lundi, avril 14, 2008

Pas de tram au centre-ville!

455935363.jpgUn tram à Annemasse? Un tram à Saint-Julien? Un tram à Saint-Genis? Un tram à Ferney? Les villes de la couronne frontalière rêvent du tram. Pas pour elle bien sûr, mais pour être raccrochées au réseau genevois. Pour entrer aussi dans le club sélect des villes ferroviaires, car le tram est devenu politiquement très correct et vous propulse n'importe quelle bourgade au premier rang de l'urbanité.


A l'exception de l'agglomération annemasienne, dont les 56'726 habitants (chiffre donné par le site de la mairie d'Annemasse) pourraient justifier ce mode de transport ferroviaire "léger, les autres cités n'ont pas besoin de défoncer leurs rues pour ce genre de système de transport extrêmement coûteux.

792607527.jpgSi le tram doit passer la frontière, c'est pour y quérir les pendulaires. Plutôt donc que de remonter les rues étroites des bourgs jusqu'en leur coeur, les lignes futures devraient déboucher sur d'immenses parkings d'échange sécurisés, où les frontaliers pourront changer confortablement de mode de transport. Il faut construire de véritables gares en périphérie facilement accessibles en voiture sans polluer les centres-villes ni les quartiers d'habitations. Ces gares deviendront forcément des centres commerciaux, comme le sont devenues toutes les gares du pays. 

Le tram d'Annemasse devrait arriver au centre commercial d'Etrembières. Le tram de Saint-Julien devrait passer par le futur parking sous le viaduc de Saint Julien avant d'atteindre la gare (cliquer ici Bardonnexpplusr.pdf). Le tram de Saint-Genis (Tramstgenis.pdf) devrait passer la centre commercial de Thoiry avant de terminer sa boucle un kilomètre plus haut sur la ligne ferroviaire (actuellement abandonnée) du Pays de Gex.

Mais nos politiciens rêvent d'un tram qui circule au pied de leur mairie.  

Ainsi le tram d'Annemasse hésite-t-il entre deux tracés  signalait la semaine passé l'hebdomadaire Le Messager. La coupure de presse que nous reproduisons ci-dessous soulève une autre question embarrassante. Il double sur toute sa longueur le tracé du CEVA. Au point que, du futur tram ou du RER, on ne sait lequel est de trop!

J.-F. Mabut

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Commentaires

Train ou tram, si on en discute, c'est pour mieux ne rien faire, M. Mabut. En fait, cela revient au même. Ensuite, j'ai vécu aux Rousses, et dans la vallée de Joux, il y a des trains partout.

Et comment en cacher la raison ? Ce qui rapporte le plus, à l'Etat, c'est l'impôt soit prélevé sur les entreprises, comme en France, soit prélevé sur les plus gros salaires, comme en Suisse. Or, les plus gros salaires de Suisse vivent en Suisse. L'impôt peut donc servir à créer des infrastructures en Suisse, mais en France voisine, c'est plus dur.

C'est un peu comme Paris et la province : toute la nation paie pour la RATP parce que les plus grosses entreprises françaises ont leur siège social à Paris.

La vérité est que pour empêcher la pollution, il faudrait simplement taxer les salaires des frontaliers. Si les patrons installés à Genève ont besoin des frontaliers, ils pourront augmenter leurs salaires, afin que l'impôt prélevé sur les salaires des frontaliers et reversé à la France soit davantage à la mesure de la plus-value réalisée par les entreprises. Le tramway ne sera dès lors plus un problème. Mais stigmatiser les élus locaux, est-ce la solution ? On pourrait aussi, depuis la France, faire remarquer que l'essentiel de la plus-value réalisée par les entreprises suisses reste en Suisse, et que les élus genevois n'en sont pas mécontents, puisque cela ne leur coûte quasiment rien, même pas en problèmes : en tout cas, ils n'en ont pas avec les agriculteurs, puisqu'ils ne déclassent pas leurs terrains pour accueillir davantage de salariés à proximité des entreprises.

Écrit par : R.M. | lundi, avril 14, 2008

Monsieur Mabut, pourquoi prétendre que le doublement du CEVA par le tram serait un problème ? Ne savez-vous donc pas que ces deux modes de transports sont différents (l'un local, l'autre régional) ? Heureusement les voyageurs sont plus malins que vous ne le laissez prétendre et ils sauront très bien lequel des deux prendre en fonction de leurs besoins.

