vendredi, août 14, 2009

Le référendum contre le CEVA a abouti

ceva carte meilleure mobilité.jpgL'Association pour une meilleure mobilité franco-genevoise ne prendrait pas le risque, dans un communiqué diffusé ce matin à 8h30, de convoquer la presse lundi à 14h30, au Service des votations, si elle n'avait pas déjà engrangé les 7000 signatures requises pour valider le référendum contre le RER Cornavin Eaux-Vives Annemasse. Jean-Claude Delaude refuse de donner le nombre exact de paraphes sous prétexte qu'une dizaine de stands seront encore ouverts ce week-end à Genève. Nécessaires pour garantir le succès du référendum ou pour conforter encore un score déjà confortable? On le saura lundi.

Pour le Conseil d'Etat, et notamment pour Mark Muller, c'est une bataille de plus à mener. Il devrait déjà défendre, le 27 septembre, l'OMC contre un référendum de la gauche de la gauche qui a aboutit en ville de Genève, puis, le 29 novembre, le tunnel de Vésenaz contesté par un référendum cantonal des Verts et le référendum lancé par la gauche en ville de Genève contre l'urbanisation de la Praille Acacias Vernets.

C'est vraisemblablement également en novembre que le CEVA sera soumis au verdit des citoyens genevois. Lesquels seront sans doute épuisé par la série des quatre scrutins qui va émailler la vie politique genevoise cet automne:

  • 27 septembre: 2 sujets fédéraux (AI), 6 sujets cantonaux, dont la fumée et des baisses d'impôt, et 2 sujets Ville de Genève dont l'extension de l'OMS sur le Parc.
  • 11 octobre: élection des 100 députés au Grand Conseil pour la législature 2009-20013
  • 15 novembre: élection des sept conseillers d'Etat
  • 29 novembre: votations fédérales dont la question des minarets et l'exportation du matériel de guerre, cantonales et communales

Pour le comité référendaire, la bataille commence. Elle n'est pas gagnée. Car l'argument massue "cent ans d'attente, ça suffit!" que ne manquera pas d'asséner la majorité du grand Conseil, certes hétéroclites car animée par des intérêts parfois divergents, convaincre sans doute facilement une grande partie de l'électorat, lassée d'attendre depuis 1912 la connexion entre le réseau suisse et le réseau savoyard.

En fait la bataille remonte à l'origine même du chemin de fer à Genève. Elle n'a pas cessé de diviser les Genevois durant toute la seconde moitié du XIXe siècle.

On trouvera sur le site officiel du CEVA un excellent historique de cette épopée ferroviaire, dont le vote du 29 novembre 2009 ne sera pas l'épilogue, car l'Association 500 mètres de Ville en plus prépare sa rentrée en ressortant de ses cartons quelques projets décoiffants. Sur le même site, l'Etat diffuse l'intégralité de l'histoire des chemins de fer genevois qu'a réalisée l'historien Bénédict Frommel en 2004 pour le compte de la commission des Monuments et des sites. Passionnant et très évocateur des bras de fer ferroviaire qui n'ont pas fini de diviser les partis.

JFM

ceva historique.jpg

Commentaires

Notre démocratie en sortira grandie, j'en suis convaincu !

Écrit par : charly schwarz | vendredi, août 14, 2009

Notre démocratie en sortira grandie, j'en suis convaincu !

Écrit par : charly schwarz | vendredi, août 14, 2009

Excellente nouvelle ! Va y avoir du sport ! Je pense que beaucoup, qui n'ont pas signé ce référendum, prendront le train en marche ! (c'est facile !)

Écrit par : octave vairgebel | vendredi, août 14, 2009

Le peuple devait se prononcer.
Cela sera fait.
J'espère que le débat sera digne.
L'automne va être plus que chaud. Un vrai été indien

Écrit par : Bertrand BUCHS | vendredi, août 14, 2009

La démocratie est respectée.
Cela dit, elle tue avec tous ces référendums la démocratie, car les électrices et les électeurs vont en avoir pour son "stylo" de voter.
Va-t-on enfin voir le bout du "tunnel" du CEVA. Je dirais qu'il faut en finir et que les travaux quelqu'ils soient commencent d'arrache pied !
Bon week end.
François Velen

Écrit par : velen | vendredi, août 14, 2009

Question à Charly Schwarz, candidat radical à
l'élection au Grand Conseil : êtes-vous pour
ou contre CEVA?

Écrit par : Fortunato | vendredi, août 14, 2009

On peut se réjouir de l'aboutissement d'un référendum. Ceci est la grande force de notre démocratie. Mais dans ce cas, je ne pense pas que nous soyons gagnants.

En effet, le peuple souverain délègue au Grand Conseil son "pouvoir" de décision. Malgré la confiance que le peuple a donnée à ses élus, il peut de temps en temps dire : "sur cette question le peuple doit se prononcer". Par contre,le fait de ne pas faire un référendum n'est pas un déni de démocratie, car le peuple lors des votations a délégué son pouvoir. (imaginer que le peuple se prononce sur les centaines de lois votées au GC...)

Dans notre cas du CEVA.
Le Grand Conseil a voté un premier crédit il y a de ça plusieurs années. Les référendaires (qui s'opposent au principe du CEVA) auraient dû faire le référendum à ce moment. Or venir 2-3 ans après et surtout plusieurs millions de francs après (études, travaux préparatoires, ...) c'est à mon sens trop tard et un référendum à ce moment est à mon sens un déni de la démocratie.
C'est un peu comme il y a quelques années, alors que personne n'avait lancé un référendum contre le Stade, l'extrême gauche a lancé une initiative contre le stade, alors que les travaux avaient commencés.

