lundi, novembre 09, 2009

Fanfare médiatique pour 15 petits millions

Borrel Robert pensif.jpgEn début d'après-midi, le ministre genevois sortant du Territoire, Robert Cramer, regardera Genève du sommet du Salève. Raison de cette élévation magistrale: l'engagement de la région Rhône-Alpes avec l’ARC (Association régionale de coopération du genevois) à hauteur de 50 millions d’euros sur cinq ans (soit un peu plus de 15 millions de francs suisses par an).

Cette mise de fonds doit conférer au Projet d'agglomération franco-valdo-genevois le label Grand Projet. L'engagement, signale le carton d'invitation, sera signé solennellement à 14h30 au téléphérique du Salève, en présence de :
-    M. Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional Rhône-Alpes
-    M. Robert Borrel, Président de l’ARC et Co-président du Projet d’agglomération
-    M. Robert Cramer, Conseiller d’Etat de la République et canton de Genève et Co-président du Projet d’agglomération
-    Et M. Pierre-André Romanens, Président du Conseil régional du district de Nyon


En fait, sous le label Grand Projet, la région n'engagera que 11,5 millions, le reste sera dépensé hors label. Ce ne sont donc qu'un peu plus de trois millions de francs suisses que Lyon consacre aux actions concoctée par l'ARC et son grand marabou Robert Borrel.

Ces quelque trois millions rhônes-alpins annuels ont sans doute un poids symbolique et politique important. Mais restent sans commune mesure avec les milliards que le projet d'agglo a engagé et devra engager ou dont il dépend (à commencer par les 1,47 milliard du CEVA) et qui pour l'essentiel sont financés par des fonds genevois et suisses. Selon ma consoeur spécialiste de la France voisine, ces millions représentent néanmoins un véritable engagement pour la région compte tenu des moyens et des compétences des régions françaises.

Ces quinze millions restent une paille tout de même en regard des 190 millions de francs suisses que les communes et la région françaises reçoivent de la rétrocession fiscale des impôts payés à la source par les frontaliers à Genève. A ce propos, avez-vous lu la déclaration parue samedi dans la Tribune du président du syndicat des frontaliers? Je vous la remets en copie. Intéressant.

Mais ne chipotons pas sur les chiffres. c'est l'intention qui compte. Lors du séminaire de Saint-Cergue du jeudi 5 novembre consacré à la mobilité dans la région, le président d'Annemasse-agglo, Robert Borrel ne s'est pas trop embarrassé avec la précision des chiffres.

Interrogé sur le bouclement du budget français du CEVA, pour la partie allant de la frontière à la gare d'Annemasse, l'ancien maire d'Annemasse a déclaré jeudi devant la presse que "126 millions d'euros étaient déjà engrangés et que le solde, dont le montant exact sera défini lorsque nous aurons connaissance des études de détail, le serait également". J'espère que vous n'avez pas fait les mêmes erreurs que les Genevois qui ont dû, à la demande de l'Office fédéral des transports, augmenter le budget du CEVA de 950 millions à 1,47 milliard de francs, ai-je rétorqué au président de l'ARC, qui semblait découvrir le coût exact et contesté du CEVA.

Interrogé encore par un autre journaliste sur les conséquences d'un non le 29 novembre prochain, Robert Borrel a répondu, en l'absence de Robert Cramer qui avait quitté le séminaire peu avant midi, sans doute appelé par des obligations plus importantes, que "sur un budget d'un milliard de francs, on devrait bien pouvoir redimensionner le projet et parvenir à réaliser le CEVA en se passant des 113 millions s'il venait à l'idée des Genevois de refuser ce crédit complémentaire".  (JFM)

