jeudi, novembre 22, 2007

Covoiturage ou bouchonnage, il faut choisir

Qu'ont donc appris les quelque 400 personnes réunies à l'invitation de la Tribune de Genève mercredi soir à Uni Dufour?

  • Que les bouchons ne sont pas prêts de disparaître. La situation va au contraire empirer. Même si les TPG doublent leur offre de transport d'ici 2020, ce qui est dans leur mandat, le trafic automobile augmentera de 25%.
  • Que les parkings privés (et les parkings tout court, sauf ceux de courte durée) sont une plaie pour les villes, car ils y attirent les pendulaires.
  • Que la grande traversée du lac, du Vengeron à Vésenaz, n'est plus combattue par l'ATE. L'Association transport et environnement veut bien en débattre pour autant que le projet s'inscrive dans un vaste plan de développement de la rive gauche et que des mesures de compensations soient au programme.

 

Pour le reste, le public a eu droit à une litanie de bonnes intentions en faveur des trams et des transports publics, aux lamentations rituelles des représentants de l'économie et de la voiture qui réclament la mise en œuvre de la liberté de choix du mode de transport inscrit dans la Constitution genevoise, à quelques demi-vérités ou demi-mensonges impossibles à vérifier sur place, sauf une: Cramer dénonce la pollution par les oxydes d'azote dont seraient responsables les seuls automobilistes. Ce que corrige le président du TCS Genève qui chiffres officiels en mains précisent que la voiture compte pour 39% des émissions de NOx, mais que le chauffage y participe pour 33%.

 

Des nouvelles idées? Quelques-unes.

Le covoiturage défendu par la vice-présidente de l'ATE, mais aussi par le TCS.

La construction de tunnels et de toboggans à certains carrefours évoquée dans le public. Ce sera bientôt le cas à Meyrin et à Vésenaz, mais personne ne l'envisage aux carrefours des 22 et 23 cantons.

Le péage urbain? Cramer l'a qualifié d'anti-social. Les Genevois sont contre à 59%.

Et Balestra déclenche une salve d'applaudissements et autant de huées quand il déclare que la meilleure manière de réduire la pollution est d'augmenter la vitesse moyenne et de rétablir les ondes vertes.

 

 

 

11:58 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

J'ai assisté à ce débat qui m'a séduit par la pertinence de certains propos et m'a choqué par l'immobilisme de certains autres!

J'ai bien aimé tout l'exposé par nos amis français, quelle que soit la casquette (c'est important dans l'hexagone) qui nous ont dit très simplement et très franchement que soit on réalisait le CEVA soit il n'y aurait rien du tout.

Dur mais honnête, précis et direct.

De quoi renvoyer tous les rêveurs et autres démocrates-apprentis sorciers à leur études, notamment en ce qui concerne la réalisation d'un contournement Sud de Genève.

Ce n'est pas que leur idée est idiotte, elle est tardive.

Comme l'a fort bien expliqué le représentant de l'OfRou, soit on commence en 2008 soit les 600 millions partiront vers des projets que les citoyens et les autorités veulent réaliser.

Dieu sait si je suis un défenseur acharné de la volonté du Souverain. Mais il est des moments où je me demande s'il n'est pas son propre otage!

Le rejet de l'initiative serait une grossière erreur politique car les élus ne peuvent ni ne doivent renvoyer le Souverain dans les cordes.

Contrairement aux politiques, le Souverain est sage lorsqu'il est mis devant des choix importants, vitaux.

Je suis pour une mise au vote dès janvier 2008 de cette initiative et je suis certain que le Peuple de Genève dira NON car il a compris que, même si le CEVA n'est pas la formule optimale, c'est la moins mauvaise et surtout la plus à même de résoudr les problèmes auxquels la métropole genevoise est confrontée.

Sur ce point Robert CRAMER n'a pas eu besoin de forcer son talent tant l'évidence s'ompose à tous ceux qui réfléchissent un tant soit peu.

Ce qui m'a beaucoup déçu c'est la rigidité de réflexion des ultra-verts, représentés par Madame Chatelain, à propos du contournement Est de Genève.
Si on est désormais tous d'accord que la petite traversée est inutile, mauvais voire dangereuse (apport de CO2 en milieu urbain saturé), si on admet que la traversée moyenne est devenu utopique depuis que les Verts et quelques uluberlus ont totalement saccagé l'Avenue de France, on ne peut pas comprendre ce qui les conduit à rejeter la grande traversée qui relierait à terme deux réseaux autoroutiers!

