vendredi, mai 22, 2009

14'000 logements dans le PAV? Encore un effort M. Muller!

pav plq et communes avec légende.pngSix mois après le débat de la Tribune, quatre ans bientôt après le premier concours Genève 2020 organisé par la FAS pour l'aménagement du losange Praille Acacias Vernets (PAV), dont la pointe sud est le Bachet-de-Pesay et la pointe nord le pont de Saint-Georges, le Conseil d'Etat en est toujours aux bonnes intentions. Il a annoncé mercredi son intention de porter de 6 à 14'000 le nombre de logements et de réduire en conséquence de 20 à 15'000 le nombre d'emplois sur le périmètre défini dans le masterplan.

Le Conseil d'Etat a pris prétexte d'une lettre de l'ASLOCA pour annoncer son nouvel objectif. Quant à la méthode pour réaliser ce projet, elle reste à inventer. Car si l'on poursuit dans la démarche actuelle - on court à l'échec et à une chamaillerie séculaire digne du CEVA.

Qu'est-ce qui coince? Trois ou quatre choses notamment parmi d'autres:

[cliquez sur l'image pour l'agrandir, elle représente les zones actuelles. En violet foncé, la zone industrielle de la Praille, en violet clair, la gare aux marchandises.]

 


  • le PAV est totalement construit. Pas moyen d'y installer un logement sans déplacer une entreprise. Où les mettra-t-on?
  • les entreprises sont aux bénéfices de droits de superficie pour encore 50 à 60 ans. La Migros est propriétaire à Carouge et tient à son raccordement ferroviaire, ce qui est tout à son honneur. Cependant il est anachronique de maintenir une gare aux marchandises au coeur de la ville. Où mettre la gare, comment indemniser les entreprises?
  • Le PAV s'étend sur le territoire de trois communes: Genève, Carouge et Lancy, qui prétendent avoir voix au chapitre, alors que la loi ne leur concède qu'un droit de préavis. Droit de préavis qui peut cependant se transformer en droit de veto, dès lors qu'un de ces préavis viendrait à être contesté par voie référendaire. Aucun canton suisse ne détient un tel pouvoir lorsque les intérêt fédéraux sont en jeu.
  • Le PAV est quasi entièrement construit sur les alluvions de l'Arve. Un sol où, paraît-il, il serait difficile d'installer des gratte-ciels. L'objection nous paraît assez légère,  mais il faut faire flèche de tout bois lorsque les intérêts politiques ne convergent pas avec l'intérêt commun. Ainsi le projet de loi annoncé par le Conseil d'Etat devra définir le nombre de LUP, ces logements dit d'utilité publique parce qu'ils sont financés en partie par des fonds publiques comme si les riches qui pourront s'installer dans les derniers étages des tours ne sont pas eux d'utilité publique... Le parti socialiste annonce qu'il s'opposera au projet de loi s'il prévoit moins de 25% de LUP. Le parti socialiste ferait mieux de s'attaquer à ce système inique des préavis communaux qui a vu Cologny lutter avec succès contre les logements sociaux sur son territoire.

Pour réaliser les nouveaux quartiers de la ville, il faudrait préalablement:

  1. inventer une nouvelle gouvernance publique, créer par exemple une commune virtuelle le temps de la réalisation du projet sur 16 ou 20 ans auquelle les communes concernées et le canton déléguerait leurs compétences en matière d'urbanisme et de police des constructions dans le cadre d'un mandat de prestations voté par le Grand Conseil et soumis au référendum obligatoire des Genevois.
  2. créer un vide dans le PAV, mettre en oeuvre par exemple l'idée de l'architecte Charles Pictet qui propose de délocaliser la gare aux marchandises au nord de la piste de l'aéroport dans la région de Colovrex et proposer un plan de délocalisation assorti d'une juste indemnisation aux entreprises consommatrices d'espace, raccordées au rail ou nécessitant des transports pondéreux ou matinaux. A noter que la création d'une nouvelle gare à Colovrex permettrait de reconquérir l'ancienne gare aux marchandises de Cornavin. La valorisation de ces terrains devraient permettre de financer l'opération.
  3. oser un projet urbanistique et architectural qui projette Genève dans le XXIe siècle et soit un lieu de vie agréable et décoiffant. Des gratte-ciels sont incontournables, dont une ou deux tours maraîchères et quelques basses-cours en mémoire des plantaporêts qui ont longtemps nourris Genève et que l'on a délocalisé dans les années 40 pour construire la gare de la Praille. Ces tours donneront à Genève une dimension urbaine qui lui manque.

 

26 mai, 2, 9 et 16 juin: Quelle région franco-valdo-genevoise en 2030 ?
Cyle de conférences et débat organisé par l'Institut national genevois. Cliquez sur ce lien pour plus d'info.

Les commentaires sont fermés.