lundi, février 23, 2009

Genève 2020, Genève 2030: Pagani contre Cramer?

pagani.jpggeneve2020 pd ville mars 09.jpg"Genève, cœur d'une agglomération de presque 800'000 habitants, redéfinit aujourd’hui le rôle qu'elle entend jouer en tant que centre durable d'une région transfrontalière en plein essor." C'est ainsi que la Ville de Genève annonce ces jours sur son site internet la consultation populaire qu'elle lance à propos du rapport de synthèse du plan directeur communal.

Du 3 mars au 1er avril, l'autorité en charge de l'urbanisme dressera une exposition intitulée « GENEVE 2020, RENOUVELLEMENT DURABLE D’UNE VILLE CENTRE » à la Bibliothèque de la Cité, 5, place des Trois-Perdrix et organisera trois conférences/débats au Muséum d'histoire naturelle les 5, 12 et 26 mars. Ces consultations citadines sont-elles en phase avec le projet d'agglomération franco-valdo-genevois 2030? Le ministre du territoire Robert Cramer n'a pas été invité à la première conférence de presse du 5 mars.

Cette consultation tombe néanmoins à point nommé. Elle devrait répondre aux partis de la Ville qui réclament des états généraux de la mobilité (et ici) - n'étaient-ils pas au courant de ce vase projet quand ils ont déposé leur motion? - et permettre à la première commune du canton et à ses 185'000 habitants de dire son mot sur le projet d'agglomération, pour laquelle elle ne semble que très marginalement concernée.

Le rapport de synthèse mis en discussion est l'aboutissement d'un long processus qui a passé, comme l'étude des PACA en cours au plan cantonal et régional, l'épreuve du feu de la démocratie participative. C'était en automne 2007, le 30 septembre pour les élus, le 26 novembre pour la société civile. On en trouvera l'essentiel dans le documents Synthèse des Forums participatifs mis en ligne sur le site de la Ville. Et l'on constera que l'exercice relève surtout de l'alibi. Pagani en Ville, comme Cramer au niveau du canton, garde la main.

On notera également que nombre de paramètres, notamment les comparaisons avec les autres communes urbaines, par exemple les densités habitants ou emplois par hectare, sont sujet à caution, car la commune de Genève est très peu étendue. Elle atteint donc facilement des densités élevées. Si la commune politique s'était développée à la vitesse du peuplement, ses limites atteindraient au moins celles de la couronne urbaine et peut-être celles du canton. Cette sclérose des frontières politiques héritées du XIXe et du début du XXe siècle participe largement de l'absurdité des débats communaux actuels en matière d'aménagement du territoire.

Bien qu'elle dispose encore d'un potentiel important en matière de logements, la Ville a ainsi revu ses prévisions de contruction à la baisse, échaudée par les référendums et les initiatives des années 90 soutenues alors par un certain Pagani. Cramer, qui sait pourtant qu'une ville écologique est une ville dense, propose de loger les Genevois en campagne et en France voisine, si possible le long des lignes de trams. Les deux compères tirent donc à la même corde, au grand dam des pendulaires, citoyens sans voix d'une métropole non démocratique. Au fait, Pagani devrait briguer le poste de Cramer.


Les Forums participatifs sont en Suisse à l'état embryonnaire. Notre démocratie directe a habitué les citoyens à dire non au terme des étapes d'élaboration des projets. La démocratie participative, expérimentée dans les pays où le pouvoir des élus déterminent essentiellement le cours des choses, se propose d'associer les populations et surtout les associations dès l'élaboration des projets. Ainsi fut donc fait en automne 2007 pour le plan directeur de la commune de Genève. Cependant les experts tiennent du début à la fin le micro et la plume. Ainsi le document "Synthèse des forums participatifs" est le fait de deux pros: Richard Quincerot (Permis de construire), auteur du plan directeur de la Ville 1993-2005, et Claudia Bogenmann (equiterre).

"Pour pouvoir négocier, écrit Quincerot, il faut d'abord savoir qui négocie et autour de quelle table de négociation. Tel a été le sujet central des Forums: moins une tractation entre des acteurs définis préalablement, qu'une discussion sur l'acteur Ville de Genève, ses atouts, ses faiblesses et sa position dans un paysage institutionnel en mutation. Il a donc fallu rassuré les gens. Non, le monde ne change pas si vite que l'on ne puisse en dessiner les contours ; non, la Ville de Genève n'est pas malmenée par le sort au point de renoncer à jouer un rôle actif dans
l'agglomération franco-valdo-genevoise.

Et d'abord qu'est-ce que la Ville de Genève? "Créée il y a deux siècles, supprimée à la Restauration, rétablie par J. Fazy, amputée de compétences majeures en 1930, périodiquement menacée de suppression ou de fractionnement, l'institution «Ville de Genève» n'a pas une existence tranquille, relève Quincerot. Aujourd'hui, la Ville s'inscrit dans une relation triangulaire entre communes, canton et agglomération transfrontalière. Que promet le chantier de la Constitution genevoise? Peut-on en espérer de nouvelles compétences qui lui permettraient de conduire une politique urbaine plus reconnue et, partant, plus efficace?

C'est tout. Des questions? Et comme le désemparement des acteurs, frappés par la complexité des enjeux, le déficit de la représentation politique de milice et les actuelles mutations institutionnelles, économiques, sociales et environnementales.

Bogenmann Claudia equiterre.jpgBogenmann tente la synthèse des ateliers. Côté logement, il y a des potentialités en ville, à Cornavin-Montbrillant, Châtelaine, Praille-Acacias-Vernets et à la Jonction. Cornavin-Montbrillant et le PAV apparaissent également comme des poumons économiques d'avenir. Mais les contradictions et les tensions surgissent quand on parle mobilité. Quant aux outils, il fut largement question d'une politique foncière active de la ville, du partenariat public privé mais peu des contrats de quartier ou de la coopération intercommunale ou régionale.

Deux tableaux synthétiques sont proposés, le premier émane des ateliers "Administrations", le second des Forums citoyens. Les seconds semblent plus vitalement préoccupés par le logement et les espaces verts. Tandis que s'agissant de la mobilité, les citoyens réclament sans ambiguïtés une ville et des quais sans voitures. Ils placent s'agissant de l'économie leur espoir dans la Genève Intenationale et l'économie solicaire et sociale et la culture.

Les différences sont donc sensibles entre les deux groupes. Lequel dit mieux les préoccupations des populations et des intérêts économiques de la Ville?

Coup de coeur Administrations

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Coups de coeur citoyens
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JFM

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