En politique des choix sont faits. Si on est pas d'accord on le dit tout de suite ou ... on ferme sa gueule par la suite. Revenir toujours et encore sur des décisions prises ne fait pas avancer le schmilblick et coute des millions à vous et à moi !

Bien amicalement

Écrit par : Philippe C | vendredi, août 14, 2009

M. Philippe,
Le problème , sans vous offenser, est que les référendaires (et je ne mens pas) ignoraient le projet CEVA lors du premier crédit puisqu'il n'y avait pas eu de débat digne de ce nom ! Ce qui est franchement inadmissible, et je pèse mes mots, pour un tel projet.
En général à Genève on débat des crottes et des gueules des chiens ( à propos: gueule est un mot qui concerne les animaux), des Ferazinettes, de la taille de la barbiche de Cramer, de savoir s'il faut appliquer la loi pour les mendiants ou si les droits de l'homme sont respectés lorsque la police arrête un délinquant géorgien....etc
Lorsque je parle de débat je pense à un débat ouvert, politique, populaire, démocratique couvert par des médias indépendants qui relayent sans partis pris les diverses positions.

Malheureusement les journalistes, comme vous le savez, ne sont pas libres, quoi qu'en dise la loi sur la liberté de la presse. Il y a du politiquement et du jounalistiquement correct ,par exemple: être pour le train de manière dogmatique c'est journalistiquement correct (vert=bon), se soucier de la taille du pénis de Brad Pitt et de de la mort de M. Jackson .....c'est important,un vrai débat quoi ! Bon d'accord les journaleux, les scribouillards, les grattes papiers en tout genre ont bien le droit de vivre.
Alors voilà, le référendum sur le CeVA arrive tard. Domage qu'il n'y ait pas eu un vrai débat avant !

VIVE LA DEMOCRATIE !

PS: Ne soyez pas de mauvaise foi, vous savez bien que les coûts du CEVA ont été sous-estimés .......

Écrit par : allouettejeteplumerais | vendredi, août 14, 2009

@ Fortunato: Je suis pour que le peuple puisse se prononcer sur toutes dépenses qui engagent plusieurs générations de contribuables.
Concernant le CEVA, je suis pour sa réalisation.

Écrit par : charly schwarz | samedi, août 15, 2009

Très content de pouvoir enfin voter sur ce projet puisque je n'ai pas pu le faire à l'occasion du premier crédit, en raison de l'absence de débat.
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D'un autre côté, je reste sceptique sur la nécessité d'un projet d'une telle ampleur pour si peu de kilomètres. A regarder la provenance des frontaliers, dont le nombre a été stabilisé au premier semestre 2009 faut-il le souligner au passage (65'126 en décembre 2008 et 65'566 n juin 2009, je me pose encore et toujours la question sur la validité des réponses qui sont apportées en général au problème de la mobilité à Genève, qui ferait mieux de construire des logements en priorité, afin de pouvoir récupérer un impôt total (les Vaudois ne paient rien et Genève verse actuellement 200 millions de francs aux communes transfrontalières sur les 700 millions d'impôts perçus à la source).
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Provenance des frontaliers selon OCSTAT:
- arrondissement de St-Julien-en-Genevois: 27'410
- arrondissement de Gex: 10'800
- arrondissement de Thonon: 10'019
- arrondissement de Bonneville: 7'212
- arrondissement d'Annecy: 6'301
- arrondissement de Nantua: 1'592
- autres arrondissements: 296
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Je constate que plus de la moitié des frontaliers provient des deux arrondissements de St-Julien-en-Genevois et d'Annecy et qu'ils sont presque deux fois plus nombreux que ceux venant de Thonon et de Bonneville...
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Au regard de ces chiffres, je ne suis donc pas sûr que le problème de la mobilité à Genève sera résolu à travers les travaux pharaoniques du CEVA. L'axe Lausanne-Genève, plus utile à mes yeux aux résidents genevois et agents commerciaux venant de Suisse qu'un axe Cornavin-Annemasse, ainsi que l'axe Lyon-Annecy-Genève ne seront pas soulagés pour autant. Bien au contraire puisque le développement périurbain a plus de raisons de se réaliser autour de ces deux derniers axes que sur la côte française lémanique, dans la Vallée verte ou à Mégève.
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Enfin, saviez-vous que Genève n'avait créé que 500 nouveaux (supplémentaires) emplois entre 1991 et 2001? (source OCSTAT). D'ici à ce que Genève propose 200'000 emplois de plus, l'Arve aura le temps de s'assécher...

Écrit par : Clean | samedi, août 15, 2009

Je me demande combien de signatures sont authentiques. Avec les moyens dont disposent les référendaires la question reste ouverte...

Écrit par : ginosalsa | samedi, août 15, 2009

Nul doute que le référendum aboutira...
On en arrive enfin là ou tout aurait dû commencer càd par une votation pour ou contre le CEVA.
Il en faut du temps (et de l'argent) à Clochemerle-sur-Genève pour que la raison l'emporte !
PS : je n'habite pas Champel mais voterai NON au projet quand même

Écrit par : bidouille | samedi, août 15, 2009

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