Écrit par : David | lundi, avril 14, 2008

C'est vrai, il faut vraiment comprendre la complémentarité que représentent le RER et le tram, même s'ils ne sont pas loin, n'importe quel ingénieur en transports ou simple connaisseur de la mobilité urbaine vous le confirmera.
Entre Annemasse et Eaux-Vives par exemple, le tram ferait au minimum 15 arrêts alors que le RER n'en fera que deux (Ambilly et Chêne-Bourg). La confusion des rôles du tram et du RER est exactement l'erreur des anti-Ceva du Plâteau de Châmpel et de leurs acolytes; un tram ne permet pas de relier une région, de Nyon à Annecy, d'Evian à l'Aéroport, ni même d'Annemasse à Versoix ou Genthod. Il peut par contre assurer un desserte de proximité et relier la périphérie au(x) centre(s) et le centre aux périphéries. Comme le dit 'David', l'utilisateur choisira selon ses besoins, exactement comme maintenant du côté de la gare: vous ne prennez pas le train entre Sécheron et Cornavin, le tram le fait plus fréquemment, par contre le train entre Versoix et Pont-Rouge!
Il ne faut pas induire les gens en erreur avec une méconnaissance du terrain, le RER représente les liaisons "express" d'une région de 800'000 âmes, et le tram connecte des quartiers, des urbanisations successives au centre (comme un gros bus pour simplifier).
Il est même vital que les transports publics "assistent" le RER en desservant ses gares. Le Ceva connectera la région franco-valdo-genevoise, et les gares fonctionneront comme de petits pôles d'échange où l'usager pourra, grâce au tram et au bus, prendre ses correspondances.

Écrit par : pro-agglo | lundi, avril 14, 2008

Je sais parfaitement que les gares du CEVA comme toutes les gares d'ailleurs doivent être un carrefour de lignes de transports publics. Je constate simplement que le tram 12 Eaux-Vives Annemasse est parallèle au tracé du CEVA et qu'en tant que tel il ne rabat que peu d'usagers sur ces gares. Je suggère donc de dérouter le 12 dans la région du centre commercial d'Etrembière.
Ou, nouvelle proposition, de relier ce centre commercial à la gare d'Annemasse, J'avoue que le tram est peut-être superflu dans ce cas, car le train Annemasse La Roche passe à 150 mètres au sud du centre commercial de la Migros. Peut-être la Migros y sponsorisera-t-elle un jour une gare Nouvel?
Je doute que des habitants, disons de Moillesullaz, prendront le tram pour remonter à la gare d'Annemasse et redescendre avec le CEVA en direction de Cornavin, de la zone des OI, de la Zimeysa ou même du Pont-Rouge ou de l'Hôpital.
Ce serait intéressant qu'on nous donne des temps de parcours pour toutes ces relations. Mais on cherchera en vain sur le site du CEVA (http://www.ceva.ch) ce genre de renseignements. Comme d'ailleurs tout renseignement sur la fréquentation attendue et le coût/kilomètre/passager de ce RER.

Au reste, ma réflexion portait essentiellement sur le transfert modal voiture - transports publics qui est essentiel en France voisine ou sur la Côte, où l'habitat est beaucoup plus dispersé qu'à Genève. Or, sur ce point des parkings d'échange, les commentaires ci-dessus sont muets.
Bien à vous JFM

Écrit par : JF Mabut | mardi, avril 15, 2008

Mais pourquoi ne pas mettre les parkings d'échange dans le canton de Genève ? Qui a envie de faire un parking énorme ? S'il existe un train local avec beaucoup d'arrêts, il est simplement plus facile de créer une multitude de petits parkings. Sans parler de ceux qui peuvent se rendre à la gare à pied ou en vélo. Quant à l'habitat dispersé, j'ai vécu aux Rousses, comme je l'ai dit : le train avec de petits arrêts de Nyon à La Cure, cela ne pose pas de problème au gouvernement, alors que l'habitat y est encore plus dispersé que dans le Pays de Gex. Ce n'est pas rentable ? Mais les recettes existent. Il y a les salaires. Moi, je crois que la plus-value réalisée par les entreprises dont les salariés emprunteraient un tel moyen de transport, c'est bien ce qui doit servir à le payer. Il faut voir où elle est, la prendre, et puis c'est réglé.

En tout cas, M. Mabut, entre Saint-Julien et Genève-ville, ce n'est pas la place qui manque, pour un parking. Malheureusement, si on cherche à faire financer et assumer un parking par ceux qui ne reçoivent pas l'essentiel de la plus-value des entreprises, c'est la quadrature du cercle. Il est clair qu'en tant que fonctionnaire en zone frontalière, je ne peux pas désirer que l'Etat français paie.

