mardi, mars 25, 2008

Le Monopoly du PAV

Le pactole que représente le périmètre du futur quartier La Praille-Acacias-Vernets (PAV pour les intimes) fait scintiller les yeux des financiers. Qui va en profiter? L'Etat propriétaire ou les entreprises privés au bénéfice de droit de superficie?

 

L'article publié par la Tribune mardi dernier 18 mars est riche d'enseignements. Nul doute qu'il suscitera le débat et des questions intéressantes. On le consultera ici etPAV18mars08.jpg  [cliquez sur les mots pour ouvrir les documents]. (JFM)


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vendredi, mars 21, 2008

La plus grande arche du monde

 

Nouveau record en vue pour Dubai, annonce l'hebdomadaire Le Point cette semaine. Détenteur pour quelque temps encore de la plus haute tour du monde, il ambitionne de jeter au-dessus des flots la plus longue arche de pont. 667 mètres de béton et d'acier pour suspendre douze voies pour les voitures et une ligne de métro. Excusez du peu. A Genève on se contenterait de quatre voies autoroutières et d'un train Paris-Cointrin-Mont-Blanc- Aoste.

 

Le Pont ajoute que ce méga pont assurera le passage de 20'000 voitures et de 23'000 voyageurs par heure. Inauguration 2012. Trois ans avant le 1er juin 1815 date du 200e anniversaire de l'entrée de Genève dans la Confédération, date choisie par Philippe Joye pour inaugurer son pont des nations.

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jeudi, mars 13, 2008

La frontière Saint-Ju-Perly

 

J'ai reçu cette photo ce matin. Qui en dit long sur l'aménagement de l'agglomération.

 

Question: qu'y a-t-il entre le champ de blé et la muraille des immeubles?

 

Réponse: la frontière franco-genevoise.

 

Dans son courriel, Catherine Girod-Gaughran m'écrit: "Ce matin j'ai pris ces photos depuis Perly, qui illustrent bien le propos d'urbanisation débridée de nos communes frontalières.
Au 1er plan la zone verte et vierge suisse, un chemin qui mène vers un mur de batiments, vers un no man's land bizarre.

 

Ce mur marque la frontière où nous sommes acculé, tant les terrains nous manquent. A gauche, on voit le parking d'échange près de la douane. Les frontaliers doivent traverser Saint-Julien pour s'y rendre.

 

Catherine Girod-Gaughran est architecte. Elle est candidate à Saint-Julien sur la liste d'Antoine Vieillard.



Elle ajoute ce post-scriptum: Ce constat de zone verte a été repris par un géographe de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich, M. Christian Schmidt qui a analysé et comparé les développements urbains de Bâle, Zurich et Genève.

vendredi, mars 07, 2008

Zurich Genève: plus de points en commun?

Image projetée à Uni Bastions par le maire de Zurich. Le seul objet où Genève dépasse encore Zurich?

[Lire aussi A Zurich le patron est socialiste , Zurich, les clés du succès ]

 

 

"Genève et Zurich ont plus de points en commun que de différences". Vérité ou politesse que cette déclaration liminaire à la conférence que le maire de la capitale économique du pays a donné hier soir à Uni Bastions, devant une petite assemblée de 80 personnes réunies sous les auspices de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève?

 

Politesse évidemment, car, comme en football, Zurich et Genève ne jouent pas dans la même ligue. Ce qui ne veut pas dire que Genève ne peut pas remonter en super league... Inventaire des différences, dans le désordre et de manière non exhaustive (à vos lecteurs de le compléter ou de le discuter en cliquant ci-dessous sur le mot commentaire).

 

Genève et Zurich sont deux villes suisses baignées par des lacs glaciaire et par la Réfome. Déjà deux différences: les lacs n'ont pas le même charme et la Réfome zwinglienne n'est pas celle de Calvin.

 

La commune de Zurich est presque sept fois plus grande que celle de Genève. Elle s'étend sur 92 km2, dont seul 20% sont construits, tandis que Genève est coincée dans 15 petits km2.

 

Au plan démographique, Zurich héberge deux fois plus d'habitants que Genève: 380'000 dont 31% d'étrangers contre 185'000. Seule la ville des bords du Zurisee est perçue comme une métropole européenne, une capitale.

 

Les deux villes sont des communes, sauf que le budget municipal de Zurich est sept fois supérieur au budget genevois, simple conséquence d'une erreur historique, celle ne pas avoir fondu la Ville de Genève seule entité existante jusqu'à Napoléon, et le canton au moment de son entrée dans la Confédération. Une erreur que la nouvelle constitution devra bien aborder. La commune de Zurich détient elle des pouvoirs dans l'aménagement du territoire, la police des constructions (rebaptisé par Lederberger Office des autorisations de construire, histoire de souligner que les administrés ne sont pas des assujettis mais des clients). Zurich a 24'000 fonctionnaires, dont 6000 dans la santé et 2000 dans la police.

