mercredi, juin 17, 2009

Un architecte cantonal: la solution aux blocages genevois?

ing public.jpging 4 16 juin.jpgL'architecte Charles Pictet a fait coup double hier soir. Avec son projet de délocaliser la gare de la Praille à Colovrex, il a séduit l'auditoire de l'Institut national genevois, dont la salle de la Promenade du Pin était presque comble. Il a aussi relayé la campagne de la section genevoise de la fédération des architectes suisses qui'il préside et de la Fédération des architectes et ingénieurs pour que Genève se dote enfin d'un architecte cantonal. L'architecte cantonal est un serpent de mer cantonal, le dernier en date remonte à l'éphémère conseiller d'Etat Philippe Joye. C'est une réponse possible, a brièvement développé le père du premier concours de La Praille, aux difficultés que traverse le canton pour mettre en oeuvre les grands projets tels que celui de la Praille Acacias Vernets: "Les politiciens n'ont que la quantité de logements à la bouche. Il manque un discours sur la qualité, il manque une culture de la construction."

Brillant par leur absence, les politiciens en ont pris pour leur grade hier soir.


Défenseur expert et ferme d'une solution de rechange au CEVA - "une ligne RER Bachet Bardonnex Saint-Julien comprenant un P+R de 4000 places et un tram express Annemasse Eaux-Vives le tout pour 1,4 milliard de francs offrant deux portails d'accès à Genève et non un seul" -  l'avocat Wolfgang Peter n'a pas manqué de dénoncer le vote des députés de 2002. Et le manque de transparence des coûts de cette ouvrage que les Genevois attendent depuis 1912 et qui a passé en sept ans de 940 millions à 1,47 milliard de francs - les opposants estimant la facture finale du CEVA à 2 milliards de francs.

"Ceux qui peuvent avoir accès au procès-verbal de la commission des travaux (qui vient de voter la rallonge de 113 millions au CEVA) pourront lire cette proposition inqualifiable que m'a soumise un député: d'accord pour la transparence du coût, mais vous renoncez au référendum! J'ai refusé! Dans quelle République vivons-nous!"

Wolfgang Peter a donc confirmé que son association était prête à en appeler au peuple. Nous pourrions voter début 2010.

Il ne doute pas être en mesure de récolter 7000 signatures durant l'été [le Grand Conseil devrait voter le crédit supplémentaire en urgence jeudi prochain]. C'est moins de la moitié du nombre de signature qu'a obtenu l'initiative anti-ceva. récemment rendue invalide par le Tribunal fédéral.

Le débat conduit par ma consoeur Laurence Bezaguet a souffert de l'absence de réels contradicteurs et de personnalités aptes à répondre à des questions politiques et financière. D'aucuns ont regretté une focalisation excessive autour du CEVA. Le débat sur le projet d'agglo reste à faire.

Sans opposant déclaré et ferré à glace - en existe-t-il un dans le canton? - le bras droit de Robert Cramer pour l'agglo, Nicole Surchat-Vial, n'a eu aucune peine à répéter les avantages du projet d'agglo franco-valdo-genevois, sans une once d'autocritique, mais avec des trésors de langue de bois.

Pressentant néanmoins la fin du règne de son patron, la cheffe de l'agglo a annoncé que la traversée du lac figurera expressément dans le projet d'agglo no 2, qui devrait s'étendre sur la période 2012-2016. Tout comme l'étude de l'urbanisation le long de la ligne Vernier Satigny, l'extension des zones industrielles autour de l'aéroport. Et la suppression du cul de sac de Cointrin. Quatre axes dont l'absence dans l'actuel projet d'agglo a été vivement critiquée par une assemblée majoritairement remontée contre le CEVA, à une ou deux exceptions près.

colovrex rade.png

Sans contradicteur non plus, Charles Pictet a présenté son idée de connecter au rail la zone d'activité de Colovrex. Il a fourni des réponses convaincantes aux questions du financement du projet - dont il attend même un remboursement d'une partie de la dette publique du canton - du bruit de l'aéroport qui "dans la partie nord du périmètre, la plus large, ne dépasse pas celui du village de Chambésy" et de la soi-disante impossibilité de construire des tours à La Praille: "ce n'est qu'une question de moyens et de volonté". Se départissant de sa neutralité de dandy, il s'est clairement engagé pour la traversée de la rade dans une version qui relierait le Vengeron directement à l'autoroute blanche.

 

 

Commentaires

Vous pensez bien qu'à la promenade du Pin, à cent mètres du QG des anti-ceva, qui ne se soucient absolument pas de la mobilité durable régionale, vous n'alliez rencontrer que ces conservateurs obnubilés par leur petit pré-carré (triangulaire en l'occurrence) au dépens de toute la région.
Encore une fois, il n'y a à l'heure actuelle pas d'alternative crédible au CEVA, rien qui ne puisse être financé, planifié et construit rapidement (ce que prouve l'invalidation de l'initiative anti-ceva, W.P qui s'entête à défendre la liaison par train Bachet-St-Ju qui a justement été balayée... allez comprendre!).
Le débat actuel (s'il peut avoir lieu tant les anti-ceva n'acceptent pas le dialogue) n'est pas constructif, il oppose des projets qui sont complémentaires. Le CEVA est nécessaire dans un premier temps, et s'articulerait parfaitement avec un tram-train sur St-Julien, voire même un développement à Colovrex. Le RER irriguera le centre-ville, puis la périphérie, permettra la requalification de zones délaissées, permettra la réalisation d'emplois et logements, et s'articulera autour de la mobilité douce et de rabattements par bus ou tram.
En tous les cas, s'il le référendum venait à être accepté (ce que je n'imagine pas), pas le moindre projet ferroviaire ne serait réalisé dans les 15 prochaines années à Genève. Sachant qu'on à déjà 15 ans de retard... on ne risque pas de s'en sortir.

