dimanche, janvier 04, 2009

Berne sauvera-t-il Genève

tg agglo 4 janv 09.pngUn million d'habitants en 2030, Genève est-elle prête? La question posée par mon confrère Christian Bernet dans la Tribune de cette fin de semaine est pertinente. Et l'on peut aujourd'hui douter que la réponse soit positive. Pourtant il faut reconnaître un certain mérite à Robert Cramer, celui d'être finalement monté dans le train des agglomérations. Berne promettait en effet de distribuer plus de trois milliards de francs pour des projets d'infrastructure à condition que les cantons déposent leurs voeux avant le 31 décembre 2007.

A marche forcée, Genève a bouclé son projet d'agglomération franco-valdo-genevois le 5 décembre de l'an dernier. Dans la foulée Robert Cramer a lancé des plans d'aménagement coordonnés. Manquent encore quelques conditions pour transformer l'essai:


JF Mabut

 

 

 

Commentaires

Cette projection de 1 million d'habitants est hasardeuse mais possible. Disons que les projets de liaison par le rail avec l'Ain et la Hte Savoie sont à développer au plus vite, que le projet du PAV puisse se concrétiser au plus vite car la lenteur de l'administration et des politiques genevois sont tout simplement édifiants....

Écrit par : demain | lundi, janvier 05, 2009

Genève, en 2009, n'a toujours pas les effectifs de policiers nécessaires, alors qu'en sera-t-il de la Genève de 2030 ?

Gouverner ... est-ce encore prévoir ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, janvier 07, 2009

Le chômage augmente ! Aucune importance : Après les votations du 8 février, il tombera à 0 suite au résultat de ces votations. En effet, le résultat qui va tomber sera certainement NON car si c’est le contraire, cela signifierait que le peuple Suisse est un concentré de gogols !
Ensuite il serait assez naturel que la Micheline fédérale démissionne le lendemain pour retourner vivre dans son HLM du Grand Lancy. D’autres démissions à Berne (fédéral) et Genève (cantonal) devraient intervenir.
Ensuite, les frontaliers vont rentrer chez eux, les grandes maisons internationales vont repartir, l’immobilier va se casser la gueule, les loyers vont baisser, les suisses retrouveront leur place de travail et leurs appartements. Les prix vont baisser avec les salaires et nous vivront bien mieux sans la compétitivité étrangère que l’on nous a importée de force.
Effectivement, le fait que l’Europe nous donne un ultimatum : soit vous votez oui à la venue des roumains st des bulgares et les bilatérales continueront ou vous votez non et il n’y aura plus de bilatérales. Et bien NON, ce n’est pas l’Europe qui est actuellement dans une triste situation qui va venir nous dicter notre façon de vivre. Nous avons déjà assez de problèmes avec nos dirigeants politiques qui sont pratiquement tous des épaves. Le seul que je respecte, mis à part Blocher, c’est Sarko qui est le seul qui s’implique pour essayer de faire quelque chose. Le nouveau Conseiller fédéral UDC n’est qu’une marionnette qui pour sa place s’est abaisser à ne dire et faire que ce que les autres guignols lui impose. Donc à ce jour au niveau fédéral on a plus rien et au niveau cantonal c’est pire. On a donc qu’une solution, c’est vivre pour nous et voter NON le 8 février.

