jeudi, février 21, 2008

Cointrin Annecy, Lyon et Swissmetro

"L'aéroport de Genève condamné à ne pas grandir!" Est-ce grave? Evidemment!

 

Penser que l'aéroport accueillera son quinze milionnième visiteur en 2015 déjà et que sa capacité maximale ne peut guère dépasser 20 à 25 millions de passagers (sauf à ouvrir le site 24 heures sur 24, ce qui est évidemment impensable) doit interpeler les Genevois et autour deux les deux millions d'habitants qui profitent de cet équipement vital pour le développement de la région (imagine-t-on Genève sans aéroport? Déjà qu'elle est un quasi cul de sac au niveau ferroviaire)

 

Manque-t-on d'un Conseil d'Etat visionnaire comme l'affirme Jean-Claude Cailliez aujourd'hui dans la Tribune? Louis Casaï (qui est le dernier conseiller d'Etat à avoir donné son nom à un boulevard) avait négocié dans les années 50 un échange de terrain avec la France.

 

La deuxième piste de Cointrin ne peut évidemment plus être construite dans le bassin genevois. Elle ne peut donc se situer que dans un périmètre plus éloigné et être relié avec un transport rapide offrant un temps de transfert inférieur à la demi-heure. Quels seraient les aéroports candidats? Payerne, Annecy, Sion, Chambéry, Lyon?

 

Et si on lançait sans tarder des études pour relier la capitale des Gaules et la cité du Léman avec un swissmetro via Annecy et Chambéry ou un trajet Cointrin Payerne Kloten? Dire que le CEVA ne sera même pas capable de relier Cointrin à l'aéroport d'Annemasse. On est peut-être bien obligé de donner raison à M. Cailliez.

 

J.-F. Mabut

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lundi, février 18, 2008

Zurich construit la plus haute tour du pays

Genève ambitionne de construire la plus haute tour de Suisse à la Praille. Enfin ou hélas? Les Genevois qui adorent brûler ce que d'autres adorent ne manqueront pas d'en débattre. 1)

 

Pourtant les tours restent, n'en déplaise aux ronchons, la meilleure manière de préserver l'espace naturel autour d'une ville. C'est aussi, lorsqu'il s'agit de tour d'habitations, la meilleure manière de conserver la mixité sociale en ville et d'éviter la prolifération de banlieues sans âme, qui imposent notamment à leurs habitants une double dépense, celle d'un abonnement aux transports publics et celle d'une et souvent deux voitures.

 

Longtemps la Suisse s'est contentée de ses montagnes pour voir haut. Il est vrai que l'érection catastrophique de quelques immeubles élevés, à Fribourg ou à Montreux, a tué l'imaginaire des tours dans l'inconscient collectif. Désormais Bâle et Zurich sont en compétition pour héberger la plus haute tour de Suisse.

 

C'est Bâle qui détient le record actuel avec la tour de la Foire (Messeturm) qui avec ses 105 mètres, dépasse de 5 mètres la flèche de la cathédrale de Berne. Mais Zurich donne aujourd'hui le premier coup de pioche pour construire son petit gratte-ciel, la Prime Tower de 126 mètres (36 étages) dans l'équivalent de la zone de la Praille de la capitale économique du pays, un chantier initié par Swiss Prime site, le premier investisseur immobilier du pays.

 

126 mètres reste encore bien en dessous du seuil de 150 mètres au-delà duquel, un immeuble "gratte le ciel"... (A ce sujet, lire cet article de Swissinfo et la liste des gratte-ciel d'Europe)

 

Mais Bâle tient à garder la main. Le groupe pharmaceutique Hofmann-La Roche a confirmé le regroupement de son siège à Bâle. Il devrait lancer en 2009 la construction de la plus haute tour du pays (154 mètres) pour un investissement total de quelque 800 millions de francs. Le gratte-ciel (un vrai cette fois) ainsi qu'un nouveau centre de recherche seront conçus par le cabinet d'architectes Herzog & de Meuron.