Bonne journée tout de même.

Écrit par : eric | mercredi, juin 17, 2009

La persistance de Wolfgang Peter à parler de son alternative au CEVA prouve à quel point les anti-CEVA manque d'arguments viables pour faire croire qu'ils sont pour une meilleure mobilité. Ils savent très bien qu'en s'opposant au CEVA, aucune autre alternative ne sera réalisé et, comme le disait très justement Eric, aucun autre projet ne pourra voir, ne serait-ce que l'esquisse d'une réalisation, avant un bon bout de temps. Et que les pro-bagnoles ne se réjouissent pas trop vite : le financement de la traversée de la rade serait bien plus dur à obtenir avec un éventuel échec du CEVA. Genève deviendrait la risée de la Suisse (on est déjà bien avancé sur ce plan) et les autres cantons ne manqueront pas de ressortir cette histoire quand il s'agira de faire du lobbyisme auprès de Berne pour obtenir des fonds.

Sans parler du fait que Genève se retrouvera tout seul. Il faudra oublier les plus ou moins récents partenariats avec Zürich et le Tessin ou le canton de Vaud pour avoir plus de poids auprès de Berne. Genève deviendra le boulet (dans tous les sens du terme), le poids mort, dont personne ne voudra. Et j'aimerais peindre le diable sur la muraille, mais à une époque où les crédits fédéraux sont de plus en plus dur à obtenir, faudra pas compter sur de la "compréhension" de la part des autres.

Pour finir, M. Mabut, merci de modifier le titre que vous avez mis en sélection des blogs sur la page d'accueil du site. Jusqu'à preuve du contraire, le référendum n'est pas encore passé (faudrait déjà qu'il soit lancé) et on ne peut donc pas dire que les genevois "vont" voter. Précision mise à part, je suis, comme vous sans doute, impatient que cette votation arrive. Mais moi je le suis car je suis persuadé que les genevois sont suffisamment intelligents pour mettre un claque définitive* à ces anti-CEVA qui font perdre du temps et de l'argent à tout le monde.

*) Oh, je sais que j'idéalise un peu... On l'a vu avec la loi anti-fumée, une décision populaire, même très nette, n'est même plus respectée (d'ailleurs on retrouve parfois les mêmes personnes chez nos très chers dissidents de Genève et chez les anti-CEVA, qui s'insurgent pourtant du, soit-disant, non respect de la démocratie dans ce dossier... No comment).

Écrit par : David | mercredi, juin 17, 2009

Je retiens surtout la globalité pour résoudre la circulation à Genève. Il est indispensable de réaliser au plus vite la ceinture complète de canton, pour tous les types de transport, soit une nouvelle liaison "Est" en connexion avec l'autoroute de contournement et le CEVA, sur le tracé officiel ou corrigé. Oui à une traversée de la rade par un pont haubané du Vengeron à Vésenaz, avec connexion (principalement souterraine)avec l'autoroute blanche à Gaillard et la gare SCNF d'Annemasse. Pour la connexion de Vésenaz, il faut utilser le sous-sol (élargir l'idée de la traversée du village par un pôle souterrain).
Voir le groupe "Pour une vraie traversée de la rade" sur Facebook

Écrit par : Alain | jeudi, juin 18, 2009

Je retiens surtout la globalité pour résoudre la circulation à Genève. Il est indispensable de réaliser au plus vite la ceinture complète de canton, pour tous les types de transport, soit une nouvelle liaison "Est" en connexion avec l'autoroute de contournement et le CEVA, sur le tracé officiel ou corrigé. Oui à une traversée de la rade par un pont haubané du Vengeron à Vésenaz, avec connexion (principalement souterraine)avec l'autoroute blanche à Gaillard et la gare SCNF d'Annemasse. Pour la connexion de Vésenaz, il faut utilser le sous-sol (élargir l'idée de la traversée du village par un pôle souterrain).
Voir le groupe "Pour une vraie traversée de la rade" sur Facebook

Écrit par : Alain | jeudi, juin 18, 2009

Enfin un vision de vraies infrastructures pour la région métropolitaine avec la traversée de la rade. Crise ou pas crise, il faut surtout penser l'après crise et commencer à discuter avec la population, la faire adhérer et après coup agir.

Écrit par : demain | jeudi, juin 18, 2009

en complément, voici l'adresse du groupe Facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=115093980010

Écrit par : alain | vendredi, juin 19, 2009

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