mercredi, février 25, 2009

CEVA: le syndrome stade de Genève?

rer la plaine cornavin.pngSoixante-six millions pour réduire le bruit des trains et 41 millions pour régler les quelque 300 remarques et demandes de l'Office fédéral des transports le 5 juin 2008 dernier. Pas un franc pour l'inflation courue depuis le vote genevois du crédit cadre du CEVA de 400 millions de francs fin juin 2002 (auquel s'ajoute les 540 millions de Berne). On peut l'évaluer à au moins 6% pour le génie civil, soit 60 millions, si l'on en croit l'indice des prix du génie civil de l'OCSTAT.

La Tribune de ce matin indique une facture finale de 1,47 million de francs sur la base des des soumissions des entreprises, soit une hausse de 300 millions ou une inflation de 30%! Manifestement le crédit supplémentaire du gouvernement a été dimensionné à la baisse... Un détail sans doute. Robert Cramer, flanqué des conseillers d'Etat Unger et Muller, espère donner le premier coup de pioche avant la fin de son mandat.

Il faudra donc que le Grand Conseil bouscule son ordre du jour plétorique pour adopter en urgence ce gros bonbon, qui représente 11% de la facture initiale du Cornavin Annemasse version 1912. Déjà l'UDC est en embuscade. Que feront les libéraux qui ont soutenu l'initiative des opposants? Un référendum en septembre? Les jeux sont faits. La crise aidant, les Genevois voteront les yeux fermés. Le premier crédit d'une longue série de rallonges?

Le chantier pourrait démarrer demain, insiste le Conseil d'Etat, qui a décidé de faire recours auprès du Tribunal fédéral contre le refus par le Tribunal administratif fédéral d'accorder la levée de l’effet suspensif des recours pendants. CFF et autorités genevoises estiment notamment, indique le communiqué de presse de cet après-midi, que "toutes les charges de l'OFT ne les empêchent pas de commencer les travaux".


Aveuglé par la perspective du chantier du siècle, le député radical Barrillier, secrétaire de la Fédération des métiers du bâtiment, pousse un gros ouf de soulagement dans un communiqué qu'il cosigne avec sa consoeur socialiste Elisabeth Chatelain. Ils n'hésitent pas à donner dans la surenchère: "...le réseau RER rapide irriguant la région dans un rayon de 60 kilomètres et desservant 40 gares pour près d’un million de personnes." On attend toujours une véritable étude de marché et non des déclarations à l'emporte pièce dénuées de toute réalité.

cle tram train st ju.pngPlus réaliste, le Conseil lémanique pour l'environnement sait bien que le CEVA n'est pas la panacée annoncée, même s'il le soutient aussi à fond. Il tape sur un autre clou  depuis quelque temps: la construction urgente du tram de Saint-Julien munie d'un troisième rail pour y faire circuler un tram-train depuis Nyon... Ce qui n'est pas une mauvaise idée. (lire ici et cliquer sur la carte ci-contre pour l'agrandir

Le Conseil d'Etat espère terminer les travaux pour 1915. Pour fêter le bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération?

Errare humanum est, perseverare diabolicum, aimait à rappeler un ancien maire de nos communes. Pour ses 200 ans de mariage avec la Suisse, Genève devrait réfléchir à réaliser une deuxième ligne CFF qui le relie à la Suisse et renvoyer le CEVA, qui mettra Evian à 1h17 de Cornavin, en 2040. Il s'agit juste d'inverser les priorités.

JFM

Ci-dessous l'animation vidéo du CEVA

NB. Ce blog porte un regard critique sur le développement de la métropole genevois qui ne s'étend pas qu'aux frontières genevoises ni aux fontrières du projet d'aglomération franco-valdo-genevois, mais à une cercle d'une grosse centaine de kilomètre autour de son aéroport qui est l'infrastructure clé du XXIe siècle, celle qui le relie au monde, aussi essentiel que le la ligne des Carpates qu'empruntera bientôt le TGV mettant Genève à à peine trois heures de Paris guère plus qu'il n'en faut aujourd'hui pour aller à Zurich pourtant moitié moins loin que la capitale française. Une deuxième à 250 kilomètre de Genève à Berne en passant par Payerne permettra de libérer la ligne du lac pour un RER Genève Lausanne vraiement efficace et avec de vraies perspectives d'avenir.

Commentaires

Pour préciser, la proposition du CLE est tout à fait complémentaire au CEVA et ne peut absolument pas être mise en opposition (et n'a rien à voir avec l'absurde proposition des anti-ceva). Il s'agit d'un tram-train capable d'utiliser les voies de la SNCF sur France et une voie sur Suisse vers La Praille, mais après le CEVA. Le CLE soutient comme mentionné le CEVA à fond.
Cela dit sur un Genève-Bellegarde la double voie CFF restera plus rapide.
Pour en revenir au CEVA sa concrétisation est aujourd'hui nécessaire. L'agglomération se développe côté français et les transports doivent suivre. Couplé à la réalisation progressive d'une 3ème voie jusqu'à Lausanne et un réseau performant de trams pour une desserte fine, le RER FVG permettra la mise en place d'un vrai réseau de transports d'agglomération. Des surcoûts étaient prévus depuis longtemps dans la mesure où le projet s'étale sur dix ans et que des adaptations sont toujours nécessaires dans un projet d'une telle ampleur.
Ces surcoûts sont d'ailleurs bien maîtrisés par les maîtres d'ouvrage et permettent d'adapter les mesures de sécurités et d'apporter des améliorations importantes.
Le CEVA est nécessaire pour la région et ne peut être abandonné, Berne en finance une partie très importante et Genève n'a aucune certitude de revoir cette manne fédérale pour un autre projet!

Salutations. Eric

Écrit par : eric | jeudi, février 26, 2009

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