 

1) Selon le Courrier du 15 février, "Le projet phare du gouvernement pour le quartier Praille-Acacias-Vernets n'est qu'un «leurre» selon une partie de la gauche. (...) Le Courrier a appris qu'un projet de loi de déclassement des terrains circulait déjà auprès des acteurs concernés. Le volontarisme du Conseil d'Etat vient ainsi buter contre un front de refus qui semble se renforcer de jour en jour. Dans les milieux proches des locataires, on évoque déjà le lancement d'un référendum au cas où la majorité de droite du Grand Conseil votait le projet de déclassement. Partenaire d'un jour du fameux «accord sur le logement», le Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL1) se profile aujourd'hui comme un redoutable adversaire du masterplan Praille-Acacias-Vernets (PAV). A trop se focaliser sur le masterplan, le duo Muller–Cramer est accusé de perdre de vue les possibilités de bâtir en zone agricole. Et ce en dépit des engagements qui auraient été pris lors de la signature du protocole d'accord sur le logement (devenu loi en mai 2007). Avec une telle vision urbanistique, l'objectif des 50 000 logements à créer sur le territoire cantonal d'ici à 2030 ne pourra pas être atteint, prédit le RPSL."

 

JF Mabut (jf.mabut@edipresse.ch)

 

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mercredi, février 13, 2008

Genève: la fin de l'explosion démographique?

La population du canton n'a augmenté l'an dernier que de 2278 habitants contre plus de 5800 pour chacune des années 1999 à 2003. Un renversement de tendance durable? Le graphique et le communiqué publiés par l'Office cantonal de la statistique en janvier mérite une analyse.

 

 

 

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vendredi, février 08, 2008

La métropole genevoise n'existe pas

Foi de statisticien cartographe, la métropole franco-valco-genevoise ne semble exister que dans la tête des politiques.



A peine plus grosse que Grenoble qui annonce un demi-million d'habitants, la région franco-valdo-genevoise reste avec ses 690'000 habitants une métropole croupionne par rapport à ses plus proches "rivales".

Comme toujours et encore plus en cette année chinoise, une image vaut mille mots (cliquez pour agrandir la carte).

 

On observera donc ci-dessus que la densité de la région genevoise est faible, dès que l'on quitte le coeur de la cité, et que l'arc lémanique n'est qu'un fil ténu sur la rive nord du Léman. Zurich (un million d'habitants) étend ses bras tentaculaires le long des deux rives de son lac, le long de l'Aar jusqu'à Olten et, à l'est, jusqu'à Winterthur.

 

Bâle (733'000 âmes) qui compte donc à peine plus d'habitants que Genève apparaît visuellement plus étendue. Et l'on ne parle pas de Lyon (1,5 million), Turin (1,6 million) ou Milan qui avec ses 3,5 millions d'habitants est la véritable capitale des Alpes. Genève est ainsi la ville la plus densément peuplée des métropoles étudiées par l'Office cantonal de la statistique et l'Insee Rhône Alpes.

 

De cette géographie humaine que l'Observatoire statistique transfrontalier de l'espace granco-valdo-genevois vient de mettre en carte, on peut tirer quelques enseignements. A discuter évidemment (cliquez sur le mot commentaire ci-dessous. Soyez concis, pertinent et signez votre message).

  1. Il faut construire le long des rives du Léman. Ce sont les lieux les plus agréables pour habiter et y adapter en conséquence le réseau routier (sutrout au sud du Léman).
  2. Il faut construire le long des axes de transports existant. (Ce qui implique de renoncer à construire les communaux d'Ambilly ou le plateau de Pinchat tant qu'on n'a pas trouver de solution pour canaliser le trafic automobile de ces nouveaux quartiers.).

 

Reste

  • à raccorder la voie rapide du Pays de Gex au réseau autoroutier suisse et français,
  • à réhabiliter le chemin de fer du Pays de Gex et à le raccorder au réseu suisse
  • à prévoir une bretelle du RER sur Douvaine et hermance
  • à désenclaver la rive gauche du lac en créant une autoroute sous-terraine du carrefour d'Etrembieres à la gare d'Annemasse (en attendant la traversée de la rade)
  • à terminer la ligne du Tonkin vers le Valais
  • etc.

 

A noter encore cette réfexion conclusive des auteurs de l'étude publiée hier: "L'espace métopolitain franco-valdo-genevois ne se définit - ni en France et encore moins en Suisse - comme alpin ou jurassien. Pourtant, il borde ces massifs. dans d'autres pays européens, une telle proximité des régions de montagne serait mise en avant comme un atout majeur." Un soutien qui ne dit pas son nom aux Jeux olympiques d'hiver Genève 2018...?

JFM
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