Chacune a une université, mais Zurich héberge aussi le prestigieux EPFZ. Un étudiant sur trois en Suisse étudie à Zurich. Un opéra aussi mais celui de Zurich joue beaucoup plus souvent. Zurich a deux stades de football quand Genève n'en a plus (La Praille est sur Lancy et la ville n'a pas investi un franc dans cette infrasctrurue).

 

Les deux villes ont un aéroport, mais Unique, malgré les déboires de Swissair, reste une vraie plate-forme intercontinentale. Ne parlons pas de la gare de Zurich qu'il faut désormais mettre au pluriel, puisque de gigantesques travaux sont en cours pour supprimer lle cul de sac de la Hauptbahnhof (voir ici) tandis que l'hypothétique CEVA va déplacer le cul de sac de Cornavin de 15 kilomètres à Annemasse...

 

Genève et sa région n'ont jamais aimé les transports publics ferroviaires, sauf au début du siècle dernier, à l'époque où l'on a imaginé le CEVA. Zurich est depuis plus d'un siècle le coeur d'un réseau RER impressionnant et pas seulement financé par les CFF n'en déplaise aux mauvaises langues de ce côté-ci de la Sarine. Résultat 33% des déplacements se font en transports public, 35% à pied et seulement 33% en voitures. A noter aussi que le conseil d'administration de neuf membre de l'Agence intercommunale des transports publics n'offre qu'un siège à Zurich même si 65% du trafic a lieu sur son territoire.

 

Les deux villes sont des capitales financières. Mais Zurich reste, bien plus que Genève, une ville industrielle. Sa région surtout, entre Bâles et Saint-Gall, entre Schaffhouse et Lucerne, héberge des milliers de PME anciennes ou récentes alors que l'Hinterland genevois est un désert industriel, à l'exception de la vallée de l'Arve.

 

Mais c'est peut-être au plan politique que les différences sont les plus grandes. Le maire de Genève est un roi sans pouvoir. Il change chaque année et ne détient un peu de pouvoir que dans trois domaines: la culture, les parcs et jardins et le sport (et dans ce dernier cas, la ville a démissionné de sa responsabilité en laissant à d'autres le soin de construire un grand stade). Tout le reste, police, urbanisme, police des construction, voirie, déchet, santé, social, transports publics et services industriels, dépend du canton ou d'agences spécialisées cantonales.

 

J.-F. Mabut

 

 

 


 

Ce billet comme les deux qui précèdent est le résumé commenté d'une conférence donnée le 6 mars à l'aula d'Uni Bastions par Elmar Ledergerber, maire de Zurich, à l'invitation de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève.

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Lire aussi A Zurich le patron est socialiste , Zurich, les clés du succès

09:59 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8)

Zurich: les clés du succès

 

La méthode Elmar pour sortir Zurich du marasme des années 90? Il faut une équipe politique soudée, un projet, une culture de l'optimisme, une vision pour l'avenir et le courage de réaliser. Et il faut parler un langage simple, clair et direct. Pas de bonimenteur au pouvoir.

 

L'équipe, c'est lui Elmar Ledegerber, président durable de la municipalité, sans pouvoir supplémentaire sinon celui du verbe, de la foi et de l'amour de sa ville. Le tournant est intervenu en 1998 quand trois socialistes et un vert ont pris le pouvoir avec trouvant les modalités d'une coalition loyale avec les trois radicaux. Résultat le règlement de l'urbanisme et de la police des construction, qui était resté sans effet durant 20 ans car voté du bout des lèvres par les Zurichois, a trouvé des majorités confortables et a pu être appliqué sans référendum, étape par étape, en partant d'un moins conflictuel (la construction et la rénovation des logements) au plus complexes, la décision de construire des gratte-ciel et la réhabilitation des vieux quartiers industriels coincés entre les rails de chemins de fer et la Limmat.

 

Le projet, ce fut la construction de logements. En dix ans, dix mille grands logements. Tel était le slogan. Une politique pour les familles qui avaient désertés la commune. Nous avons réalisé ce programme en neuf ans, dit Elmar Ledergerber déclenchant une rumeur désolée dans l'aula principale d'UNI Bastions. La ville a fourni le terrain aux coopératives de logement, très actives à Zurich. Le projet ce fut aussi 800 millions investis dans la rénovation des logements, la construction de deux stades, le doublement du musée Rietberg. Le doublement des dépenses pour les écoles, la création des jobs à mille francs (la promotion du travail contre l'assistanat). "A Zurich, nous n'avons pas de mendiants, pas de gens qui logent sous les ponts", ajoute sans rire le magistrat socialiste.

