vendredi, juin 19, 2009

Le maire de Saint-Genis attend le tram et le financement suisse

pacas.jpgL'été s'installe. Les députés font des heures supplémentaires dans l'indifférence générale. Trop occupés en cette veille électorale à entraver les projets des autres partis qu'à réfléchir ensemble sur la Genève de 2030?

Pendant ce temps les acteurs des pétales de développement du Grand-Genève se réunissent en tables rondes.

  • Lundi 8 juin, c'était la première table ronde du périmètre d'aménagement concerté d'agglomération de Meyrin Saint-Genis. (Voir le dossier du participant)
  • Ce samedi 20 juin, à Archamps, les élus et la société civile du PACA Plan-les-Ouates Saint-Julien prendront connaissance de l'avancement des études conduites par trois bureaux d'aménagement du territoire. (Voir le compte-rendu de la première table ronde et aussi ici et )
  • Enfin le 2 juillet, de 15h à 22h aura lieu à Thônex la première table ronde du PACA Trois chêne Annemasse. (Voir le dossier de présentation)

bertrand maire de St Genis.jpgHubert Bertrand, maire de Saint-Genis-Poully, attend le tram de pied ferme. Il est programmé pour 2018. Sa commune sera, côté gessien, la principale - la seule avec Ferney-Voltaire? - bénéficiaire direct du projet d'agglo-franco-valdo-genevois. Ce radical de gauche milite à fond pour les transports publics, mais, à l'heure de sortir la bourse de sa poche, il déclare que "le tram servira principalement à Genève et qu'il paraît donc naturel que le canton en soit le principal payeur". Même propos pour le parking d'échange, que Saint-Genis hébergera, "car cette infrastructure fait partie intégrante de la ligne".

Il n'est pas sûr que Genève l'entende de cette oreille.


En l'état, le PACA n'est pas encore assez mûr pour parler gros sous. Encore que le temps court et qu'il faudra déposer très vite les projets si l'on veut bénéficier de la manne fédérale issue de la loi sur les infrastructures. Côté français, le financement des transports publics relève de la compétence du département. Et Bourg-en-Bresse est assez éloigné des préoccupations du bassin genevois.

Il s'agissait donc, lundi 8 juin, pour les trois bureaux d'urbanistes mandatés de présenter aux élus et à la société civile l'état de leurs réflexions six mois après le lancement du PACA le 5 janvier dernier. On trouvera ici les trois projets présentés.

Si les élus étaient représentés en nombre, y compris ceux de la minorité de droite, que le maire avait conviés. La société civile de Saint-Genis a en revanche brillé par son absence. Le résultat d'une mauvaise communication sans doute entre Monsieur le maire et la direction du projet d'agglo, qui compte sur les Mairies concernées pour qu'elles invitent quatre ou cinq groupements d'intérêt, sensés représenter la diversité du tissu associatif communal.

Sur le fond, le maire de Saint-Genis a bien apprécié la présentation des urbanistes. Il imagine qu'on finira par retenir les bonnes idées des trois bureaux. Il retient le principe d'un aménagement qui préserve les coeurs de village et veut penser l'aménagement le long de la ligne de tram non pas comme une banlieue linéaire sans âme, mais comme une succession de pôles. Un peu comme des perles sur un collier.

Ne faudrait-il pas plutôt parier sur un RER qui connecterait la ligne CFF à la voie unique du Pays de Gex?

- Qui trop embrasse mal étreint. Réalisons d'abord le tram. La densité de population ne justifie pas actuellement une telle infrastructure. Dans trente ans peut-être. Il faut aussi cesser de dire que le temps de parcours sera trop long entre la tête de ligne et le centre de Genève. Nombre d'usagers s'arrêtent en cours de route, soit qu'ils travaillent dans la zone de Meyrin Satigny, de Vernier ou dans celle de l'aéroport.

La connexion de la voie express du Pays de Gex avec l'A40 est-elle plus urgente?

- Sans doute. J'espère que le pont sur le Rhône verra le jour à l'horizon 2020. Les études d'approche réalisées par le Conseil général (l'assemblée des élus du Département) montre qu'un tel ouvrage ne pourra pas être réalisé sans un partenariat public privé et donc un péage. En revanche, une connexion avec l'autoroute suisse ne s'impose pas. Saint-Genis, via la route et le tunnel de Meyrin, Ferney et Divonne disposent de raccordement suffisants. Bien qu'inscrit dans le territoire du projet d'agglo, ce nouveau pont sur le Rhône n'est pas évoqué avec nos partenaires genevois.

La gouvernance de la région ne doit-elle pas devenir plus démocratique?

- C'est une évidence. Il nous faut une assemblée délibérative qui pourrait dans un premier temps être une sorte de Sénat composé de représentants des élus. Une fois les compétences clairement définies, il faudra assez rapidement passer à une assemblée élues au suffrage universel. Genève devra cependant accepter de partager le pouvoir. La population de la couronne française et vaudoise est, en effet, à peu près équivalente à celle du canton de Genève. Je constate qu'il y a aussi du travail à faire du côté de Gessiens. L'information ne circule pas aussi bien qu'elle devrait au niveau de la communauté de communes.

On pourrait appliquer la méthode que l'ancien premier ministre Edouard Balladur propose pour réformer les collectivités territoriales en France. A savoir une élection simultanée, sur un même bulletin de vote, des conseillers municipaux et des conseillers régionaux, les premiers élus de chaque liste cumulant les deux fonctions, favorisant ainsi un transfert progressif des compétences locales, vers un niveau de décision régional?

- C'est une idée. Il faudra harmoniser les calendriers électoraux de chaque côté de la frontière. Ce n'est certainement pas la seule condition à la mise en route d'une assemblée régionale.

viaduc de l'Alouette gex savoie.jpg

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.