lundi, mai 11, 2009

Collex-Bossy unanime contre Charles Pictet...

colovrex nlle carte.pngQu'un Conseil municipal s'oppose unaniment à un projet de développement à ses portes est à la fois normal et instructif.

Normal, car les conseillers municipaux sont le reflets d'une population qui rêve surtout d'une chose, ne pas être dérangée dans sa quiétude campagnarde. D'autant que les terrains visés par Charles Pictet qui propose rien moins que de délocaliser la gare de la Praille à Colovrex sont sur la commune de Bellevue... Collex-Bossy n'a donc rien à gagner dans cette opération. Elle craint à juste titre que l'ouverture d'une nouvelle entrée sur l'autoroute n'augmente encore le nombre des frontaliers qui matin et soir traversent le village.

Les conseillers qui voulaient une résolution «modérée» pour être consultés le cas échéant ont vite été minorisés", note Dominique von Burg ce matin dans la Tribune. Et avec les autres, ils ont voté une «opposition formelle» au projet.


L'opposition municipale est instructive, car elle montre une fois de plus l'anachronisme des frontières communales ou en tous cas des mécanismes de partage des inconvénients mais aussi des bénéfices dès lors que le canton dont c'est la prérogative décide au nom du développement économique du canton de bâtir ici plutôt qu'ailleurs.

Le projet de Charles Pictet doit au moins faire l'objet d'une étude sérieuse. Il préente de nombreux avantages pour le canton. Ne serait-ce que la possibilité de construire à la Praille de vrais quartiers urbains.

Le projet Pictet fait cependant face à de nombreuses oppositions. Celle du patron de l'aéroport qui déclare la zone inconstructible pour des raisons de sécurité aérienne, celle du patron du territoire qui y voit une menace pour le CEVA et un avantage pour la traversée de la rade. Un coup d'oeil sur la rade montre assez bien qu'installer une gare au nord de l'aéroport permet d'éviter le goulet d'étranglement de Cornavin, rend nécessaire la suppression du cul de sac de Cornavin et pourrait même un jour rendre pertinent des voies ferroviaires entre la piste et Ferney-Voltaire offrant aux transports ferroviaires d'autres perspectives que celle d'une gare enclose au coeur de Genève.

La carte ci-dessous donne à voir l'emplacement possible de la gare de Colovrex et les connexions envisageables avec le réseau actuel y compris, la suppression du cul de sac de Cointrin et la possible traversée du lac ferroviaire et routière, ainsi qu'une ligne à 200km/h reliant Cointrin au plateau suisse, permettant de dédier les deux voies actuelles du lac à un véritable RER. (source http://etat.geneve.ch/geoportail/geoagglo/)

A noter que la connexion Cointrin Cornavin est évoquée dans Genève agglo comme une proposition. (JFM)

colovrex nlle carte.png

Commentaires

Quand on lit que des communes pensent mettre leur véto contre des projets d'infrastructures à l'échelle cantonale voir nationale, on réalise que la constitution de 1848 fait date.
Collex Bossy n'est plus une commune campagnarde depuis longtemps. Entre l'aéroport, l'autoroute et le développement de Ferney Voltaire, l'idée de vendre à cet emplacement la promesse d'un havre campagnard tient de la supercherie.
A l'exemple du verre à moitié plein ou à moitié vide, tout n'est qu'une question de point de vue. En fixant le sien sur le verre à moitié vide, la commune de Collex Bossy s'offre la garantie de n'aller que de déconvenues en frustrations car rien à l'avenir ne viendra confirmer son identité de village gaulois. De plus, l'opposition farouche au changement risque de les desservir doublement en ce sens qu'en plus de se faire imposer des modifications, ils prennent le risque de rater la formidable opportunité de participer pro activement à la modification de leur destin.

Écrit par : bison fûté | mercredi, mai 20, 2009

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