 

La culture, c'est la Street parade "qui traduit symboliquement la transformation d'une ville post-zwinglienne". Le changement de la législation cantonale en matière de patente a eu pour effet la multiplication des cafés dans les quartiers. Zurich est une ville jeunes vertes où il fait bon vivre. La culture, c'est aussi un budget municipal de 350 millions de francs par année.

 

La vision pour l'avenir, c'est celle d'une métropole européenne, d'une Science City. et même si le maire promet de supprimer cette appellation dédaigneuse pour les autres, la vision pour l'avenir c'est bien Zurich, centre-ville de la Suisse.

 

Et le grand Zurich, quelles sont vos relations avec le canton et la région demande l'ancien conseiller national Gilbert Coutau?

 

Ma vision ne correspond pas forcément avec ce qu'il est possible de faire" répond diplomatiquement Elmar Ledergerber qui ne cache pas son énervement quand des fonctionnaires du canton font mine de considérer la ville comme l'une des 173 communes du canton. Mais nous entretenons de bonnes relations avec le Conseil d'Etat, ajoute le magistrat.

 

Au plan régional, pas facile non plus de coordonner une agglomération grosse de sept cantons et de la Forêt noire. Trois conférences métropolitaines ont déjà eu lieu. Une quatrième va voir le jour. J'espère qu'il en sortira une extension à la région de notre document stratégique 2025 et que dans dix ans les communes et les cantons auront transféré quelques compétences à ce nouvel échelon de la gestion publique du grand Zurich.

 

Le maire remarque au passage que les dix plus grandes villes de Suisse ont plus d'habitants que les 14 petits cantons qui eux ont la majorité à la Chambre des cantons à Berne. Il a bien l'intention de dynamiser prochainement l'Union des villes suisses et d'être le leader des dix plus grandes villes suisses.

 

Jean-François Mabut

 

Ce billet comme celui qui le précède est le résumé d'une conférence donnée le 6 mars à l'aula d'Uni Bastions par Elmar Ledergerber, maire de Zurich, à l'invitation de la Nouvelle société helvétique et de la Fondation pour Genève.

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Lire aussi A Zurich le patron est socialiste , Zurich Genève, plus de points en commun?

 

09:01 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

A Zurich, le patron est socialiste

 

Une image projetée hier soir à Uni Bastions: quelles sont les images qui illustrent Genève?

 

Zurich est-elle aussi séduisante que son maire le bel Elmar? Sans doute. C'est en tout cas un tableau magnifique, sans taches ni zones d'ombre, qu'a brossé hier soir son magistrat le socialiste (très rose pale) de la métropole nationale - Zurich aime à se définir comme le centre ville (down town) de la Suisse.

 

A Uni Bastions, Elmar Ledergerber a littéralement bluffé les quelque 80 personnes (une maigre chambrée) réunies à l'initiative de la Nouvelle société helvétique et la Fondation pour Genève. Et où les élus de la Ville et du canton brillaient par leur absence. Peur de se confronter à un magistrat fier de sa ville et de son bilan, qui affiche ses succès comme un manager et révèle que 85% des Zurichois sont contents de leur sort et que 75% ont confiance dans leur gouvernement?

 

Le tristement célébre Letten et sa scène de la drogue, (lire ici) la crise des années 90 et la perte de 40'000 emplois, une dette de 1,5 milliard de francs ont fait place à une ville transformée de 380'000 habitants et 350'000 emplois (deux fois la ville de Genève), un budget municipal de 7,6 milliards de francs (sept fois celui de la Ville de Genève) et une fortune dans la caisse municipale "qui nous permet de faire face à trois ans de crise".

 

Mais cela ne suffit pas à l'ambitieux maire, qui parle de sa ville comme un patron parle de son entreprise, le regard pointé sur 2025 et sur les indicateurs de performance et un discours où l'initiative privée est porté au crédit de la ville au même titre et même plus que l'action publique.

 

Dans un récent document stratégique, la majorité de gauche qui gouverne la ville depuis 10 ans a défini les quatre piliers de son développement:

  1. la consolidation de la place financière qui fournit un emploi sur quatre et le développement de l'économie créative design, marché de l'art, cinéma, Google etc. A propos des banques pas un mot critique dans la bouche du socialiste sur le scandale fiscal qui secoue l'Allemagne, tout juste une remarque sur la crise des crédits hypothécaires qui montre que le secteur financier n'est pas intouchable.
  2. La promotion de la formation et de la recherche. En Suisse, un étudiant sur trois étudie à Zurich, sans compter le maillage (network) serré des HES et des instituts privés. Des atouts qui ont séduit Google et Microsoft et ce n'est qu'un début.
  3. Le développment du tourisme. Zurich est la première destination suisse avec 2,5 millions de nuitées. le centre de congrès en construction devrait en attirer un demi-million supplémentaire d'ici peu.
  4. La santé et les sciences de la vie. Les hôpitaux de la ville sont au top. Ils ont introduit des méthode de management moderne, supprimer le statut du fonctionnaire et sont complétés là aussi par un autre maillage de cliniques qui fait fortune avec le tourisme médical. (Ledergerger n'a pas parlé de Dignitas...)

