dimanche, juin 14, 2009

L'ATMB va-t-elle concurrencer le CEVA?

messager 11 juin 09.jpg"L'autoroute blanche veut devenir plus verte." Un titre glané dans Le Messager de cette semaine - l'hebdo des nouvelles locales que bien des Genevois ignorent comme ils ignorent tout de la vie sociale, culturelle et sportive de leurs voisins. Sous le titre, peut-être la première réaction au CEVA des dirigeants des Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc, où Genève est un tout petit actionnaire.

L'ATMB ne cache pas son intérêt pour el transport collectif et le covoiturage sur son réseau. "C'est plutôt paradoxal et innovant pour une société comme la nôtre" déclare au Messager le président de l'ATMB. La société concessionnaire étudie des aménagements d'arrêts pour les bus et de parkings de covoiturage. L'article n'en dit pas plus préférant signaler que des filtres à particules seront installés sur les bouches d'aération du tunnel du Mont-Blanc.

Mais il n'est point besoin d'être grand devin pour constater que si l'ATMB met son projet en oeuvre et offre aux frontaliers la possibilité de garer en bordure de l'autoroute, au péage de Nangy par exemple, et d'embarquer dans des bus rapides pour rejoindre le coeur de Genève, le RER risque de devoir mettre les bouchées doubles pour rester attractif. Si les bus roulent au gaz ou avec une pile à combustible, il est même pas sûr que le bilan écologique du train soit meilleur rapporté aux passagers transportés.

Une info qui sans doute animera le débat que l'Institut national genevois organise ce mardi soir à 20h, 1 promenade du Pin, en point d'orgue d'un cycle de conférences consacrées à la région franco-valdo-genevoise 2030. JFM

Commentaires

Ce billet démontre bien votre problème... Vous mettez sans cesse en concurrence des projets qui sont en fait complémentaires. Et ce, même s'ils pourraient desservir certaines mêmes régions.

Un bus circulant sur l'autoroute, c'est très bien à condition qu'il ait l'absolue priorité. Contrairement à ce qu'on fait chez nous, il faudrait ouvrir la bande d'arrêt d'urgence à la circulation exclusive de ces bus, comme ça se fait en Belgique. Là, ils pourront être attractif. Si on se contente de les faire rouler dans le trafic en construisant seulement des parkings avec arrêt de bus à intervalles réguliers, ça ne sera pas attractif.

Mais, dans le cas où ces bus auraient la priorité, ce que vous oubliez de dire c'est qu'il faudra bien qu'ils sortent de l'autoroute à un moment ou à un autre pour amener les gens à leur travail à Genève. Et là, ça se complique déjà plus, alors que le CEVA sera, de part son mode de fonctionnement, entièrement en site propre. J'en veux pour exemple le cas belge évoqué plus haut. A l'époque où j'en avais entendu parler, ce bus express perdait pratiquement tout le temps qu'il avait gagné, quelques kilomètres à peine avant Bruxelles, du fait qu'il ne pouvait pas rouler sur la bande d'arrêt d'urgence en flandre. Le CEVA devrait donc rester le moyen de transport le plus attractif de la gare de départ à celle d'arrivée.

Mais toute idée permettant de diminuer le trafic privé et donc le nombre de voiture circulant dans notre région est une bonne chose. J'encourage donc l'ATMB à faire le nécessaire, non pas en concurrence, mais en complémentarité avec d'autres moyens de transports collectifs peu polluants.

Écrit par : David | dimanche, juin 14, 2009

Bonne intervention David!

J'ajouterai que le système décrit fonctionne sur la base d'un usage de la voiture. Les usagers gareraient leur voiture au bord de l'autoroute... mais encore faut-il y arriver! Le but du RER est de pouvoir garantir un cadencement élevé, de centre à centre, de périphérie à périphérie en permettant aux usager de ne pas prendre leur voiture, et s'ils sont domiciliés en campagne d'utiliser les bus de rabattement ou des parkings relais.
Un RER efficace dessert le coeur des agglomérations (Carouge, Hôpital, Eaux-Vives, La Roche, Thonon par exemple) ET suppose un réseau de bus et trams complémentaires (plus des parkings relais).

Ce qui est dommage sur ce blog, et je rejoins parfaitement David sur ce point, c'est qu'on oppose ces projets qui pris dans leur globalité peuvent permettre d'améliorer la mobilité durable dans la région. Le CEVA est indispensable car il permet l'articulation des différents modes de transports (marche, vélo, bus, bus interurbain,tram, covoiturage, relais) autour d'une artère fortement irriguée. Il ne faut pas l'opposer au projet de bus. D'ailleurs, dans aucun cas un système de bus autoroutiers, même bien organisé, ne remplacera un RER cadencé au 1/4 d'heure reliant 40 gares sur un réseau de dizaines de kilomètres... la question ne se pose même pas.

Écrit par : eric | dimanche, juin 14, 2009

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