mardi, octobre 07, 2008

Quel avenir, quelle gouvernance pour La Praille?

tg 6 octobre 08.png"Genève tient au logement social", "Carouge ne veut pas rater le train", "Lancy rêve de terrains de foot". L'art du titre est un art impossible. Comment en quelques mots résumer une intention, une politique sans la trahir ou sans tomber dans l'anecdote. La page 3 de la Tribune de Genève en offrait hier un parfait exemple à propos de l'avenir du quartier de La Praille Acacias Vernets, qu'on devrait d'ailleurs mieux appeler Basse vallée de la Drize et de l'Aire, lesquelles s'écoulent canaliser sous la route des jeunes. Une route construite dans le cadre d'un chantier social au temps de la grande crise des années 30. Surmontée au temps de l'ambitieux plan directeur cantonal 2000 - la Genève des 800'000 habitants - d'une voie centrale autoroutière, l'axe majeur du quartier est désormais l'artère principale qui draine la circulation automobilie du centre ville et, grâce à la bretelle de Plan-les-Ouates, raccorde ce tronçon longtemps orphelin au réseau international.


Les voies de communication sont le squelette du développement. L'autoroute des jeunes est la colonne vertébrale du quartier. Etonnamment dans les pages que la Tribune a consacrées au futur quartier qui fera débat ce mercredi soir à 20h à Uni-Dufour, il fut peu question de ces axes de circulation. Les tours accaparent l'attention. Le CEVA ne fait plus débat. Et la voiture, honnie par la pensée unique au pouvoir à Genève, est bonne pour être retenue à la frontière dans des parkings d'échange que Genève ne veut pas financer. Nous y reviendrons.

Les trois titres cités résument la position des trois municipalités impliquées dans le projet PAV. Trois communes dont les frontières invisibles et surréalistes suivent le cours enterré de la Drize et de  l'Aire justement. On conviendra sans peine que le développement de ce quartier est stratégique pour Genève et sa région. On s'étonnera donc que trois conseils municipaux sur quarante-cinq que comptent le canton se voient de facto octroyé un quasi droit de veto, qui dit bien le dysfonctionnement de nos institutions. L'exemple des communaux d'Ambilly et de nombre d'autres projets immobiliers sont là pour démontrer le pouvoir de nuisance des communes en regard de l'intérêt général du canton.

Dites-moi, s'agissant de la basse vallée de la Drize et de l'Aire, en quoi ce les habitants des Eaux-Vives ou des Pâquis ou du Petit-Saconex sont-ils plus légitimés à s'exprimer sur l'avenir du PAV que les habitants de Plan-les-Ouates ou d'Onex ou de toute autres communes du canton ou même des frontaliers qui travaillent sur le site?Quand donc les Genevois et leurs autorités prendront-ils la mesure de ce paradoxe et comprendront-ils qu'à projet exceptionnel il faut une gouvernance exceptionnel et adaptée?

[La carte ci-dessous - cliquer pour l'agrandir - illustre l'état actuel des frontières communales (trait vert) et les zones d'affectation des terrains. Pour le détail de la légende se référer au Système d'information du territoire genevois SITG]

pav plq et communes avec légende.pngCelle-ci pourrait prendre la forme d'une commune virtuelle à durée de vie limitée. Une commune spéciale qui serait créée par une loi du Grand Conseil soumise à référendum. Cette loi, véritable programme d'urbanisme, fixerait les objectifs du canton pour le PAV. Elle définirait l'autorité municipale ad hoc chargée de sa réalisation sur 15 ou 20 ans. Les communes territoriales concernées et le canton délégueraient des pouvoirs d'aménagement du territoire et de police des construction à cet autorité urbaine. Un conseil municipal composé pour moitié de membre élus tous les quatre ans par les habitants, les propriétaires et les travailleurs du quartier et, pour l'autre moitié, de membres élus par les Conseils municipaux des communes concernées et par le Grand Conseil surveillerait l'exécution de la loi cantonale et assurerait la transparence démocratique de ce projet.

Cette structure devrait évidemment rendre des comptes aux Genevois par voie de presse et de rapports au Conseil d'Etat. Elle serait évidemment soumise comme toute autorité à la surveillance de la Cour des comptes. D'éventuel changements stratégiques dans le programme d'urbanisme défini par la loi donnerait évidemment lieu à des votes du Grand Conseil, préservant ainsi l'intérêt général.

Voilà pour la partie institutionnel. A suivre.

J.-F. Mabut

Pour celles et ceux qui auraient manqué le début, voici les pages que la Tribune a publiées:

6 octobre 2008: La Praille va-t-elle vampiriser le centre?, L'avis des municipalités de Genève, Carouge et Lancy

3 octobre 2008: La Praille va coûter 5 milliards: qui paiera?

 2 octobre 2008: L'essor de l'Université dépend du PAV

 29 septembre 2008: Genève rêve de tours ,   Le PAV, cité dortoir et centre d'affaires

 26 septembre 2008: Créer un quartieroù il fasse bon vivre: possible à la Praille?, Les premières esquisses

 24 septembre 2008: Le PAV, un terreau déjà bien exploité. Des cardons aux rutilants gratte-ciel

22 septembre 2008: L'avenir de Genève se construit à La Praille, David Hiler: il nous faut de la place!

Commentaires

Tout le monde a toujours un mot à dire en Suisse... pour ça tout avance aussi..... à la Suisse

Écrit par : Claudia | mardi, septembre 22, 2009

Les commentaires sont fermés.