Écrit par : R.M. | mardi, avril 15, 2008

Questions pour eviter que le "CEVA" ne devienne le plus gros éléphant blanc de Genève:
1) Existent-ils des outils statistiques, enquêtes, études, quant à situation en 2008 (pas en 1998...) donc APRES ouverture des frontières en raison des accords bilatéraux avec l'Union Européenne, quant aux nombres de véhicules entrant sur Genève, leur provenance, leur destination?

2) Ces enquêtes ont-ils élaboré des statistiques de ce que feront les frontaliers concernés? Quel transport public offert sera vraiment incitatif pour delaisser la voiture? (Personnellement, je ne crois pas qu'un résidant d'un village dans la région d'Annecy optera pour une marche à pied pour prendre le train français vers Annemasse pour prendre le CEVA en direction de Genève. Si ce trajet dépasse 30 minutes, ce pendulaire utilisera l'option autoroute.

3) Habitant à Vessy, nous vivons ce flot des milliers de nouveaux pendulaires frontaliers venant des frontières maintenant ouvertes au passage libre à Veyrier, Croix-de-Rozon, Troinex, Bardonnex. Nos rues et ruelles subissent cet assaut chaque matin, chaque soir.

4) Ces pendulaires sont pour une majorité récemment installés dans la multitude de nouveaux villages-dortoirs dispersés autour de Genève en France voisine ou tiennent leur emploi à Genève d'après les bilatérales. Quelle étude confirme que ces pendulaires accepteront le grand détour par Annemasse (bravant le traffic local d'Annemasse pour... prendre le CEVA en lieu et place de leur voiture?

5) La vérité n'est-elle pas à trouver dans une réflection correspondant à la réalité actuelle et non aux souhaits des CFF ayant acquis des terrains et dessiné un tracé en 1911?

6) Le regard porté sur Genève depuis le haut du Salève est le regard de la vérité: la géographie des lieux est claire. Toute solution doit avoir la forme d'un EVENTAIL OUVERT, avec au centre de la pointe - Genève. Les BRANCHES de l'éventail ouvert sont les tracés sur lesquels il est impératif d'offrir une alternative aux milliers de voitures. Le 3/4 DU CERCLE de l'extérieur de l'éventail ouvert constituerait le tracé de deux grands cercles de contournement - par autoroute, par RER; avec parkings P&R aux postes frontières. Points d'échange permettant aux pendulaires venus en voiture de changer rapidement sur le moyen de transport public offert lelong de la BRANCHE direction centre.

7) Ce regard de vérité tourné maintenant vers la France voisine: L'habitat en France voisine est vraiment trop dispersé pour s'attendre à l'abandon de la voiture jusqu'aux postes de frontière. Situation similaire au Valais: les habitants des villages de montagne descendent en voiture au travail dans les vallées. C'est logique dans un habitat dispersé. Ils utiliseront le Parking pour rejoindre un train interville - mais pas pour rejoindre le village de l'habitation.

7)L'alternative au chaos actuel sur les routes dans tout le Canton de Genève doit donc être pensée selon les mouvements de populations actuelles, 2008 à 2020 - et NON basée sur des intérêts et plans conçus dès 1911.

8)Les autorités politiques doivent avoir le courage de dire cette vérité: oui, le CEVA est utile pour Evian, Thonon, Annemasse. Oui, même les habitants de Chêne Bourg ou de Champel qui souhaitent se rendre à la gare Cornavin en profiteront. Mais - c'est TOUT! Ce n'est QU'UNE SEULE BRANCHE de l'éventail ouvert - vers le centre.

9) Etant UNE SEULE BRANCHE, il est erroné de nous présenter le CEVA comme COLONNE VERTEBRALE, d'un futur réseau RER. C'est cette erreur qui constituera l'éléphant blanc - s'il se construit cette seule branche, sans solutions concrètes pour le 3/4 du Canton qui ne se verra pas touché par l'effet CEVA.

9) Le CEVA ne résoud, en effet, en rien le traffic frontalier des 3/4 restants des points d'entrée sur Genève. Il est illusoire de croire que ces 3/4 restants - accepteront un grand détour par Annemasse pour délaisser la voiture en faveur du CEVA. L'exemple donné par les autorités: Le train d'Annecy de 06.05H entre en gare d'Annemasse vers 7H, suivi du CEVA vers Cornavin - 2O minutes - suivi du bus vers le lieu de travail .... le feriez-vous? Un trajet de 1 1/2 heures? Je ne le ferai pas.

