lundi, mars 30, 2009

3e voie, CargoTube: floraison printanière

cargo.jpgFaire comme Zurich qui n'a pas attendu la manne fédérale pour relier sa Hauptbahnhof sans rebroussement à Kloten? Le CEVA zurichois, baptisé CZKS, avance en effet grâce au financement anticipé du mastodonte zurichois qui n'a pas besoin de s'entendre avec ses voisins. Sur la côte lémanique, Vaudois et Genevois carresseraient l'idée d'avancer 300 millions à la Confédération pour engager avant 2018 les travaux de la 3e voie CFF. Avant d'engager un crédit qui paraît bien petit, il serait peut-être pertinent de démontrer que la troisième voie est la meilleure des solutions en matière ferroviaire. Démontrer aussi que ces 300 millions ne seraient pas plus urgents ailleurs.

Est-ce qu'une deuxième ligne permettant aux trains de rouler à 200 ou 250 km/h le long de l'autoroute entre l'aéroport et la ligne Lausanne Yverdon, n'offrirait-elle pas plus d'opportunité à long terme, laissant au deux voies du lac de quoi réaliser un véritable RER lémanique?

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mardi, mars 24, 2009

J-365 avant les 150 ans de l'Annexion!

savoie régions.jpgsavoie drapeau.jpgOù en sera le projet d'agglomération franco-valdo-genevois dans une année? Qui aura saisi le bâton de maréchal - que dis-je d'empereur - du Genevois? Cette région bénie du Dieu du Français Calvin, qui, comme chacun sait, étend ses marges incertaines des hauts du Jura jusqu'au sommet du Môle, de la Drance d'Abondance à la perte du Rhône, disparue sous les eaux du barrage de Génissiat. Qui, en un mot, sera le ministre genevois, ambassadeur de notre cité aux festivités du 150e anniversaire de l'Annexion de la Savoie à la France?

Dans un an exactement, nos voisins commémoreront le Traité de Turin d'Annexion de la Savoie à la France signé le 24 mars 1860. Le Traité suivi d'un plébiscite fit de ce territoire montagneux, dont les seigneurs furent si longtemps jaloux et ennemis de Genève, deux départements français, détachés du Comté de Nice. Lui même retranché de la province du Piémont et du Royaume de Sardaigne, qui donnaient naissance à l'Italie, tandis qu'un certain Henry Dunant forgeait l'esprit de la Croix-Rouge à Solférino, en juillet 1859.

Que de dates à la fois proches dans la géographie et lointaines dans l'inconscient collectif des Genevois. Il est vrai que la plupart d'entre eux ne sont que des citoyens "hors sol", souvent plus attachés à leur pays et cantons d'origine qu'à leur cité d'accueil. Que savent les élèves des écoles genevois de cette histoire fondatrice? Il est encore temps d'ajouter au projet d'agglomération FVG un supplément d'âme qui - soyons audacieux -  fassent enfin de nos voisins des amis, des frères et non plus des frontaliers.

 

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lundi, mars 23, 2009

Entre Cornavin et Cointrin, le coeur du CEVA balance

transferis aéroport.jpgQue sont trois minutes d'arrêt à Cornavin avant de rebrousser chemin pour desservir la gare de l'aéroport! Tel est l'argument que servent les partisans du CEVA quand on leur fait remarquer, que conçu au XIXe siècle, avant que l'avion n'existât, le CEVA ignore Cointrin. La gare de l'aéport que je propose de rebaptiser GVA (Genève Voltaire Aéroport) est, comme chacun sait, au coeur d'un bassin d'emplois important et la meilleure plate-forme modale du canton, puisque le site assure l'échange idéal entre la voiture, le train, les TPG (et même le vélo via Palexpo) et bien sûr l'avion. Tandis que Cornavin est de plus en plus difficile d'accès en voiture. Et même que les trams et les bus y bouchonnent.

Certes en venant d'Annemasse, trois minutes d'arrêt à Cornavin avant de rejoindre GVA, ça n'est pas grand chose, mais c'est ignorer que la vocation première d'un train n'est pas de transporter des passagers sur 20 ou 30 kilomètres, mais sur 200 ou 300 kilomètres entre les métropoles européennes. Il est heureux d'utiliser des voies ferroviaires internationales pour y faire circuler un RER, il est fâcheux de concevoir un RER pour y faire circuler des trains internationaux!

David Favre, directeur de Transferis, que nous avons rencontré il y a une semaine dans les bureaux du CEVA, rue Pellegrino Rossi (lire notre billet prédécent), convient que "le noeud de Châtelaine est un problème et que Cornavin manque de capacité". En fait, comme le montre le schéma du furur réseau [cliquer sur le vignette pour l'agrandir], le CEVA ignore tout simplement la desserte de l'aéroport.