 

Mais cela ne suffit pas encore au maire de Down Town Switzerland (une expression qu'il n'aime pas et souhaite faire disparaître au besoin en coupant les vivres à l'Office du tourisme).

 

Zurich vient d'adhérer aux clubs des little big towns européennes Eurocities. Elle entretient des liens particuliers avec Los Angleles, Kumin en Chine et quelques autres métropoles. 80 projets de collaboration sont en cours au plan universitaire et privé.

 

Enfin Zurich a convaincu Bâle et Genève de faire acte de candidature au pavillon des grandes villes de l’exposition universelle de Shanghai 2010. Pour le reste, Zurich n'entend pas jouer dans la même ligue que ses deux rivales helvétique. Ses concurrentes sont Stuttgart, Lyon, Turin.

 

Lire aussi

Zurich: les clés du succès

Zurich Genève: plus de points en commun?

 

 

 

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jeudi, mars 06, 2008

Lézarde dans le CEVA

 

 

Le front des pro-CEVA s'est singulièrement lézardé cette semaine. Demi-surprise, la faille vient des libéraux qui se souvenant que leur électorat loge davantage à Champel qu'aux Pâquis ont franchi le Rubicon en décidant d'accorder leur feu vert à l'initiative anti-CEVA. Certes les libéraux ne disent pas encore que le tracé de la liaison Cornavin Eaux-Vives Annemasse de 1912 n'est pas le meilleur. Olivier Jornot, auteur en verve du rapport de minorité de la commission législative du Grand Conseil (lire ici), se réfugie derrière des arguties juridiques pour expliquer qu'il n'est pas acceptable de déclarer nulle l'initiative des anti-CEVA.

 

Le 9 janvier dernier, Michel Barde, l'ancien patron des patrons genevois, avait déjà brisé, dans la Tribune de Genève, l'étrange alliance qui avait vu, le 26 juin 2002, en pleine canicule, les socialistes, les Verts et les milieux de la construction voter à la va-vite comme un seul homme le crédit de 400,8 millions de francs (la part genevoise pour relier la Praille aux Eaux-Vives et à la frontière française par une double voie ferroviaire). Voilà ce qu'écrivait le libéral de Genthod (texte complet ici):

"S’agissant du CEVA, le problème est assez analogue. Nul ne conteste l’utilité d’un transfert modal attractif sur le rail. Mais la réalité des chiffres montre que c’est vers Bardonnex (avec la future connexion de l’A41 en provenance d’Annecy) que la plus forte progression est à attendre, et non pas vers Annemasse, où il suffirait de prolonger l’actuelle ligne du tram 12. "

 

 

Ce qui est sûr aussi c'est que les partenaires français de la région n'ont toujours pas digéré, le vote surprise de 2002. Ils ont dû changer leur fusil d'épaule, expliquer à Paris, à Lyon et à Réseau ferré de France que Genève avait soudain abandonné l'option légère d'un tram pour la version lourde d'un train. D'autant plus incompréhensible aux yeux des stratèges ferroviaires de l'Hexagone qu'ils ne sont pas prêts à investir des millions pour réhabiliter les lignes régionales et construire des parkings d'échange, sans lesquels le CEVA n'aura guère d'attractivité. Six ans après le vote du Grand Conseil, le crédit de 90 millions d'euros n'est d'ailleurs toujours pas bouclé.

 

Le CEVA revient d'ailleurs régulièrement au devant de la scène politique de l'autre côté de la frontière, soit dans les colonnes du Messager, soit dans les discours des hommes politiques. On lira avec curiosité cette déclaration du future maire d'Annemasse qui lui, en fidèle allié de Robert Borrel, soutient le CEVA.

 

La lézarde libérale suffira-t-elle à précipiter l'effondrement du mammouth inutile? Elle vient tard, à une semaine seulement du débat du Grand Conseil du 13 mars. Le front des bétonneurs, des syndicats de la construction et des Verts devraient tenir le choc. Et le CEVA attendra encore quelques longs mois que le Tribunal fédéral statue pour savoir si oui ou non les Genevois voteront sur leur chantier du siècle. Un désaveu juridique de la Haute Cour serait une honte pour notre Parlement et notre canton.

 

On notera à ce propos que Genève est un des rares cantons à ne pas connaître de référendum financier obligatoire. Dans la plupart des autres cantons suisses, le peuple est appelé à se prononcer dès qu'un crédit de construction dépasse un certain nombre de millions. De quoi donner un os à ronger à la future Constituante. 450 millions, ça vaut bien un scrutin!

 

J.-F. M

 

14:52 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6)