10) Il est impératif de VOIR LES YEUX OUVERTS qu'il y a plusieures branches de l'éventail à pourvoir simultanément d'une solution. L'alternative peut différer selon la branche de l'éventail concernée. Propositions:

(1)CEVA RER d'Evian - Thonon d'Annemasse (ou - si voté trop onéreux en cas de refus en votation CEVA: RER en surface de la "Micheline" actuelle avec prolongation jusqu'aux quais, possibilité de monter sur bus 2 arrêts vers Cornavin - en site propre sur Pont du Mont Blanc.

(2)RER existant vers Bellegarde, utilisé conjointement avec Autoroute de Contournement efficace pour frontaliers motorisés à 6H du matin et hors heures de pointe.

(3) Nouvelle ligne RER GENEVA GREEN ULTRA LIGHT entre Collonges-sous-Salève/Croix de Rozon (parking de collecte des habitations dispersés du sud et du Salève) passant par zone agricole (qui restera zone agricole peu affectée par cette servitude de passage) vers Bachet-de-Pesay (connections trams / bus) et vers Pont de Sierne (connections bus 8 vers Centre-Ville et Rive droite).

(4)Nouvelle ligne RER GENEVA GREEN ULTRA LIGHT entre Gland et Aéroport / CERN - ne passant pas par Centre Ville. Reliant les Communes dortoires orphelines de tout transport public, (Les Chavannes-des-Bogis et autres) situées plus près du Jura entre elles avec les lieux de travail Rive Droite. Avec possibilité de rejoindre le centre par CFF existant Aéroport-Cornavin. Plusieurs milliers de personnes utilisant cette voie déchargeront le CFF surchargé Nyon-Cornavin, ainsi que les routes de campagne - ils accèdent actuellement aux gares existantes par leur propre trajet en voiture en venant des communes dortoires non reliées aux services!

(5) Nouvelle 3e voie CFF entre Lausanne et Genève, dédiée au RER GENEVA GREEN ULTRA LIGHT, avec trains aux ARRETS DECALES: (idée copiée du Valais: 2 Cars Postaux, le matin, effectuant trajet à 20 arrêts se suivent. Ils ne désservent que chaque arrêt alternatif vers la ville en vallée pour réduire à 10 arrêts au total le trajet le plus long! Donc trajet total en temps des deux: réduit de moitié!

(6) Taxe de circulation journalière de CHF 10- par jour pour tout véhicule circulant dans un périmètre fixé du centre ville, disons - le cercle ONU - Servette - Champel - Malagnou - Eaux-Vives. Copier le système le plus fiable d'une grande ville ayant introduit cette taxe. Le produit de cette taxe servant à augmenter l'offre des transports publics. (Proxibus, Taxis collectifs...)

Conclusion:
Le CEVA, réalisé seul - risque de devenir le plus grand éléphant blanc de Genève. Avec le risque que les caisses publiques seront vides pour endiguer les flots de pendulaires pour une génération entière.

Le but de ma contribution au débat est de mettre ces questions sur la table. Il faut cesser de TRAITER DE NOMS PEU FLATTEURS ces citoyens, qui ont le courage d'exiger des réponses aux questions posées. Il s'agit de notre argent, de notre futur bien-être, de notre souhait de trouver un équilibre mobilité / transports publics qui offre une solution qui sera réellement préférée aux voitures privées.

Je ne serais étonnée que la solution à long terme ne sera ni le CEVA (trop lourd, onéreux, géographiquement limité), ni les trams en rase campagne... (trop lents) - mais une nouvelle série de trains-banlieue ultra-légers "GENEVA GREEN ULTRA-LIGHT", en grande partie en site propre dans la zone agricole AVEC ECHANGES VERS LES BUS / TRAMS AU CENTRE.

Je ne serais étonnée qu'une telle solution réaliste: conduira le pendulaire de sa maison dans un village éloigné en voiture à son Park+Ride à la frontière en 5-10 minutes. Il monte dans le GENEVA ULTRA-LIGHT pour un trajet de 3-4 arrêts maximum et en 10 minutes. Il arrive jusqu'aux abords du tram / bus existant dans le perimètre du Centre. Ces trams / bus tous en voie réservée... rapides: pour un trajet total de 30-45 minutes, à réaliser depuis tout point éloigné de 25 - 60 km de Genève.