Du moins, à entendre Mme Chatelain, les préalables sont tels qu'ils veulent dire non.

Si on réfléchi en terme de Région, qui était le point positif de ce débat, alors on doit admettre que le meilleur moyen décarter les voitures de la ville, c'est de leur offrir un système routier qui le permette!!!

Il m’a semblé que dans l’ensemble, et majoritairement, l’assistance voulait que des solutions simples rapides et efficaces soient mises en place et que les Genevoise cessent, pour une fois, la pratique de leur jeu favori le NI-NI !

En conclusion :
OUI il faut un contournement ferroviaire et le CEVA est le plus approprié en l’état
OUI il faut un contournement routier à l’Est de Genève
OUI il doit être au-delà de la ville et le meilleur axe est Vengeron /Vésenaz (proposition que j’ai faite en 1993 publiée sous le titre « En bas de Vésenaz, première à droite)
OUI il faut réduire le trafic dans l’hyper-centre ville à condition de réaliser des parkings dans sa proximité immédiate (Pré-l’Evêque par ex.)
OUI Il faut respecter la volonté des Genevois sur la liberté de choix du moyen de transport et pour cela il ne faut pas dévaster la voirie mais l’aménager de manière un peu plus intelligente qu’à la rue de Lausanne ou aux Acacias ou on a pris un malin plaisir de détruire la mobilité.
OUI à une politique d’allègement fiscaux pour ceux qui prennent un abonnement Uniréso avec P+R sans restriction de distance entre le domicile et le parking, oui également à une gratuité totale à l’achat d’un véhicule non polluant qu’il soit à 2 ou à 4 roues
OUI il faut d’urgence rétablir des ondes vertes sur les quatre pénétrantes principales
OUI il faut construire, sur le territoire français, des parkings d’échange avec des lignes qui ont une cadence de 10 min. et péage pour les véhicules pendulaires qui entrent au centre ville.
NON il ne faut pas étouffer Genève par des mesures qui bloquent le trafic individuel de façon volontaire comme c’est le cas actuellement !
NON à une augmentation artificielle de la pollution parle verrouillage du trafic individuel.
NON à une politique de la terre brûlée contre les automobilistes qui ne fera qu’augmenter les ressentiments de part et d’autre. Les privilégiés qui vivent en ville doivent eux aussi comprendre que bien de leurs concitoyens sont contraints de s‘expatrier pour pouvoir se loger correctement à cause, bien souvent, de la politique menée par les partis politiques auxquels ils adhèrent pour défendre le pré carré de leur confort.
NON à un politique qui ne tienne pas compte de ce qu’une économie durable doit se préoccuper de la qualité de vie de ceux qui y participent.

Merci à la Tribune et aux intervenants d’avoir exposé avec clarté et simplicité des sujets complexes par leur inter dépendance.

Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | jeudi, novembre 22, 2007

M. DImier,

Une chose que je ne comprends pas. J'étais moi-même présent lors de ce débat où plusieurs personnes, ont parlé, comme vous, du raccordement autouroutier par la Grande Traversée. Mais ce raccordement existe déjà.
L'autoroute de contournement était en partie prévue pour cela avant d'être encombrée par le trafic pendulaire.

De plus, il est assez piquant de relever l'énergie que les défenseurs de la grande traversée mettent en oeuvre pour nous convaincre du bien fondé de ce merveilleux projet.
Ils agissent avec la même énergie employée pour promouvoir cette traversée de la Rade qu'ils appellaient de leurs voeux il y a encore quelques semaines et qu'ils s'accordent à trouver inutile aujourd'hui. Cela nous fait douter de leur talent de visionnaire.

Et s'il fallait retenir qu'un seul chiffre : 50% des déplacements se font pour moins de 5 km !
Réglons ce problème là et la grande traversée nous semblera tout de suite moins indispensable.

Cordialement

Nicolas Wyssmann

Écrit par : Scarpia | samedi, novembre 24, 2007

Les commentaires sont fermés.