mardi, juillet 01, 2008

Genève met un pied dans le Reblochon

reblochon.jpgagglo démarche participative.pngOù en est le projet d'agglomération franco-valdo-genevois? Robert Cramer et ses compères vaudois et français ont terminé lundi soir un petit marathon explicatif à la Caserne des Vernets, où une petite soixantaine de représentants de l'introuvable "société civile" ont assisté bien sagement à un point de situation et au lancement de six périmètres d'aménagement coordonné d'agglomération (PACA).

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Le magistrat vert avait affronté, le 16 juin, deux cents Bernésiens (qui seront 20'000 dans 15 ans) et, le 25 juin à Saint-Julien, une poignée d'élus des communes genevoises et françaises de Genève Sud (qui accueillera trente-deux mille nouveaux habitants d'ici 2025). Les axes de développement stratégiques étant posés, les 80'000 logements et les 100'000 places de travail associées attendus doivent désormais faire l'objet d'études plus détaillées dans le cadre de six PACA. Trois sont lancés: Bernex, Saint-Julien et Nyon-Saint-Cergue.

Trois autres démarreront en septembre: Veyrier, Saint-Genis et Annemasse et donneront lieu à semblable assemblée d'information. Objectif de ces missi dominici estivale, éviter la rébellion populaire à la Thonésienne qui a obligé le pouvoir central à redimensionner l'urbanisation des Communaux d'Ambilly.

Agglo Bonneville Glières.pngA noter que le périmètre du projet d'agglomération franco-valdo-genevois s'est agrandi de deux nouvelles communautés de communes françaises. Celle de Thonon et celle de Bonneville, qui s'étend jusqu'au plateau des Glières, haut lieu du célèbre Reblochon. [cliquez sur l'image pour l'agrandir]

Qu'est-ce qui justifie pareille conquête territoriale de la métropole genevoise, a demandé une voix de la société civile? La géographie circum Geneva appartient à nos amis français, a déclaré prudemment le ministre Cramer, qui n'est pas dupe des jeu politiques de nos voisins. Robert Borrel, lex-maire d'Annemasse, mais toujours conseiller municipal et donc président de la communauté de Communes d'Annemasse, a expliqué que l'Association régionale de coopération (ARC) qui rassemble les communautés de communes autour de Genève s'est constituée peu à peu. Et qu'il est dans sa dynamique qu'elle accueille les communautés de communes qui se trouvent dans la zone d'attraction de Genève. La Roche-sur-Foron devrait donc s'y associé, tout comme Cruseilles.

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Et Annecy, dont nombre d'habitants travaillent à Genève comme le démontre la carte d'origine des frontaliers? Un ange a passé sur l'assistance. Bernard Bosson, l'ancien maire d'Annecy, pourtant démocrate-chrétien comme feu Jean-Philippe Maître, a toujours décliné les invitations à un rapprochement des deux cités rivales. Son successeur ne semble pas mieux disposé. On sait aussi que la bretelle autoroutière qui va relier Annecy à Bardonnex à la fin de cette année est une volonté du député Bernard Accoyer (par ailleurs président de l'Assemblée nationale française) qui n'a pas réussi à conquérir la mairie de la capitale de la Haute-Savoie ce printemps. Une réalisation que le ministre du territoire genevois qualifie d'erreur grave d'aménagement du territoire. Et que conséquemment le projet d'agglomération ignore largement... Ce n'est pas le moindre de ses défauts.  (JFM)

 

Martine Roset, viticultrice  et maire de Satigny, et Robert Cramer. A droite, Nicole Surchat Vial Cheffe genevoise du Projet d'agglomération.

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Commentaires

Félicitations aux Genevois, M. Mabut. C'est vrai qu'avec la communauté d'agglomération de Bonneville, et aussi celle de Thonon, l'agglomération transfrontalière pénètre bien au coeur de la Savoie savoyarde, si je puis dire.

Annecy reste cependant un pôle économique fort, qui évidemment ne veut pas se voir aspirer. Je suppose que c'est aussi en tenant compte de la fierté des Annéciens, que des relations pourront s'établir. Présupposer qu'Annecy fait déjà partie de l'espace économique lémanique, alors même qu'il existe, depuis toujours (ou presque), des rivalités entre Annecy et Thonon, me paraît par exemple contre-productif.

Il existe bien sûr des moyens, pour séduire les milieux intellectuels annéciens, comme, par exemple, de s'intéresser à la cité en tant qu'elle abrita le prince-évêque de Genève, ou qu'elle fut fondée par le comte de Genève, même, ou que ses écrivains romantiques furent souvent tournés vers Genève (par exemple, Jacques Replat). Vous savez, Napoléon III, quand il a voulu charmer les Annéciens, a commencé par en faire un haut lieu du tourisme pour les Français en général.

Écrit par : R.M. | mercredi, juillet 02, 2008

(Et j'ajoute qu'Annecy ne sera pas séduite par l'image du reblochon, car elle a d'elle-même une idée plus élevée : elle ne pense pas que sa production puisse se réduire à un fromage, même excellent.)

Écrit par : R.M. | mercredi, juillet 02, 2008

Le projet d'agglo est riche et bien formulé. C'est pourquoi, je m'étonne que les axes principaux de circulation n'y soient pas ou très peu traités:
- troisième voie de chemin de fer Lausanne-Genève;
- troisième voie de l'autoroute Lausanne-Genève;
- liaison ferroviaire à deux voies Annemasse-Evian;
- prolongation du CEVA jusqu'à Annemasse;
- élargissement progressif à toute la région d'une carte UNIréseau (et d'abord avec la région nyonnaise);
- conséquences de l'ouverture de l'autoroute directe Genève-Annecy.
Nous n'y trouvons pas la moindre mention de prospective à plus long terme:
- traversée de la rade;
- contournement plus lointain de Genève par le pied du Jura;
- réhabilitation de la voie de chemin de fer Bellegarde-Divonne et prolongation jusqu'à Nyon; ligne des Carpathes;
- concept d'un RER lémanique Lausanne-Genève-Evian.
Si l'on comprend que le projet focalise sur la région proprement dite, les liens avec les problèmes plus larges ne peuvent être passés sous silence au moment où l'on sait que la population s'accroîtra de 200'000 habitants dans notre région, qu'elle grandira dans les mêmes proportions chez nos voisins (Ain, Haute-Savoie, Vaud).
On peut craindre que cette vision concrète et immédiate nous fasse passer à côté d'une conception plus large du développement de la région trans-nationale Rhône-Alpes (liaisons avec Lyon et Grenoble, jonctions aéroports Cointrin-Satolas...) au moment où Berne et Paris considèrent la regio genevensis comme une métropole régionale transnationale.
Cela n'enlève rien à la qualité des études actuelles s'il n'y a pas, derrière ces manques et ces "oublis", une volonté de freinage qui ne pourrait que profiter encore aux grands centres urbains plus lointains alors que nos atouts sont au moins équivalents.

Pierre Kister
ancien président de l'ARN (Aménagement de la Région Nyonnaise)

Écrit par : Pierre KISTER | mardi, juillet 15, 2008

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