C'est la solution de la Campagne Zurichoise. C'est la solution du Valais. Genève doit cesser de croire qu'elle n'est qu'une "ville", elle est une "ville-centre", entourée d'une grande banlieue, de bourgs et de villages dispersés en campagne genevoise, en France voisine et au Canton de Vaud...à géographie vallonnée et reculeé... Cherchons les solutions dans les régions géographiques peuplées de façon similaire.

Qui peut contribuer des faits quant aux études de pendulaires récentes?

Écrit par : Tina G. | mercredi, avril 16, 2008

En réponse à JFM:

Temps de parcours entre les gares du CEVA, sous "Quels avantages en tirerons-nous?": http://www.ceva.ch/menu/FAQ

Ensuite, concernant les habitants de Moillesullaz, ils ne remonteront pas à Annemasse pour prendre le CEVA mais descendront à la gare de Chêne-Bourg (tram), ou d'Ambilly, pour se connecter au réseau RER. Des solutions simples existent.

En réponse à Tina G:

Le CEVA ne représente pas la solution miracle aux problèmes de mobilité régionale, il est simplement le projet le plus abouti, financé, approuvé politiquement, et qui a la possibilité d'être opérationnel en 2012. Il débloque la situation vers Evian, Thonon, St-Gervais, Chamonix, La Roche, et tout de même vers Annecy (avec les améliorations sur les lignes françaises, on peut espérer un gain de temps sur Annemasse-Annecy -aujourd'hui 50min au minimum- donc Annecy-Cornavin en 1h environ, je doute qu'en voiture on fasse moins, aux heures de pointe, en parquant sa bagnole, et avec une augmentation de déplacements de 40% en 2020... même avec l'autoroute).
Le CEVA permet une "mise en réseau" avec les lignes existantes (exemple: La Roche-Sécheron, Evian-Pont-Rouge, ou Satigny-Annemasse. Il ne se contente pas d'amener les voyageurs vers le centre, mais de traverser aussi l'agglomération (La Roche-Nyon).
Enfin je driais que le CEVA n'est pas spécifiquement un mode de transport qui ne concerne que les frontaliers, il fait office de lien entre le réseau suisse et le réseau haut-savoyard. Il permet des grandes lignes (Lausanne-Annecy), des lignes de proximité (Versoix-Eaux-Vives) mais ne peut effectivement pas à lui seul (il a été pensé dans un développement global de l'offre TP -train, bus, tram, P+R)) résoudre les flux frontaliers. Toutefois avec un bon interface bus/train et parking/train(bus, tram) on peut éviter que la situation ne devienne vraiment catastrophique.

Écrit par : pro-agglo | mercredi, avril 16, 2008

Oui, mais il faut trouver l'argent et le gouvernement qui veut bien exproprier des agriculteurs pour transformer leurs terrains en parkings. Or, en ces matières, celui qui veut d'un parking doit s'adresser à son propre gouvernement, avant de penser que ce sont les autres qui doivent le faire.

Ensuite, les lignes françaises ne s'améliorent pas du tout, et même, entre Annecy et La Roche, cela a empiré l'année dernière : la SNCF a pris une décision en ce sens. Le réseau régional est en situation de calamité : un rapport de la Cour des Comptes l'a écrit ; la presse en a parlé hier.

La France n'est pas un pays prospère, en ce moment. Seuls ses réseaux internationaux continuent à bien fonctionner. C'est peut-être ce qui entretient l'illusion, à l'étranger. Sur le plan local, et régional, cela se dégrade : on cherche d'abord à faire des économies.

Il est donc un peu vain d'attendre de la France en général et de la Région Rhône-Alpes et de la Haute-Savoie en particulier ceci ou cela. Si l'on veut une amélioration de la situation, il est clair qu'il faut puiser dans la plus-value des entreprises qui emploient les frontaliers. C'est ce qui est juste. A cet égard, on peut créer une taxe de franchissement de la frontière des salaires des frontaliers, du côté français. Mais qu'est-ce que cela représente ? Le plus net est que cela mettrait fin au travail des frontaliers. La solution ne peut donc venir que de l'Etat de Genève : les entreprises sont dirigées depuis son territoire.

