jeudi, juillet 03, 2008

L'agglo: une mayonnaise qui a de la peine à prendre

50'000 frantaliers géo référencés carte seulement 2005.pngBernex le 16 juin, Saint-Julien le 25 juin, une fraction de la "société civile" le 1er juillet. En septembre Veyrier, Saint-Genis et Annemasse. Puis Ferney, Ville-la-Grand-Thonon. Plus tard Vetraz-Monthoux-Bonneville, Etrembières-Saint-Julien? Et peut-être Nyon-Coppet-Divonne, entre lesquelles le maire de Coppet voudrait créer dès 2009 une ligne de bus dont il n'a pas le premier franc. Ainsi avance le projet d'agglomération franco-valdo-genevois. Par ellipses plus ou moins allongées, épousant fidèlement des lignes de transports publics à venir.  En langue technocratique, on appelle PACA les études de site qui démarrent. PACA pour périmètres d'aménagement coordonné d'agglomération. [Cliquer sur l'image pour l'agrandir. On aimerait bien que l'OCSTAT nous fournisse une carte des pendulaires vaudois]


Etonnamment, rien sur l'axe Vernier-Satigny-Bellegarde. Rien sur l'axe Aéroport-Versoix-Nyon. Rien sur l'axe Saint-Julien-Cruseilles-Annecy. Rien non plus sur Etrembières-Reigner-La Roche. Certes on ne peut pas poursuivre plusieurs lièvres à la fois. Mais il est étonnant tout de même que le projet d'agglomération ne commence pas par urbaniser les zones où une ligne de transport public existe. D'autant que c'est l'argument majeu du CEVA que de relier bientôt Nyon à Thonon, non? A défaut de relier Bellegarde à Carouge ou l'aérotport à Reigner, puisque le CEVA ne le prévot pas.

agglo selon l'observatoire.pngEt que penser des consultations mises en place - à la va-vite? - juste avant la pause de l'été? Elles sont pour le moins à géométrie variable. A Bernex, le canton, qui ne peut s'adresser qu'aux autorités communale, a dit mardi Robert Cramer (sic?), avait invité les conseillers municipaux des communes de la région. Le maire de Bernex, par ailleurs président de l'association des communes genevoises, avait décidé d'inviter toute la population. Résultat une assemblée de 200 personnes (sur 8000 habitants). Une affluence et un écho dans la Tribune de Genève qui ont réjoui le ministre du territoire. 

Dix jours plus tard, le 26 juin, jour de demi-finale de l'Euro, avec son compère Bernard Gaud, maire de Chevrier au pied du Vuache et président de la communauté de communes de Saint-Julien, Robert Cramer se retrouve devant une poignée d'élus à Saint-Julien pour présenter le PACA Genève Sud.Assembée sans doute intéressante, mais sans écho cette fois. 

Et le 1er juillet, à la caserne des Vernets (qui possède une aula excellente), une soixantaie de représentant de la société civile (n'écrivez pas la société civile, me précise un des fonctionnaires du projet d'agglo, nous ne savons pas vraiment ce qu'elle est..) écoute le conseiller d'Etat vert qui répète pour la troisième fois des défis à relever, des choix à faire, des axes connus, des conditions, des espoirs et des procédures que la plupart des membres présents connaissent déjà, mais que le Grand Conseil n'a jamais validé. Seul nouveauté, la présentation par le maire de Coppet du PACA Nyon Saint-Cergue qui serpente le long du Jura comme la ligne de chemin de fer qui gravit ses pentes. Nous voulons rétablir la ligne qui autrefois allait jusqu'au Rousses" déclare plein d'ambitions le magistrat vaudois.

Un beau défi sans doute mais un peu éloigné tout de même des préoccupations de l'ancien maire d'Annemasse. Robert Borrel lui est plus fier d'avoir enfin convaincu deux nouvelles communautés de communes, celle de Thonon et celle ce Faucigny Les Glières de renter dans le club du grand Genève. Il espère et s'investit pour y associer La Roche sur Foron. Quant à Cruseilles et à Annecy, l'avenir dira si l'agglomération genevoise pousse jusqu'aux Usses ou jusqu'au Fier.

Le ministre du Territoire genevois est bien conscient des limites de l'exercice actuel. Il compte y remédier en élargissant la commission extra-parlementaire d'aménagement du territoire à 50 membres, élus et représentants de la société civile. Un  projet de loi devrait être déposé prochainement à ce sujet. Cela suffira-t-il à combler le déficit démocratique d'un projet qui a vocation de dessiner la métropole genevoise à l'horiozon 2030?

JFM

 

[Cliquez sur les vignettes pour les agrandir. La première vient du site du projet d'agglomération, la seconde de l'Observatoire statistique transfrontalier]

Commentaires

L'ancienne ligne qui allait aux Rousses depuis Nyon allait en fait jusqu'à Morez, où se trouve une gare SNCF qui est une impasse. A Annemasse, des lignes d'autobus s'établissent. A Thonon, les projets fleurissent. Or, les voies nouvelles de Thonon rendront Genève accessible par Annemasse. Annemasse est comme la ville-frontière par excellence.

Pour ce qui est d'urbaniser les zones où des transports publics existent déjà, M. Mabut, c'est surtout le canton de Genève, qui me paraît concerné. Est-ce cela, que vous avez voulu dire ? Le tramway qui va jusqu'à Perly (je crois, en tout cas celui qui est orienté vers St-Julien) arrive au beau milieu des champs, n'est-ce pas. Robert Cramer n'a-t-il rien dit, sur ce sujet ?

Pour l'agglomération Faucigny-Glières, son président avait publiquement marqué son désir d'entrer dans l'agglomération transfrontalière : Borrel n'a pas eu besoin de faire grand-chose, pour le convaincre. Je crois qu'il en va de même du maire de Thonon.

Pour le bassin annécien, comme Annecy a été conçue comme devant succéder à Genève dans le département de la Savoie du nord, la Haute-Savoie reprenant le département du Léman en intégrant Annecy et sans Genève, à mon avis, il ne suffira pas d'attendre que cela se fasse tout seul.

Écrit par : R.M. | jeudi, juillet 03, 2008

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