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mardi, mars 17, 2009

Combien de voyageurs pour le CEVA?

pendualaires savoie 2007.jpgC'était le secret le mieux gardé de la République! Dix mille, vingt mille, cinquante mille? Combien de Savoyards, combien de Genevois, combien de pendulaires vont-ils emprunter quotidiennement le CEVA? On sait que les mouvements à travers la frontières dépassent 400'000 par jour. [cliquer sur les vignettes pour agrandir les images]

Voilà des mois que je réclame un rapport sur cette question. Hier, j'ai été reçu au 16 de la rue Pellegrino-Rossi, en plein coeur des Pâquis, dans le minuscule bureau du CEVA, par Caroline Monod, dircom CEVA, Marie-José Brelaz dircom voyageurs CFF, et David Favre, directeur de Transferis. Transferis, c'est la société commune aux CFF et à la SNCF chargée de définir l'offre du futur RER franco-valdo-genevois: quelque 200 kilomètres de voie ferrées et 40 gares de Nyon à Saint-Gervais et de Bellegarde à Evian. Simple! La croix ferroviaire franco-valdo-genevoise est loin du maillage parisien ou même zurichois!

pendulaires carte geneve.jpgEt bien détrompez-vous, la frontière ne se résume pas à quelques petites croix sur une carte de géographie, elle sépare deux mondes aux traditions administratives, statistiques et même techniques fort différentes. A l'heure où je vous parle, le CEVA n'est toujours pas capable de dire avec un minimum de sûreté combien de voyageurs iront d'ici - leur domicile - à là - leur lieu de travail. C'est que, pour obtenir ce genre d'information, il faut, comme le font les météorologues, découper l'espace en unités assez petites et installer des compteurs dans chacune d'elle. Le seul modèle dont disposent les prévisionnistes des transports dans la région genevoise a été concçu par l'ingénieur Dériaz. Mais sa pertinence s'arrête pratiquement à la frontière.

Transferis Favre.jpgC'est sans doute la raison qui a fait qu'il a fallu attendre près d'une heure pour que David Favre lâche enfin le chiffre fatidique de la fréquentation du RER genevois: 14'000!

14'000 passagers par jour ouvrable sont attendus sur les 200 km du réseau express régional genevois, où circuleront 40 à 60 rames capables d'embarquer 378 passagers (en version courte, jusqu'à mille passagers en version triple un train de 220 mètres de long), quand le CEVA aura été inauguré. Sur ces 14'000 passagers, 3000 ne circuleront qu'en France.

En 2020, ce sont 50'000 passagers par jour que le RER genevois devrait transporter, c'est-à-dire la fréquentation actuelle de la ligne Genève Lausanne. Et encore pour atteindre cette objectif, le CEVA ne suffira pas, concède le directeur de Transferis. Il faudra comme le dit joliment Marie-José Brélaz, des CFF, dans l'une de ses rares interventions, "améliorer la chaîne de mobilité".

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dimanche, mars 15, 2009

Lancy 2023: François Baertschi répond sans détour

Baertschi François Lancy_2.jpgFrançois Baertschi partage deux choses au moins avec Robert Cramer: tous les deux sont membres des Verts et tous les deux sont ministre du territoire, celui-ci du canton, celui-là de la commune de Lancy. Le magistrat lancéen nous a reçu jeudi après-midi dans son bureau de la mairie qui occupe l'ancienne demeure Pictet-de-Rochemont, celui du congrès de Vienne, qui, outre des activités politiques, révolutionna l'agriculture du canton en acclimatant notamment à Lancy les moutons mérinos.

La conversation a porté sur les questions que nous lui avions posées par courriel après avoir appris l'adoption par le Conseil d'Etat mercredi dernier du plan directeur d'aménagement de Lancy.

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jeudi, mars 12, 2009

La gare de Colovrex soutenue à pas de Sioux

pour une zone industrielle à colovrex mars 09.jpgPrudente, prudente, la Chambre genevoise immobilière. Est-ce la présence des bisons à Colovrex qui fait avancer le syndicat des propriétaires à pas de Sioux? On pourrait le croire à la lecture de la dernière brochure du bureau Quincerot Weil, encartée dans l'édition de ce mois de mars de la revue Immoscope. La CGI cite certes à demi-mot l'idée de Charles Pictet de reconstruire la gare de la Praille à Colovrex, mais l'essentiel de son propos est de remplacer les 135 hectares de zone industrielle perdus à la Praille par une centaine d'hectares qu'offrent les terrains agricoles situés en bout de piste de l'aéroport, où paisent aujourd'hui de paisibles bisons.

La délocalisation de la gare marchandises, dont la Tribune s'est fait l'écho début janvier (et ici), est pourtant l'élément clé d'une véritable urbanisation du PAV et potentiellement d'une reconfiguration majeure du projet d'agglomération franco-valdo-genevois.

Mais le Sioux Aumeunier, par ailleurs secrétaire général de la CGI, est vraisemblablement pris en sandwich entre son souhait de défendre l'audacieuse idée Pictet et son souci de ne pas froisser le Conseil d'Etat et de ne pas mettre son poulain Mark Muller en porte-à-faux.

Soutenir le transfert de la gare de La Praille à Colovrex pourrait en effet sonner le glas du CEVA.

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mardi, mars 10, 2009

50'000 habitants à Lancy en 2030?

lancy vu d'avion.jpgLe Conseil d'Etat a validé cette semaine le plan directeur de Lancy. Un gros document issu d'une longue concertation, d'études pointues et de la conciliation impossible sur le mode:

  • Comment ne pas être mangée par la Ville de Genève?
  • Comment fabriquer une vie communale, quand la nature et les hommes vous ont transformée en un puzzle de quartiers sans lien les uns avec les autres?
  • Comment densifier- ce qui reste la meilleure manière d'être écolo - alors que les habitants des villas n'ont pas l'intention d'aller voir ailleurs d'autant que Genève ne leur offre guère la possibilité de reconstruire leur home sweet home et que les Lancéens tout court pensent qu'ils ont fait leur part en matière de logements?

Pas facile non plus d'y voir clair et de tirer les grands axes du futur lancéen. D'où les questions que je viens d'adresser au maître du projet, le conseiller administratif vert François Baertschi. J'espère qu'il pourra y répondre bientôt.

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