Écrit par : R.M. | jeudi, avril 17, 2008

Bonjour pro-agglo, Merci de me donner le lien vers les avantages officiels du CEVA. Je le connaissais et dénonce le mépris dans lequel le Conseil d'Etat tient les habitants de la région à ce propos. Nul part l'on ne trouve (sauf erreur) un rapport circonstancié des temps comparés de transports non pas de gare à gare, mais de quartiers d'habitations à lieux de travail ou de loisirs.
Vous nous dites que les habitants de Moillesullaz prendront le train à Chêne-Bourg. A ma connaissance il n'est pas prévu que le 12 ou le 13 passent par cette gare. Ces usagers devront donc marcher trois cents mètres, soit 5 à 6 minutes pour passer du tram au train (en espérant ne pas rater la correspondance, sinon ils attendront un quart d'heure au moins, mais tous les trains s'arrêteront-ils pas à Chêne-Bourg?).
Merci de poursuivre vos recherches et d'informer la population de manière crédible.
Prochain défi: quel sera le meilleur moyens de transports pour les habitants du quartier du Perrier à Annemasse ou pour les habitants de Lucinge de se rendre au centre-ville ou à L'Arena?

Bien à vous JFM

Écrit par : JF Mabut | vendredi, avril 18, 2008

Ah ça non, ça risque pas que le 13 passe par Chêne-Bourg. A moins que, d'ici la mise en service du CEVA, on change le numéro de nos trams.

Sinon, pour les habitants de Moillesulaz, il y aura plusieurs possibilités pour prendre le RER. Possibilités qui ne passeront pas forcément par le tram (et oui), mais par exemple par le bus, le vélo (il y aura des parcs vélos près des gares) et/ou la marche : et oui, il faut arrêter de faire croire que marcher quelques centaines de mètres à pied relève de l'impossible.

Ensuite, j'avoue être surpris de votre remarque concernant les temps de parcours venant de quelqu'un animant un blog touchant à la mobilité. Vous ne devriez pourtant pas être sans savoir que le réseau TPG va être profondément revu dans les années à venir et que le trafic automobile privé va continuer d'augmenter. Cela fait que si on donnait des chiffres aujourd'hui, ils ne correspondraient peut-être plus à rien demain. Parce que la durée pour un même trajet de A à B risque bien de ne plus être la même demain (parce que le bus fait un autre parcours, avantageux pour les uns, désavantageux pour les autres, parce que les bouchons augmentent sur une route, etc...). Et puis qui sait si d'ici la mise en service du CEVA, Genève n'aura pas un péage routier ou un système de vignettes (voitures les plus polluantes interdites au centre-ville), qui aura bien évidemment un impact sur la durée des déplacements. Par contre, la seule constante sera bien la durée du trajet de gare à gare avec le RER.

Quant à votre défi, que cherchez-vous à démontrer au juste ? Parce que le problème est le même que celui exposé ci-dessus. Donner des réponses serait extrapoler vis-à-vis de la situation actuelle. Or rien ne nous dit que d'ici à la mise en service du CEVA ça aura encore du sens. Par exemple, aujourd'hui la réalisation du tram dans Annemasse parait bien partie, mais qu'est-ce qui me prouve que ça va vraiment voir le jour et si celui-ci desservira bien la gare d'Annemasse ? Et si oui, en combien de temps (nombre d'arrêt, site propre, feux préférentiels...) ? Même chose pour la desserte au-delà d'Annemasse en RER, le réseau étant en cours de planification.

Écrit par : David | mercredi, avril 23, 2008

Pour moins polluer, il faudrait acheter aussi moins de grosses voitures : il faut rouler en C1 ! Beaucoup de Genevois ont trop d'argent, peut-être.

Écrit par : R.M. | mercredi, avril 23, 2008

cela fait 15 ans que je suis dans la région et cela fait 15 ans que j'entends parler d'un tram prolongé jusqu'à annemasse. cela fait 15 ans que j'entends parler de contournement autoroutier d'annemasse....
dès 1975, des ingénieurs transports et urbanisme du ministere de l'équipement de l'époque ont prévenu les élus annemassiens, dont une partie est toujours en poste, que la circulation automobile serait ingérable dès l'an 2000 si rien n'était fait. et résultat?
je suis donc convaincu qu'il n'y a rien à attendre des décideurs politiques côté français de l'agglomération en matière d'organisation des transports. depuis combien de temps le plan de déplacement urbain est-il en cours d'étude?
on ne laisse pas ce genre de dossier à des non spécialistes.
c'est finalement plus l'augmentation des prix des carburants qui amènera la population à changer son rapport à la voiture.

Écrit par : jim toulteilh | jeudi, mai 01, 2008

Je pense que les élus français locaux temporisent aussi parce qu'ils estiment n'avoir pas les moyens de résoudre le problème.

Écrit par : R.M. | vendredi, mai 02, 2008

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