mardi, septembre 02, 2008

Bernex, La Praille, Ambilly: une idée pour sortir de l'impasse annoncée

proregio.pngA Bernex, en 2030, vivront 24'000 habitants et travailleront 9800 personnes. C'est le but que s'est fixé le projet d'agglomération franco-valdo-genevois. Mais ce rapport de 40% d'emplois est l'oeuvre des autorités de Bernex et du plus impliqué d'entre elles, Serge Dal Busco, ingénieur civil et président de l'Association des communes genevoises, qui a dit au ministre cantonal du Territoire Robert Cramer: "Tope-là! Bernex est d'accord de devenir un des futurs centres régionaux de la métropole Genève, mais pas question d'être une "cité dortoir". Nous réclamons un emploi par nouvel habitant."

L'administration cantonale a fait la grimace, mais le ministre a dit ok. Reste à mettre ce projet en musique. Et là Bernex peut innover et devenir un laboratoire démocratique de l'aménagement du territoire pour Genève. On en débat dès ce soir à 20 heures, à l'Ecole de Cressy. [cliquez sur le lien pour voir le programme, cliquez sur les images et les cartes pour les agrandir]


carte générale.pngToute cette semaine, les enjeux de cette ville nouvelle seront présentés et débattus à l'Ecole de Cressy, rue Edouard-Vallet 16, dans le cadre de la Fondation ProRegio. Ce soir, à 20 h., sous la bulle itinérante de ce qui était naguère le Forum économique et culturel des régions, Robert Cramer et Serge Dal Busco et leurs collaborateurs planteront le décor. Mercredi 3 septembre, il s'agira d'imaginer une ville, jeudi de définir les besoins de demain et vendredi des candidats à la Constituante diront quelle politique pour réaliser ce projet dans un mode de faire démocratique.
L’urbanisation des communaux d’Ambilly à Thônex, le développement du quartier La Praille Acacias Vernets ou encore le prolongement de la ville sur l’axe Plan-les-Ouates Saint-Julien posent tous un délicat problème de gestion démocratique. Comment en effet associer correctement les populations concernées, souvent promptes à préserver leur quiétude, et l'intérêt supérieur du canton ?
Comment accorder aux autorités communales un droit de cogestion sans que celui-ci ne se transforme en un droit de veto plus ou moins bien déguisé derrière des préavis négatifs, des initiatives (on se souvient de celle de Cologny contre l’urbanisation de la Tulette), des référendums (Ville de Genève) ou même la bronca générale contre l’urbanisation des communaux d’Ambilly (Thônex)?

Bernex ST Ju Anemasse.pngLes autorités de Bernex ont choisi d’être proactives. Elles ont longuement informé leur conseil municipal des enjeux, des opportunités et des conséquences de devenir à l'horizon 2030 une cité de quelque 30'000 habitants (en comptant la population de Confignon). Elles ont réussi jusqu'à présent à se faire entendre des autorités cantonales. Comment échapper maintenant au jacobinisme de l'administration centrale qui n'aura de cesse de vouloir imposer ses choix jusque dans le moindre détail ? Pas une commune qui ne se plaigne aujourd'hui de ce qui est considéré, à tort ou à raison, comme des diktats de l'administration ou des commissions spécialisées. Là c'est une toiture trop haute ou trop basse, là une route qu’empruntent les pendulaires sans égard pour le voisinage, là encore c'est la couleur gris foncé d'une façade (une mode paraît-il) qui met toute une commune en émoi.
Les enjeux à Bernex sont certes d’importance cantonale. Est-il pour autant justifié de priver les habitants et leurs autorités de toute autorité sur la ville à construire? Certes non! La subsidiarité - un mot aussi barbare que celui de constituante dirait Pascal Décaillet -  offre une solution. Une solution révolutionnaire à Genève qui a jusqu’à présent concentré tous les pouvoirs d’aménagement du territoire et de police des constructions au canton.
Bernex lignes directrices paca.pngL’idée consisterait à créer une commune virtuelle de la dimension de la future ville de Bernex. Cette commune virtuelle se verrait confier la totalité de la réalisation de la cité nouvelle. Elle disposerait, par délégation du canton et des communes territoriales concernées, des pouvoirs et des moyens nécessaires. Sur le plan démocratique, cette commune virtuelle serait dirigée par un maire directeur de l’urbanisme et de la police des constructions et de deux maires adjoints élus. Cet exécutif politique serait flanqué d’un Conseil urbain de dix-huit membres. Deux tiers seraient élus par les habitants concernés – en l’occurrence Bernex, Confignon et une partie d’Onex –, un tiers par le Grand Conseil, ces derniers représentant l’intérêt cantonal.
Au terme de son mandat d’urbanisation, vers 2025 ou 2030, cette commune virtuelle serait dissoute. A moins…, à moins que l’évolution des esprits n’en décide autrement. Et que les citoyens considèrent, somme toute, que les communes territoriales, qui auront durant tout ce temps conservé leurs prérogatives en matière fiscale, environnementale, culturelle, scolaire, sportive et sociale, peuvent être transformées en communes citoyennes, abandonnant toutes leurs prérogatives politiques à la nouvelle commune urbaine.
Une telle délégation de compétences et de moyens exigera la forme d’une loi cantonale ad hoc soumise au référendum obligatoire. De quoi garantir le débat démocratique, conforter le mandat et permettre l’adhésion de tous les citoyens.

J.-F. Mabut

Ecole de Cressy.pngPour se rendre à l'Ecole de Cressy, cliquez sur la carte

 

 

Commentaires

Attention que Bernex ne devienne une cité dortoir... Là est toute le danger...

Bernex est encore un charmant grand village... la population et les autorités en charge de ce dossier doivent y aller par étapes avec parcimonie dans le choix des constructions qui doivent fonctionner avec le village, faire un choix esthétique en matière de construcion que malheureusement Onex ou Meyrin en leurs temps n'ont pas pu avoir.

Je n'y comprends rien, on a un espace gigantesque entre la Praille-Acacias-Vernets-Jonction à réaménager, nous devons en priorité accélérer le processus de constructions en ville "construire la ville en ville" à proximité des infrastructures et des lieux de travail est La "priorité des priorités".

Pourquoi Cramer veut-il à tout prix déplacer les logements à Bernex, je pense que tout simplement, il y a une idée derrière la tête: Construire des logements à Bernex, cela lui donne une excellente justification pour avoir des crédits en masse pour construire sa ligne de tram Onex-Bernex.

Écrit par : demain | mardi, septembre 02, 2008

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