Écrit par : cheval | vendredi, janvier 09, 2009

1) Les Frontaliers vivent en France, pas en Suisse.
2) Les Kosovars vivent et travaillent en Suisse, pas en France.
3) La France voisine accueille les Suisses les bras ouverts depuis 2005; si certains snobs ne veulent pas venir s'installer en Gaule barbare, qu'ils ne s'étonnent pas que l'immobilier sur Genève soit hors de prix. Genève offre du travail, et la France des maisons à 50% moins cher, à 20mn de bus du centre de Genève... Il faut en profiter!
4) Les grandes maisons internationales ne vont pas repartir de Genève car c'est l'Etat de Genève qui les incitent à venir s'y installer, à cause de la fiscalité intéressante. Enfin ce sont ces mêmes entreprises qui font vivre Genève, et qui, indirectement, surement, font vivre même ceux qui ne travaillent pas dans ces "grandes maisons". De quoi vivrait Genève autrement: de son agriculture? de son tourisme? Il n'y a que les riches Arabes qui visitent Genève... ah si, il y a aussi la famille des frontaliers (un peu moins riches, les pauvres...)
5) Enfin, je suis choqué qu'on considère des frontaliers de même culture comme des "étrangers". Pour moi un Wallon, un Français, un Monégasque, un Luxembourgeois ou un Romand sont des gens de cultures similaires. Je ne pense pas qu'un Allemand considère un Autrichien comme un étranger, qu'un Flamand voit un Hollandais comme un étranger, ou qu'un Danois voit un Suédois ou un Norvégien comme un étranger. Autres exemples: la République irlandaise octroie d'office un passeport à tout britannique de l'Ulster qui en fait la simple demande, parce qu'elle considère les Nord-Irlandais comme des Irlandais. Je pense aussi à ces Russes d'origine allemande que l'Allemagne a accueilli récemment 200 ans après leur implantation en Russie sous la grande Catherine, et à qui l'Allemagne a (re)donné la nationalité allemande, 200 ans après... Et aussi aux Anglais qui octroient le passeport britannique à toute personne pouvant prouver que son grand-père était anglais...
Enfin, il ne faut pas oublier que tous les Européens se protègent les uns les autres. La Suisse est neutre, mais si elle n'était pas entourée de pays faisant partie de l'Otan, qui sait si les Russes n'auraient pas traversé l'Autriche et le Liechtenstein après avoir débarqué en Hongrie?
Cette discussion est symbolique de notre époque: on ne pense qu'à l'argent, est on oublie la culture. Je ne te parle pas de bouquins, ni de films. Je parle de civilisation.
Et la morale chrétienne dans tout ça?
Qu'aurait pensé Calvin de tout ça? (tiens, c'était un frontalier lui aussi!)

Écrit par : Liam DUHAMEL | samedi, janvier 10, 2009

A l'heure de Schengen, et vu le caractère fédéral de la Suisse, rien n'empêche Genève de s'associer à la France pour négocier son rôle de capitale transfrontalière.

La France est le 3e plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine, et pourtant elle n'a que 63 millions d'habitants, contre plus de 80 millions d'habitants en Allemagne, dont la superficie est bien inférieure à la France. Il y a donc de la place en France, et je pense que Genève peut négocier son rôle de capitale franco-genevoise avec la France, dont cette partie de territoire n'est pas très peuplé et garde encore un caractère rural.

De nos jours, tout ce négocie: la Corse et la Polynésie françaises ont des statuts spéciaux au sein de la France, la Catalogne aussi au sein de l'Espagne, et puis les cantons suisses les uns vis-à-vis des autres aussi. Genève peut négocier des territoires en "leasing" en sol français en échange de facilité d'emploi pour les Français, et une "French Genevan Greater Geneva Authority" pourrait être créée dans laquelle Genève pourrait négocier son autorité en échange de l'octroi de fonds à la France pour l'aménagement du Genevois français.

Pour résumer, le canton de Genève pourrait négocier l'octroi de territoire en leasing et sa participation au pouvoir décisionnel sur le Genevois français en échange de subsides.

Écrit par : Liam DUHAMEL | samedi, janvier 10, 2009

Liam,

J'apprécie beaucoup vos commentaires, qui reflètent votre érudition et votre culture. Cheval semble oublier que les futurs logements à Ambilly seront construits sur sol français ! Mais, ne vous fatiguez pas, à essayer de convaincre Cheval, je crois qu'il y a des choses qu'on ne peux comprendre qu'après avoir acquis un certain niveau intellectuel.

