mardi, mars 24, 2009

J-365 avant les 150 ans de l'Annexion!

savoie régions.jpgsavoie drapeau.jpgOù en sera le projet d'agglomération franco-valdo-genevois dans une année? Qui aura saisi le bâton de maréchal - que dis-je d'empereur - du Genevois? Cette région bénie du Dieu du Français Calvin, qui, comme chacun sait, étend ses marges incertaines des hauts du Jura jusqu'au sommet du Môle, de la Drance d'Abondance à la perte du Rhône, disparue sous les eaux du barrage de Génissiat. Qui, en un mot, sera le ministre genevois, ambassadeur de notre cité aux festivités du 150e anniversaire de l'Annexion de la Savoie à la France?

Dans un an exactement, nos voisins commémoreront le Traité de Turin d'Annexion de la Savoie à la France signé le 24 mars 1860. Le Traité suivi d'un plébiscite fit de ce territoire montagneux, dont les seigneurs furent si longtemps jaloux et ennemis de Genève, deux départements français, détachés du Comté de Nice. Lui même retranché de la province du Piémont et du Royaume de Sardaigne, qui donnaient naissance à l'Italie, tandis qu'un certain Henry Dunant forgeait l'esprit de la Croix-Rouge à Solférino, en juillet 1859.

Que de dates à la fois proches dans la géographie et lointaines dans l'inconscient collectif des Genevois. Il est vrai que la plupart d'entre eux ne sont que des citoyens "hors sol", souvent plus attachés à leur pays et cantons d'origine qu'à leur cité d'accueil. Que savent les élèves des écoles genevois de cette histoire fondatrice? Il est encore temps d'ajouter au projet d'agglomération FVG un supplément d'âme qui - soyons audacieux -  fassent enfin de nos voisins des amis, des frères et non plus des frontaliers.

 


Les radicaux qui, il y a 150 ans, faisaient la pluie et le beau temps à Genève auront sans doute l'occasion de rappeler l'action du conseiller d'Etat Abraham Tourte, dépêché par le Conseil fédéral à la Cour de Turin. Paul Guichonnet lui a consacré un gros ouvrage. Peut-être sera-t-il réédité? Les archivistes des deux Savoie, de Genève et de la Confédération ont dressé l'état des lieux des documents historiques. De quoi donner du grain à moudre aux historiens d'ici et d'ailleurs.

Les nostalgique de la Savoie aux Savoyards et des zones franches et neutres qui ont longtemps nourri Genève, les partisans de la Ligue savoisienne y trouveront sans doute quelques bonnes raisons d'alimenter le rêve de Denis de Rougement, l'Europe des régions. Sans revenir à l'éphémère département du Léman, les Genevois devraient profiter de cet anniversaire pour se donner enfin l'arrière-pays qui leur a toujours fait défaut.

savoie 1860 fetes.jpg

 

Commentaires

Les seigneurs savoyards ne furent pas tous ennemis ou jaloux de Genève, vous savez. Le duc Philippe (appelé aussi Philippe de Bresse) avait écrit des vers dans lesquels il disait:

“Veuillez ouïr chanson piteuse
Qu’est faite d’un coeur marri ;
L’a fait Philippe de Savoie
En la prison où il s’est mis.
Recommande-moi à la croix blanche
Et à les gens de nos pays
Et à la cité de Genève
(Jamais non la pense voir),
A gentil comte de Gruyère,
Aux gentils Alamans aussi".

Les ducs de Savoie voulaient une part des profits commerciaux. Mais l'évocation du duc Philippe montre bien qu'il aimait Genève. Bonnivard lui-même appartenait à la noblessze savoyarde. Je pense que les seigneurs ont été vexés par le refus des Genevois de payer des taxes au Prince. Mais globalement, ils ont aimé Genève.

Écrit par : Rémi Mogenet | mercredi, mars 25, 2009

Les zones franches: créées après le "pairage" de la Savoie et de la France pour, soi-disant, favoriser les échanges commerciaux entre Genevois suisses et Savoyards français, force est de constater qu'aujourd'hui ces zones franches ne profitent qu'aux marques de voitures japonaises! Aujourd'hui encore ces zones franches sont indiquées sur les cartes routières, qui ne profitent, en fait, qu'aux Japonais. Contrairement à l'Alsace et à la Moselle, les pays de Savoie et de Gex, eux, n'ont pas su garder les spécificités juridiques accordées à une partie de leur territoire (oubliées?). Or ces spécificités seraient plus que jamais vraiment utiles aujourd'hui: encore aujourd'hui, les entreprises suisses n'excercent pas sur Gaillard ou Gex, qui en auraient bien besoin pourtant, et les "francs-zoniens" sont obligés de faire appel à des prestataires de services situés sur Annecy ou Thonon, voire Lyon ou Grenoble, alors qu'il y a Genève juste à côté. Ainsi Ikéa Aubonne ne livre pas dans les zones franches françaises, et il en sera de même lorsque Ikéa s'ouvrira sur Genève. Encore aujourd'hui les douaniers français contrôlent les marchandises que vous faites passer de Suisses vers France (bien plus que les Suisses le font dans l'autre sens!) sans se soucier de savoir si vous êtes habitant franc-savoyard ou pas.

Alors, avant de parler d'accords bilatéraux ou de zone Schengen, peut-être que les Francs-Gessois et les Francs-Savoyards (les "Genevois français") devraient s'intéresser davantage aux spécificités juridiques auxquelles ils ont déjà droit, et les faire valoir auprès des autorités françaises.

Je n'ai jamais vu autant les douaniers français qu'aujourd'hui, alors qu'on ne voit plus les gardes-frontières suisses... Je n'ai jamais vu autant qu'aujourd'hui de barrières posées n'importe comment aux frontières françaises: leur diposition change tous les jours au bon gré du douanier du jour, et quand on passe la douane de Suisse vers France (et pas le contraire) on a vraiment l'impression d'être une vache de cheptel, et aujourd'hui plus qu'avant.

Écrit par : Liam | samedi, mars 28, 2009

Exactement un an plus tard, nos voisins vont célébrer le 150 anniversaire de l'adhésion de Turin d 'annexion de la Savoie à la France. Qui prendra le bâton de maréchal? et quand le projet d'agglomération franco-valdo-genevoise au cours de l'année? Nous verrons dans un an.

Écrit par : Maria | dimanche, mars 29, 2009

Si je puis me permettre, les zones franches n'ont pas (ou n'ont plus) de rapport avec l'Annnexion: la zone du Pays de Gex a été imposée par Voltaire. Celle qui existe aujourd'hui en Haute-Savoie a les frontières de celles de 1815. La zone de 1860 a été supprimée officiellement, et elle l'a été avec l'accord de Berne, quoique contre le désir des Genevois (et aussi des Savoyards concernés, mais ceux-ci ont reçu une compensation individuelle pour le manque à gagner: la suppression de la zone leur a été achetée; car tout s'achète, de nos jours, même la liberté de commercer à volonté!). Cependant, l'Annexion a favorisé l'expansion de l'état d'esprit propre au Pays de Gex et hérité de Voltaire, en Haute-Savoie.

Écrit par : R.Mogenet | jeudi, avril 02, 2009

Sans oublier ceux qui se battent pour la moindre des choses: une région Savoie réunissant les deux départements savoyards!

Savouè abada, comme on dit en arpitan!

Écrit par : dahu | jeudi, septembre 24, 2009

Les commentaires sont fermés.