mardi, avril 28, 2009

CEVA, les Genevois voteront

CEVA alternatif rade et 2e ligne.pngLe Tribunal fédéral a donc confirmé l'invalidation de l'initiative dite anti-CEVA. L'échec des habitants de Champel n'est paradoxalement pas une bonne nouvelle pour le raccordement que le canton attend depuis 1912. En effet, il pourrait y avoir au fond plus d'opposants à un tracé qui ignore l'aéroport de Cointrin - et pour cause à l'époque où le CEVA a été conçu, l'aéroport n'existait pas - que de partisans de l'initiative qui proposait de raccorder La Praille à la ligne SNCF du pied du Salève quelque part entre Bossey et Saint-Julien.

La facture du CEVA qui a passé de 940 millions à 1,47 milliard en sept ans devrait sauf surprise donné lieu à un référendum financier contre le crédit de 107 millions actuellement en examen devant le Grand Conseil. Les Genevois votertont donc, vraisemblablement en 2010.

A lire l'arrêt rendu le 21 avril par la première Cour de Justice, le tracé du RER qui doit relier le réseau suisse au réseau français de la Haute Savoie est une affaire fédérale. C'est une des raisons qui ont conduits les juges à prononcer l'invalidation de l'initiative. Ce n'est pas aux Genevois de décider du tracé des voies ferrées. Une chance peut-être pour reconsidérer sereinement l'ensemble du projet non seulement du seul point de vue régional mais aussi du point de vue suisse, français et européen. Au fond ce qui est en jeu, ce n'est pas la laisions Annemasse Cornavin, mais l'avenir des liaisons ferroviaires entre Grenoble Chambéry (Turin) Genève Lausanne et les villes suisses.

Vu à cette échelle et avec quelques ambitions dignes du XXIe siècle, c'est une deuxième ligne à 200/250 km qu'il faut construire entre Cointrin et  le plateau suisse et une traversée du lac routière et ferroviaire, ainsi bien sûr qu'une reconstruction de la ligne entre Annemasse et Annecy. C'est sur cette colonne vertébrale qu'il faut concevoir le futur RER franco-valdo-genevois.

A l'heure où le grand prêtre du projet d'agglomération se retire des affaires, les prochaines élections tombent à pic pour ouvrir un véritable débat sans a priori sur le développement du grand Genève et ses relations avec les métropoles qui l'entourent.

On lira dans les billets publiés dans ce blog ainsi que dans le blog Vu du Salève les détails de ces propositions.

JFM

Commentaires

Il est bon que Berne ne soit pas une capitale économique majeure de la Suisse. La Confédération a pour qualité d'avoir placé ses magistrats suprêmes dans cette ville. Quand la politique et l'économie sont trop mêlées, comme à Paris, les deux entrent en conrflit, et se neutralisent, entraînant stagnation et immobilisme.

Écrit par : Rémi Mogenet | mercredi, avril 29, 2009

Seriez-vous partisan de l'immobilisme total M. Mabut?

"...Une chance peut-être pour reconsidérer sereinement l'ensemble du projet non seulement du seul point de vue régional mais aussi du point de vue suisse, français et européen..."

Depuis 96 ans que l'on considère et reconsidère ce projet sous tout ses angles, ne pensez-vous pas qu'il est temps de passer aux actes?

Le CEVA est-il le MEILLEUR projet possible pour Genève?

Sans doute pas...Il y a aura toujours des âmes chagrines pour nous dire qu'on aurait mieux fait de tenir compte de ceci et de ne surtout pas négliger cela...

Le CEVA est le meilleur projet POSSIBLE pour Genève?

Certainement! Il y a une autorisation de construire en force, quelques recours normaux pour un projet de cette taille, mais il a le mérite de répondre au besoins ACTUELS et d'être réalisable dans un horizon de temps acceptable, même si les âmes chagrines susmentionnées argueront qu'il ne répond pas à TOUS les besoins.

Ne craignez-vous donc point, si l'on prend en compte vos "ambitions dignes du XXIe siècle" que l'on ne réalise le projet qu'au XXIIe? Quand on veut réaliser quelque chose, il est un temps pour la réflexion et un temps pour se mettre au travail...

N'oublions pas qu'un tel projet transfrontalier a forcément des effets structurants pour l'agglomération et que s'il est vrai que, dans la phase d'étude, on tente de tenir compte de tous les facteurs pour réaliser le projet idéal, une fois l'ouvrage réalisé, le dynamisme et l'inventivité des Genevois leur permettront de s'adapter et de se restructurer autour des infrastructures existantes.

Gardons donc ces ambitions dignes du XXIe siècles qui vous sont si chères pour réfléchir à la meilleure façon de mettre en marche d'autres projets indispensables à Genève comme la traversée du Lac, autre serpent de mer retardé par des ratiocinations interminables...

Écrit par : Daisy Grimm | mercredi, avril 29, 2009

Les commentaires sont fermés.