Bien à vous,

Écrit par : Café | samedi, janvier 10, 2009

bien sur la majorité des danois considère un norvégien comme un étranger. bien sûr une majorité de hollandais considère un flamant comme un étranger. bien sûr une majorité de suisses romands considère un français comme un étranger. les différences culturelles sont fortes des deux côtés de la frontière de l'agglomération. ces différences ne nous interdisent bien sûr pas de bien nous entendre, au fond. mais de là à faire fi de frontières nationales!!! ceci dit, l'idée est généreuse et reverra peut être le jour sous une forme ou une autre, tant il faut replacer la notion de frontière dans une perspective historique pour se rendre compte du caractère finalement récent du concept d'état nation. quel intérêt a aujourd'hui Genève à un rapprochement avec la région frontalière française. l'aire de jeu de Genève, c'est le monde, c'est la lutte d'influence avec les autres métropoles de la planète. Genève fait partie des quelques "villes monde" dont l'aura dépasse naturellement ces considérations "locales". aux Français de se battre pour avoir une part du gâteau. Genève ne cèdera rien et fera en sorte de maintenir la zone frontalière dans son orbite de dépendance forcée. d'ailleurs le projet d'agglo est aujourd'hui concrètement sous "maîtrise d'ouvrage de l'Etat de Genève. l'autorité ne se négocie pas.

Écrit par : kriekou | jeudi, janvier 15, 2009

Je cite le message précédent: "Genève ne cèdera rien et fera en sorte de maintenir la zone frontalière dans son orbite de dépendance forcée. d'ailleurs le projet d'agglo est aujourd'hui concrètement sous maîtrise d'ouvrage de l'Etat de Genève. l'autorité ne se négocie pas". Fin de citation...

Effectivement, si l' "agglo" se situe intégralement à l'intérieur des frontières de Genève je comprends bien qu'il n'y ait pas d'autorité à négocier. Négocier avec soi-même c'est très facile, et on tombe souvent d'accord avec soi-même! Donc, si je comprends bien, l'Etat de Genève ressent le besoin d'une agglo transfrontalière, mais qui serait néanmoins située intégralement à l'intérieur des frontières de Genève?

Et puis ça voudrait dire que l'Etat de Genève travaille pour rien: il assure la maitrise d'ouvrage pleine et entière d'une l'agglo "intra-Genève-mais-trans-frontalière" (!!) alors que, selon ce que je lis en haut, Genève n'aurait aucun intérêt à un rapprochement avec la région frontalière française... Très intéressant comme point de vue...

Et comme "l'aire de jeu de Genève, c'est le monde", Genève pourrait créer une agglo avec Moscou ou Dubai, aux moins les gamins se retrouveront entre semblables à la crèche! Mais ça sera peut-être un peu long d'aller chercher les gamins après le boulot. Il faudra agrandir Cointrin pour parquer les hélicos privés. Il faudra l'agrandir sur le lac Léman, je ne vois pas d'autre alternative...

Soyons réalistes ou pragmatiques, et atterrissons: je crois que l'intérêt du rapprochement c'est simplement de "souffler" un peu sur le plan du logement, et de ne pas urbaniser davantage le canton de Genève. A moins qu'on veuille que Genève ressemble aux Avanchets ou à Thônex partout? Un petit Singapour? Un Dubai? Super... Et puis, c'est vrai, mieux vaut avoir des immigrants russes et américains, que des Français pauvres qui "quémandent une part du gâteau". De toute façon, on parle de moins en moins français sur Genève, c'est tellement plus hype de parler anglais.

Mais quand on voit tous les Suisses qui vivent en France et les plaques suisses sur les parkings des supermarchés français, franchement, des raisonnements du style "part du gâteau" ça me fait trop marrer. Même la Migros a trouvé le moyen d'ouvrir des centres en France. Alors, le gâteau il y en a pour tout le monde et on peut se le partager.

