui figure parmi les conditions d'octroi des crédits. Six milliards de francs à la clé dont 550 millions dégagés en urgence pour le CEVA.

De quoi engager quelques chantiers - en cours côté genevois - et faire saliver les entrepreneurs et les bureaux d'architectes et d'urbanisme, mais aussi les maires français, ceux d'Annemasse, Saint-Julien, Saint-Genis et Ferney en particulier - tous socialistes, verts ou divers gauche - à qui la Suisse, par la bouche de Robert Cramer, promet de financer 40% des trams qui doit relier leur centre-ville aux gares genevoises du CEVA.

Les Français ont eu beau réclamer et obtenir qu'on intègre d'autres domaines dans le projet d'agglo: le logement, l'environnement , l'emploi, la culture, la formation, la santé etc., le nerf de la guerre reste déterminé par la loi fédérale et les six milliards. C'est cela qui fait avancer l'agglo. C'est de cela dont on parle.

Anticipant sur les voeux que  la commission 4 de la Constituante vient de rendre publics, Robert Cramer est d'ailleurs l'interlocuteur unique et incontesté des Français et des Vaudois. Il y a bien une délégation du Conseil d'Etat à la région, mais on ne voit jamais que le Vert dans les meetings.

Ce lundi encore, à la station supérieure du téléphérique, Robert Cramer était le seul Genevois présent. Pas un magistrat communal, pas un député, pas un élus aux Chambres fédérales n'étaient présents pour assister à l'événement historique - le mot est de Robert Cramer - qui a vu la région Rhône Alpes décerner le label Grand Projet à la fabrication du Grand Genève.

Côté français, c'était la pléthore d'élus, de présidents d'associations régionales et de conseils de toute sorte. Manquait toutefois le sous-préfet de Saint-Julien qui est depuis peu le secrétaire du Comité régional franco-genevois.

A la clé de cette labellisation 11,5 petits millions d'euros pour 5 ans. Cela va-t-il au moins accélérer l'arrivée du tram à Saint-Julien, ai-je demandé à son maire Jean-Michel Thénard? Ecoutez sa réponse dans cette vidéo:

 

Quant à Robert Cramer, il n'a pas profité de l'occasion pour tirer un bilan et des perspectives. Sans doute, la manifestation historique du Salève n'est-elle pas la dernière du magistrat sortant. Deux rendez-vous l'attendent en effet ces jours prochains qui détermineront le mode de gouvernance de l'agglo.

  • Le premier, le comité plénier du CRFG, tombe le 17 novembre, le même jour oû la Constituante débat de la gouvernance de la région. Coîncidence?
  • Le second est le comité de pilotage du projet d'agglo, le 19 novembre.

Les statuts d'un organisme de coopération transfrontalières sont à l'étude au sein du Comité franco-genevois. Sera-ce un GLCT, un groupement local de coopération transfrontalière selon l'accord de Karlsruhe (comme ceux qui gouvernent le téléphérique du Salève ou Unireso) ou un GECT un groupement européen de coopétation transfrontalière? Problème un GECT plus ronflant dans l'étiquette et plus prometteur de financements bruxellois ne peut être signé qu'entre deux pays de l'Union. D'où l'exclamation du maire de Saint-Julien: "Ah, si la Suisse était membre de l'Europe, la région fonctionnerait mieux!"

Qui connaît ce projet? Les députés sont-ils au courant. Auront-ils leur mot à dire ou seront-ils mis sur la touche, à peine consultés comme ce fut leur sort ces quatre dernières années?

Au contact des élus français, Robert Cramer a peut-être adopté quelques-uns de leurs travers. Les choses se font en coulisses. Les Assemblées sont là pour entérinés des projets déjà ficelés. Quant au peuple, il est juste bon à élire ses représentants tous les cinq, six ou sept ans.

Qui sera le premier président de cet OCT? Et si Robert Cramer nous la jouait à la Poutine? Unger, président de l'agglomération franco-valdo-genevoise, et Cramer son premier ministre. Ce matin dans la Tribune, Unger se proclame déjà chef Département du développement économique et territorial. Ne reste plus qu'à engager Tornare et à lui donner le mandat d'inventer l'Assemblée des citoyens du Grand Genève!

JFM

Ci-dessous le discours historique que Robert Cramer a prononcé au Salève le 8 novembre 2009.

 

(Légende de la photo de tête extraite de la vidéo sur la cérémonie de signature de l'acte qui décerne au Grand Genève le label Grand Projet de la région Rhône-Alpes, de gauche à droite: Pierre-André Romanens, Président du Conseil régional du district de Nyon, Robert Cramer, Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional Rhône-Alpes, Robert Borrel, Président de l’ARC.)

 

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