 

frontalier.com annonce TG 8 nov 09.png

Commentaires

Cher Jean-François, tu ne baisses donc pas la garde... Il faudra un jour que tu m'expliques la vraie raison de ta haine anti-CEVA. J'ai du mal à croire que ce soit uniquement ton désir de faire passer les rails à côté de chez toi, à la manière d'un personnage de Lucky Luke, qui motive ainsi ta hargne à l'égard d'un projet fédérateur pour l'ensemble d el'agglomération.
Cela étant la remarque de Borrel n'est pas si farfelue qu'elle en a l'air et dénote assez bien les différences de fonctionnement des deux côtés de la frontière. Stricto sensu, d'un point de vue légal, le vote de dimanche n'est pas un référendum pour ou contre le CEVA, qui demeure un projet accepté par une quasi unanimité du Grand Conseil, mais un vote sur un complément de budget. Rien n'empêcherait donc de mener le projet à bien, même si cela choque ta conscience démocratique, si l'on trouve le moyen de se passer de ces fonds.
Quant à en trouver le moyen, il est certain que Genève a l'habitude, quoiqu'elle construise, de voir toujours plus luxueux - et bien plus couteux à prestations égales - qu'ailleurs. La conséquence, c'est que comme elle n'en a pas toujours les moyens, et que ses citoyens ont le doigt sur le cordon de la bourse, on accumule les retards et les renoncements d'infrastructures.
Ce qui au final nous coute un saladier, en embouteillages et en qualité de vie.
Il est certain que l'on pourrait faire moins cher. par exemple en confiant les gares à d'autres qu'à Nouvel, ou en construisant une passerelle sur le Rhône plus simple...
... Ou en réduisant les normes anti-bruit et anti-vibrations sous Champel, puisque ce sont essentiellement ses habitants qui auront fait capoter le financement supplémentaire qui doit notamment améliorer leur isolation - je plaisante, bien sûr...

Écrit par : Philippe Souaille | lundi, novembre 09, 2009

M. Mabut,

Vous faites un parallèle entre l'engagement de Rhône-Alpes sur les 50 millions et les impôts reversés à nos voisins français. Hors, vous le savez sans-doute, mais la Région Rhône-Alpes ne touche pas un centimes de ce reversement!
Il serait donc plus prudent de corriger votre billet dans le sens ou seule les communes et le Conseil Général disposent de ces 190 millions...

Écrit par : eldwane | lundi, novembre 09, 2009

vous oubliez que la région n'est pas la seule personne publique française à verser des €!!!
un peu sélective votre mémoire...

Écrit par : matthieu | lundi, novembre 09, 2009

@Eldwane : sans douter de votre engagement et de votre billet, je me permets de pointer une erreur de grammaire qui nuit fortement à votre babille. 'Hors' est tiré d'en dehors mais dans le contexte de votre phrase, il faut juste utiliser la conjonction de coordination (mais ou et donc or ni car). 'Or, vous le savez sans doute,... ' aurait été beaucoup mieux approprié, vous n'en douterez plus maintenant.

Je me permets cette remarque car j'ai pu constaté que cette faute devenait très commune dans les commentaires du site, reflétant parfois, certes une méconnaissance de la langue, mais surtout d'une incompréhension du sens de ce que l'on écrit... Je ne me répandrai pas sur le niveau CONSTERNANT des divers intervenants. Bien à vous.

Écrit par : Miskatonic | lundi, novembre 09, 2009

@Miskatonic,

Effectivement j'ai utilisé le mauvais mot, faute de relecture de ma part (et pourtant, lors de la rédaction, j'ai senti que j'étais en train de me tromper).

Je pense toutefois faire mon possible pour écrire le plus correctement possible, mais je sais que je ne suis pas infaillible.
C'est d'ailleurs pour cette raison que j'évite généralement de corriger les interventions des autres internautes (sur les forums, commentaires, blogs,...).

Évidemment, si vous voulez rentrer dans ce genre de discussion, je pourrais aussi vous signaler la confusion participe-passé/infinitif au début de votre deuxième paragraphe : "...car j'ai pu constatER que...".
C'est aussi une faute de plus en plus récurrente sur internet.

Ensuite, je me permettrait de vous préciser que ma "méconnaissance de la langue" était une erreur de vocabulaire et non de grammaire.

Très bonne soirée

Écrit par : eldwane | lundi, novembre 09, 2009

Les commentaires sont fermés.