lundi, septembre 17, 2007

Que devient le Rectangle d'Or ?

La vie de la problématique transfrontalière à Genève semble suivre son cours de manière cyclique depuis maintenant plus de 15 ans. Chaque cycle de 4 à 5 ans entraîne avec lui nombre d'énergies, de compétences, de planifications diverses, de coordinations interdisciplinaires, interinstitutionnelles, inter-de-toutes-sortes-de-choses pour aboutir soit sur un nouveau projet, soit vers une impasse qui, bien sûr, ne doit pas dire son nom !

 

En 1992, sous l'impulsion de Philippe Joye, le CRFG publia une Charte d'aménagement de l'agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise. Une dizaine de projets transfrontaliers, répartis sur cinq pôles de développement, devaient donner aux plans directeurs futurs une orientation concertée de part et d'autre de la frontière.

 

Dès la fin des années nonante, l'un des éléments de cette charte d'aménagement a connu un déploiement particulièrement prononcé, le Rectangle d'Or, appelé également "Pôle Genève-Gex". Il s'agissait alors de planifier le développement territorial, social, économique et démographique de la région transfrontalière de l'Aéroport International de Genève.

 

Or, depuis 2005, on ne parle plus du Rectangle d'Or, mais plutôt du Projet d'Agglomération Franco-Valdo-Genevois, dans lequel, cependant, ledit Rectangle d'Or devrait prendre sa place. Pourtant un énorme travail a été effectué, sous la direction du CRFG, par un responsable de projet engagé à plein temps de 2000 à 2005. Le projet entrait même dans une phase opérationnelle par la création d'un GLCT (Groupement Local de Coopération Transfrontalière) financé par les institutions cantonales (Genève et Vaud), départementales (Ain, Haute-Savoie), régionale, communales, éventuellement nationales et même européenne (fonds Interreg) pour la part publique, et par des banques et entreprises privées intéressées par l’investissement et/ou par une future implantation.

 

 

Las, au moment où chaque acteur a vraiment dû se découvrir et s’engager à participer financièrement à cette structure opérationnelle, la politique politicienne vint perturber cette réalisation. Des séances d’information au public se transformèrent en un affrontement entre les supporters et les adversaires au Projet, soutenus par des élus qui en firent leur cheval de bataille personnel…

 

Il est vrai qu’un projet d’aménagement du territoire est très difficile à communiquer au public, car parler de « zone d’activités transfrontalières et internationales », de « mise en place d’un réseau de transport transfrontalier », de « restructuration du secteur urbain de l’aéroport », etc. équivaut à éveiller la méfiance des habitants face aux spécialistes maniant de tels concepts. Alors, pour mieux se faire comprendre, des exemples ont été donnés. Et ces exemples ont été pris pour argent comptant, comme l’arrivée de DHL sur le côté « Jura » de l’aéroport (et lorsqu’on sait que DHL fait voler ses avions 24 h. sur 24…), comme la création de nouveaux quartiers d’habitations collectives (et donc sociales !) à proximité des lotissements pavillonnaires !

 

Fort de ces rumeurs savamment répandues, un maire a organisé un référendum dans sa commune « Pour ou contre le Rectangle d’Or », et comme il était lui-même opposé au projet, on devine bien quelle en fut l’issue ! Un autre maire a exigé que les instances décisionnaires du projet ne prennent leurs décisions que « selon la règle démocratique de l’unanimité », selon ses propres termes ! Alors que la collaboration transfrontalière est souvent citée comme exemplaire, on perçoit nettement les tentations de dénoncer « la part belle donnée à la partie suisse du projet », alors que, justement l’objectif est de rapprocher le côté français à un niveau plus comparable économiquement au côté suisse. On comprend dès lors que cet ambitieux projet devienne aujourd’hui « politiquement intouchable » ! On comprend cependant mal comment des Robert Cramer et des Etienne Blanc assistent sans réagir à cette situation…

 

 

C’est regrettable, car le développement de la région et de l’aéroport se fera de toute façon. Sans ce type de projet, il est à craindre que le déséquilibre actuel aille en s’aggravant et toutes les énergies humaines et financières dépensées l’aient été pour rien.

 

Les commentaires sont fermés.