samedi, novembre 24, 2007

L'emploi diminue dans le Genevois français

Nous souhaitons un prompt rétablissement à Pierre Milleret qui reste, malgré la disparition de l'Association franco-valdo-genevoise pour le développement des relations interrégionales qu'il présida longtemps, un observateur attentif et pertinent de la politique régionale, comme on peut le lire dans le billet précédent.

 

Plus de logements à Genève et plus d'emplois en France voisine. Cette équation en effet fondamentale n'a été qu'évoquée brièvement par deux intervenants français mercredi soir. Bernard Gaud, encore lui, a souligné combien le trafic pendulaire transfrontalier provenait notamment du manque de logements à Genève. Et Roland Pascal.

 

Le directeur des Services du Département de la Haute-Savoie qui faisait partie d'un panel d'invités installés au premier rang a clairement manifesté la nécessité d'un rééquilibrage des logements et des emplois de part et d'autre de la frontière. Personne cependant n'a répondu lorsqu'il a indiqué que l'emploi avait reculé de 1,3% dans le Genevois français. Un signe inquiétant au moment où la hausse de l'euro frappe de plein fouet les commerces de la couronne frontalière habitués à accueillir une grosse clientèle suisse.

 

Le comblement de ce déficit d'emplois du côté français, chacun le sait bien, n'est guère dans le pouvoir des autorités politiques régionales. Ce sont les divergences de politiques nationales qui sont en cause:

  • la politique fiscale (y compris le secret bancaire) et
  • la politique du marché du travail.


Peut-être faudrait-il faire œuvre d'ingénierie politique dans ce domaine. Mais on ne voit pas comment la France pourrait accepter sur son territoire des zones d'activités soumis au droit suisse! Encore que!

 

N'est-il pas temps de ressusciter les zones franches douanières, non plus comme autrefois au profit de la ville puis du canton de Genève, coincée dans ses remparts puis dans sa frontière, mais au profit de toute la région franco-valdo-genevoise. La carte ci-dessus illustre la dernière situation des zones franches avant que les Traités avec l'Europe ne les renvoient aux livres d'histoire. En matière économique la France connaît le régime de zones franches urbaines. Pourquoi ne pas en inventer une version qui donne à la métropole Genève sa future dimension européenne?

J.-F. Mabut jf.mabut@edipresse.ch

 

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08:31 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci pour ce billet qui résume très bien la donne régionale, celle de cette mértopole qu'est Genève.

Comme toute métropole elle a des effets qui irradient bien au-delà de son bassin de proximité immédiate.

L'impact de Genève se ressent à quelques 100kms autour d'elle.

soit en important des emplois et des activités générés indirectement, soit par des exportations d'emplois et d'activités générés par sa propre dynamique.

Les effets de cette activité métropolistique sont encore emplifiés à Genève en raison de sa situation dans la géograhie politique.

Avec 125 kms de pourtour situés à l'étranger et un cordon de 4 km avec son territoire national, Genève forme un formidable entonnoir.

Pour résoudre les questions que posent ces différents impacts, il faut donc donner à Genève l'arrière pays qui lui fait défaut dans son territoire national.

Ce territoire s'appelle la zone franche.

Comme le relève Jean-Françis Mabut, c'est vers cette direction, pré-existante, que les acteurs politiques régionaux mais aussi nationaux et européens doivent se diriger.

Personnellement j'ai proposé cette solution dès 1987 dans un ouvrage provocateur, "La Charte d'indépendance de Genève" rédigé avec mon excellent ami Fred Oberson.

A l'époque nous nous sommes faits joyeusement brocarder par des adversaires qui n'ont, tout simplement, pas compris que nous avions 20 ans d'avance..

Peter Tschopp et le regretté Michel Baettig avaient soit vu soit anticipé cette solution transnationale.

Beattig avait même été tout aussi provocateur que nous en posant la question "Genève doit-elle rester suisse".

Certes l'indépendance pour l'indépendance n'a que peu d'intérêt, si ce n'est celui de faire croître le PIB genevois bien au-delà de ce que nous vivons.

En revanche, ce projet mettait en avant la réactualisation des zones franches, qui cituent à la fois un poumon pour Genève et le générateur de ces emplois en perte de vitesse dont le "Genevois français" a besoin pour maintenir ses quilibres socio-économiques.

A l'époque, nous avions même proposé de faire de Genève le "district of Columbia" de l'Europe.

Autrement dit un territoire bénéficiant d'un statut spécial ni purement suisse ni purement français, tout en conservant ses atouts actuels.

Genève n'est-elle pasidéalement placée pour être cette capitale diplomatique du monde de demain?

Genève, par son système bancaire performant n'est-elle pas l'espace de compensation dont le monde, comme tout espace économique, ont un besoin vital?

La réponse est manifestement OUI, n'en déplaise aux alter-mondialistes.

Merci à Monsieur Mabut d'être evenu sur cet aspect de la vaste et complexe problématique genevoise.

Si Genève veut s'épanouir et permettre à tous ceux qui vivent d'elle ou grâce à elle, nous devons tous réfléchir à un modèle nouveau, trans frontalier, grâce auquel on jouit de ce cadre exceptionnel.

La politique actuelle, de part et d'autre, est la pire qui soit.

D'une part on ne construit pas les logements dont Genève a un besoin vital qui dépasse largement les combats retardateurs que mènent des milieux bien peu soucieux du beson collectif et protègent jalousement leurs acquis.

D'autre part Genève ne peut pas être un prédateur pour ses voisins, ce qui est le cas en aspirant une main d'oeuvre qui, à son tour, paupérise l'espace urbain en terme environnemental.

La modernisation des zones franches c'est l'outils le plus simple à notre disposition pour répondre à ces questions sur le flan français.

Pour ce qui est Pays de Vaud, c'est Madame Clamy-Rey qui avait raison. Malheureusement ceux qui lui succèdent ne voient pas qu'un match ne se perd pas à la première mi-temps.

Seule pa persévérance deans l'effort permettra^d'établir un dialogue constructif avec ce voisin, confédéré de surcroît.

Genève ne doit avoir peur de se lancer, quitte seule, à l'assaut diplomatique de son voisin.

Si Paris vaut bien une messe, Genève n'est-elle pas un objet de culte?

Cordialement à tous,
Patrick Dimier
Ph.D. Sc. Po.

Écrit par : Patrick Dimier | samedi, novembre 24, 2007

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