lundi, février 18, 2008

Zurich construit la plus haute tour du pays

Genève ambitionne de construire la plus haute tour de Suisse à la Praille. Enfin ou hélas? Les Genevois qui adorent brûler ce que d'autres adorent ne manqueront pas d'en débattre. 1)

 

Pourtant les tours restent, n'en déplaise aux ronchons, la meilleure manière de préserver l'espace naturel autour d'une ville. C'est aussi, lorsqu'il s'agit de tour d'habitations, la meilleure manière de conserver la mixité sociale en ville et d'éviter la prolifération de banlieues sans âme, qui imposent notamment à leurs habitants une double dépense, celle d'un abonnement aux transports publics et celle d'une et souvent deux voitures.

 

Longtemps la Suisse s'est contentée de ses montagnes pour voir haut. Il est vrai que l'érection catastrophique de quelques immeubles élevés, à Fribourg ou à Montreux, a tué l'imaginaire des tours dans l'inconscient collectif. Désormais Bâle et Zurich sont en compétition pour héberger la plus haute tour de Suisse.

 

C'est Bâle qui détient le record actuel avec la tour de la Foire (Messeturm) qui avec ses 105 mètres, dépasse de 5 mètres la flèche de la cathédrale de Berne. Mais Zurich donne aujourd'hui le premier coup de pioche pour construire son petit gratte-ciel, la Prime Tower de 126 mètres (36 étages) dans l'équivalent de la zone de la Praille de la capitale économique du pays, un chantier initié par Swiss Prime site, le premier investisseur immobilier du pays.

 

126 mètres reste encore bien en dessous du seuil de 150 mètres au-delà duquel, un immeuble "gratte le ciel"... (A ce sujet, lire cet article de Swissinfo et la liste des gratte-ciel d'Europe)

 

Mais Bâle tient à garder la main. Le groupe pharmaceutique Hofmann-La Roche a confirmé le regroupement de son siège à Bâle. Il devrait lancer en 2009 la construction de la plus haute tour du pays (154 mètres) pour un investissement total de quelque 800 millions de francs. Le gratte-ciel (un vrai cette fois) ainsi qu'un nouveau centre de recherche seront conçus par le cabinet d'architectes Herzog & de Meuron.

 

1) Selon le Courrier du 15 février, "Le projet phare du gouvernement pour le quartier Praille-Acacias-Vernets n'est qu'un «leurre» selon une partie de la gauche. (...) Le Courrier a appris qu'un projet de loi de déclassement des terrains circulait déjà auprès des acteurs concernés. Le volontarisme du Conseil d'Etat vient ainsi buter contre un front de refus qui semble se renforcer de jour en jour. Dans les milieux proches des locataires, on évoque déjà le lancement d'un référendum au cas où la majorité de droite du Grand Conseil votait le projet de déclassement. Partenaire d'un jour du fameux «accord sur le logement», le Rassemblement pour une politique sociale du logement (RPSL1) se profile aujourd'hui comme un redoutable adversaire du masterplan Praille-Acacias-Vernets (PAV). A trop se focaliser sur le masterplan, le duo Muller–Cramer est accusé de perdre de vue les possibilités de bâtir en zone agricole. Et ce en dépit des engagements qui auraient été pris lors de la signature du protocole d'accord sur le logement (devenu loi en mai 2007). Avec une telle vision urbanistique, l'objectif des 50 000 logements à créer sur le territoire cantonal d'ici à 2030 ne pourra pas être atteint, prédit le RPSL."

 

JF Mabut (jf.mabut@edipresse.ch)

 

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12:06 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Il faut bien que l'extrême gauche réagisse à toute ambition qui donnera à Genève une véritable perspective pour l'avenir, dans les domaines démographique, urbanistique et économique ! Cette propension à vouloir démolir tout projet avant même qu'il soit formalisé démontre bien le conservatisme le plus crasse dans lequel elle se complait confortablement...

Écrit par : Jean-Bernard Busset | lundi, février 18, 2008

étant plutôt de gauche, c'est vrai que je commence à plus rien y comprendre. D'abord on veut pas toucher à la zone agricole, après on propose des alternatives (tours) et on monte au créneau. Ca ne changera jamais mon orientation politique mais je trouve quand même cela épuisant et décourageant. C'est un fait, Genève grandit comme toute ville de son importance, alors essayons de trouver des compromis.
Trop de démocratie tue la la démocratie. C'est plutôt l'immobilisme vers lequel nous tendons.
Cependant, il faudra également baisser les loyers si nous voulons que la classe moyenne ne franchisse pas les frontières pour aller se loger là où cela est abordable.

Écrit par : rob | lundi, février 18, 2008

Moi, je trouve que les gratte ciel ne manque pas à la VILLE de Genève. Il faut mettre des gratte ciel la ou ils doivent être et laisser la campagne comme elle est. Ou allons-nous habiter? Genève est une ville INTERNATIONALE alors, pourquoi n'avons nous pas de gratte-ciel? Nous sommes ridicule!! UNE VILLE C'EST UNE VILLE!! Si nous ne construisons pas en hauteur, nous serons obligé de construire dans la campagne genevoise. C'est pour cela qu'il FAUT construire en hauteur.
LES GRATTE-CIEL PRÉSERVENT CETTE RICHESSE QUI EST LA NATURE!!!

Écrit par : Stephane | jeudi, mars 06, 2008

J'espère qu'il vont construire les gratte-ciel à la Praille. Je trouve que c'est un bon projet écologique. Vive les gratte-ciel!!

Écrit par : Nicolas | vendredi, mars 07, 2008

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