Écrit par : Liam | vendredi, janvier 16, 2009

je rejoins partiellement kriekou. le projet d'agglo est dans les faits sous maîtrise d'ouvrage de l'Etat de genève, même si les études et les financements concernent aussi le territoire français. les PACA en sont un bon exemple. les collectivités françaises n'ont que le titre d'invitées et la procédure est issue du droit de l'aménagement helvétique. c'est d'ailleurs logique. le projet d'agglo tel qu'on le connaît repose initialement sur les politiques de "métropolisation" de la France et de la Suisse. la version française est aujourd'hui portée disparue (pas de lignes de crédit, pas de chargés de mission dans les ministères). ce sont donc les objectifs suisses de métropolisation, axés sur les transports (et aussi pour répondre à Liam sur la densification de l'urbanisation autour des tram et du CEVA, c'est à dire du coeur de l'agglo), qui sont aujourd'hui retenus et c'est Berne qui finance. et visiblement le principe "qui paye commande s'applique aussi dans notre bassin de vie".
sur les reste, quand on parle de "genève" il faut préciser qui on vise. la Genève politique, qui rapporté au fonctionnement français ne détient que peu de leviers de pouvoirs finalement; la Genève économique dont l'élite, très influente y compris dans les milieux politiques considère au mieux le genevois français comme un réservoir de prolétaires; la genève internationale, qui est à bien des égards extra territoriale.
la genève politique est engagée dans le projet d'agglo, mais surtout pour bénéficier des fonds alloués aux infrastructures de transport. la Genève économique, surtout ses milieux fermés regroupés en clubs influents est plutôt contre si cela aboutit à donner au genevois français des armes pour concurrencer Genève (pour caricaturer un peu au territoire suisse les activités à forte plus value, au genevois français les zones commerciales linéaires et encore en essayant de pomper aux enseignes françaises des clients, d'où les implantations MIGROS), sa priorité est de maintenir l'attractivité internationale de la place et à ce titre le projet d'agglo est hors d'échelle. la genève internationale se fiche complètement de ce projet.
tous en tout cas considèrent avec évidence que Genève est déjà la capitale du bassin lémanique et que la priorité est de maintenir sa place de métropole internationale.
le projet d'agglo est encore au stade du concept: les élus et techniciens apprennent à se connaître, à cerner leurs profondes différences. sur ce terreau s'engageront sans doute dans plusieurs années des projets communs et là la question de la personnalité juridique du bassin genevois pourra être reposée.

Écrit par : jaimé élesdé | samedi, janvier 17, 2009

C'est faux de dire que "la Genève économique considère le Genevois français comme un réservoir de prolétaires". Le Genevois français est un réservoir de logements, pas de prolétaires, et beaucoup de Suisses aujourd'hui vivent en France, et il y en aura de plus en plus dans les années à venir.
Et le statut de Genève n'est pas à remettre en cause: Genève est une place financière incontestable, et c'est effectivement logique que ce soit celui qui paie qui ait davantage de pouvoirs de décisions.
Et puis Genève n'est internationale que grâce aux financiers d'origine étrangère qui y travaillent et les riches étrangers qui y ont un compte en banque ou qui y font du business par téléphone interposé. Pour eux Genève est un instrument, pas une "nation". Ces gens-là n'ont pas d'attachement sentimental pour le Canton, contrairement à ce que peut ressentir un Savoyard pour sa région, ou un Valaisan pour le Valais. Quant à certains Genevois eux-même je les trouve très petit-bourgeois et pas très "internationaux" dans leur tête. Mais je soupçonne les néo-Genevois d'être plus petit-bourgeois que les vrais... C'est comme à Paris, les provinciaux et les nouveaux-riches veulent toujours vivre dans le centre, et les Franciliens de vieille extraction vivent dans l'Ouest d'Ile-de-France, hors de Paris.
Quant aux pouvoirs publics français, je trouve effectivement regrettable qu'ils n'investissent pas davantage dans la région (infrastructures, transport, beauté de l'urbanisme).

Écrit par : Liam | samedi, janvier 17, 2009

Les commentaires sont fermés.