mercredi, octobre 08, 2008

Des logements à La Praille? Légitime mais pas idéal!

tg 8 oct sondage.pngPlus de logements à La Praille? La demande des lecteurs de la Tribune est légitime. Les habitants de la région souffrent tous de la pénurie. Le manque de logements a plusieurs effets pervers: elle pousse les loyers genevois à la hausse, elle augmente le trafic automobile des travailleurs forcés de se loger hors du canton, elle enrichit indûment les propriétaires. Ces sujets seront-ils abordés ce soir au débat qu'organise la Tribune à Uni-Mail?

De fait, une majorité des citoyens genevois - la moitié de la population du canton - n'a pas encore compris que le seul moyen de rompre ces trois cercles vicieux dommageable au bien commun, ce n'est pas, comme le leur dicte l'ASLOCA, plus de régulation et plus de contrôle, mais c'est plus de logements qui faut offrir sur le marché genevois. Construire à La Praille n'est cependant pas la meilleure solution, sauf si l'on y construit des tours de logements.


Un traiteur bien connu  sur la place de Genève, qui a récemment émigré au coeur du quartier de La Praille, m'expliquait récemment combien le va-et-vient de ses véhicules de livraison jusque tard dans la nuit posait des problèmes de parking avec les autorités et de cohabitation avec les voisins. Depuis qu'il est en zone industrielle, il n'a plus ces problèmes - enfin presque plus - et les habitants dorment en paix. La mixité logements, commerce et industrie qu'on fait miroiter à la Praille est un non sens.

Sauf si l'on installe les logements à 100 mètres de hauteur. Encore faudra-t-il au pied de ces immeubles aménager des trottoirs et des espaces de jeux et non des parkings pour les entreprises. 

L'autre problème crucial de la Praille et qu'on peine à introduire dans le débat, c'est que cette zone n'a rien à voir avec ces friches industrielles qu'on peut aménager presque librement. Point de grands hangars en ruine, point d'usines gigantesques abandonnées dans le périmètres, mais des centaines de PME logées dans des bâtiments qui sont loin de tomber en ruine. On n'a même laissé MédiaMark et le commerce de bureau Worldoffice s'installer le long de l'avenue des Acacias, ce qui est un non sens urbanistique.

Si l'on veut donc loger des habitants dans ce futur quartier, il faudra commencer par loger les entreprises qui y prospèrent et leurs employés dans d'autres zones industrielles à Genève. 

Construire des logements à La Praille, comme construire la cité de Bernex ou la cité transfrontalière de Plan-les-Ouates-Saint-Julien, c'est renoncer à construire la ville en ville. Dans les zones 3 de développement prévues à cet effet depuis 60 ans. Le plan Muller consistant à compter sur l'appart du gain des propriétaires des villas situées dans ces zones n'a semble-t-il pas eu l'effet suffisant escompté. Certains on engrangé le pactole (mille francs le mètre carré et le rachat de la villa à sa valeur à neuf). La plupart restent en place tout en profitant de la plus-value foncière. Mark Muller doit agir en homme d'Etat pas en défenseur d'une classe sociale!

J.-F. Mabut

 

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